De son piano, Tigran Hamasyan observe les rêves de l’histoire

JazzAlors que sort son nouvel album solo, «An Ancient Observer», le pianiste arménien jouait à Cully. Rencontre.

Après la cathédrale de Lausanne en 2015, Tigran Hamasyan
a visité Cully, lundi dernier, et présenté son nouvel album, le fascinant «An Ancient Observer».

Après la cathédrale de Lausanne en 2015, Tigran Hamasyan a visité Cully, lundi dernier, et présenté son nouvel album, le fascinant «An Ancient Observer».

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La jeunesse et le talent se permettent toutes les audaces. Il y a six ans, le prodige Tigran Hamasyan se distinguait avec l’album A Fable, exercice solo que les pianistes préfèrent souvent aborder à maturité. A 29 ans, l’Arménien récidive pourtant avec An Ancient Observer, nouvelle échappée en solitaire qu’il défendait lundi à Cully, au temple. «Il n’y a pas de prétention particulière dans le solo de ma part. Il m’est naturel, je compose depuis toujours des pièces pour piano seul», plaide le musicien quelques heures avant de monter sur scène.

Après avoir donné dans la musique sacrée avec le Chœur d’Erevan et un album Atmosphères ouvert à tous les effets avec Eivind Aarset et Jan Bang, le pianiste épice toujours ses lignes de clavier de voix et de bidouillages discrets mais insistants. «Je suis la scène musicale scandinave du jazz depuis très longtemps, je ne pensais même jamais jouer avec eux. J’ai bien regardé ce qu’ils faisaient et on peut dire qu’ils m’ont influencé. Mais pour ce qui est de la voix, je chante depuis tout petit, bien avant même de penser à jouer du piano.»

«Je suis quelqu’un de très visuel et je me base beaucoup sur l’observation ou des données concrètes, comme l’ont fait des artistes depuis des siècles»

Dans ses constructions sonores alternant escalades pianistiques entêtantes et moments d’un onirisme délicat, An Ancient Observer est traversé d’inspirations souterraines qui viennent expliquer son titre. «Je suis quelqu’un de très visuel et je me base beaucoup sur l’observation ou des données concrètes, comme l’ont fait des artistes depuis des siècles. Regarder des montagnes et prendre conscience qu’elles existent depuis des millions d’années est un exercice que l’on devrait faire plus souvent! Je ressens le même émerveillement devant des poteries fabriquées par la main de l’homme il y a 5000 ans… Chaque morceau de l’album est ainsi soutenu par des faits, qui vont de l’Egypte ancienne à l’écroulement du communisme.»

Cela ne s’entend pas forcément avec autant de clarté, mais cela explique peut-être ces impressions songeuses, traversées de péripéties, que l’on ressent à l’écoute de cet album accueillant le souffle de l’histoire. Et si An Ancient Observer semble a priori minutieusement construit, ce n’est pas non plus toujours le cas. «Il y a au moins deux morceaux où je suis parti en vrille improvisée de cinq minutes!»

Créé: 07.04.2017, 07h10

L'album et un concert

An Ancient Observer
Tigran Hamasyan
Nonesuch (distr. Warner)

Le pianiste joue avec la Camerata de Genève le jeudi 18 mai à Genève, Bâtiment des Forces Motrices

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