Un pingouin jazz dans l’espace électronique

Avant sa venue à Cully, le trio anglais GoGo Penguin sort «A Humdrum Star», album à l’esthétique synthétique

Programmé à Cully le même soir que le trompettiste Ambrose Akinmusire, le trio GoGo Penguin (Chris Illingworth à gauche) ouvre le jazz à de nouveaux publics, notamment celui de l'electro.

Programmé à Cully le même soir que le trompettiste Ambrose Akinmusire, le trio GoGo Penguin (Chris Illingworth à gauche) ouvre le jazz à de nouveaux publics, notamment celui de l'electro.

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Frank Zappa chantait Penguin in Bondage. Depuis, le pingouin s’est libéré de ses liens. GoGo Penguin, trio anglais on ne peut plus classique dans sa composition instrumentale – piano, basse, batterie – a fait exploser la tradition des standards avec sa musique plus proche des explorations électroniques interstellaires que des bars enfumés de Chicago. Cette façon de déployer l’acoustique sur des esthétiques synthétiques s’est déjà entendue. Plaistow ou Ephrem Lüchinger sont les meilleurs représentants de cette approche en Suisse.

Depuis 2012, GoGo Penguin prend de la vitesse et glisse sur cette banquise sonore insoupçonnée. La bande vient de sortir un 4e album, A Humdrum Star, avant sa venue au prochain Cully Jazz Festival. Redevable à des prédécesseurs comme le trio suédois E.S.T., le pianiste Chris Illingworth ne cherche pas à revendiquer une place particulière. «On peut penser à nous comme à un trio jazz, un groupe electro ou à des musiciens qui font sonner de l’acoustique comme de l’électronique. Personnellement, il y a 9 ans je me destinais encore à une carrière d’instrumentiste classique. L’envie d’expérimenter, d’explorer des idées jusqu’au bout, nous a guidés.»

La formation de Manchester, experte en spirales hypnotiques et minimales, doit son nom à une répétition où, juste avant son premier concert, il lui fallait encore se trouver un nom. «Dans la pièce, il y avait une peluche de pingouin. C’était tout trouvé. On a gardé le nom et je crois qu’il plaît. On aime aussi l’idée de ne pas se prendre trop au sérieux, que la musique soit drôle et fun.» Frank Zappa, encore lui, proférait volontiers: «Le jazz n’est pas mort, il sent juste bizarre (funny).»

Le titre de ce nouvel album qui lance de belles fusées dans la galaxie a toutefois de quoi interroger. En anglais, «humdrum» signifie banal. Une «étoile banale»? «L’astronome Carl Sagan a dit que nous vivions sur la planète insignifiante d’une étoile banale. On aime cette idée que nous ne sommes qu’une petite tache bleue dans l’univers et, pourtant, c’est la planète incroyable où nous vivons.» Ce pingouin qui patine ici très vite a décidément la tête dans les étoiles. (24 heures)

Créé: 09.02.2018, 14h02

Un album et un concert

A Humdrum Star
GoGo Penguin
Blue Note

En concert au Cully Jazz
Jeudi 19 avril (20 h)
www.cullyjazz.ch

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