La quête itinérante des chevaliers en goguette

OpéretteLa Route lyrique promène une farce médiévale et bavarde en Suisse romande. Critique.

La terrible Mélusine (Laurène Paternò) fait trembler son amant Roland (Hoèel Troadec) et tous les chevaliers de la Table ronde.

La terrible Mélusine (Laurène Paternò) fait trembler son amant Roland (Hoèel Troadec) et tous les chevaliers de la Table ronde. Image: Alan Humerose

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Noble mission que celle que l’Opéra de Lausanne se donne à prêcher la bonne parole lyrique loin à la ronde. Depuis 2010, il sillonne tous les deux ans les cités de Suisse romande avec un répertoire d’opéra-comique ou d’opérette. Cette année, avec «Les chevaliers de la table ronde», l’opération est ambitieuse: elle convoque une copieuse distribution avec treize chanteurs, fait voyager un orchestre d’une quinzaine de musiciens ainsi qu’un imposant décor. Il y a presque un étonnant contraste à voir mobiliser tant de moyens et de savoir-faire pour la reconstitution d’une opérette délaissée du XIXe siècle. Le jeu en vaut-il la chandelle?

«Les chevaliers de la table ronde» se moque allègrement de la mode des légendes arthuriennes, des travers conjugaux et des tics de l’opéra romantique. La farce médiévale d’Hervé ne survivrait sans doute pas par sa seule musique, très semblable à celle d’Offenbach; davantage par sa folie absurde. Dans ce décor en carton-pâte de luxe et ces costumes délirants, les voix ne sont pas en toc, en particulier le ténor héroïque et hilarant de Hoël Troadec en Roland, le tendre Jean Miannay en Médor ou l’hystérique Mélusine de Laurène Paternò. Jean-François Vinciguerra, qui joue Merlin II et met en scène le tout, cède cependant un peu vite aux gags faciles et au long bavardage.

Un soir de pluie à Vallorbe avec un Casino qui peinait à se remplir montre bien que la quête d’un public vaste et aussi jeune que la moyenne d’âge des interprètes reste encore un graal difficilement accessible pour ce type de spectacle. Il en sera peut-être autrement lors des représentations à l’Opéra de Lausanne ce week-end ou à Savigny le 7 juillet, dans le cadre de la fête de la Fédération vaudoise des Jeunesses campagnardes. La réussite d’une escale dans un lieu excentré en début de semaine n’est certes pas chose aisée. L’implication des acteurs locaux est ici tout aussi importante que celle de l’Opéra. L’accueil très chaleureux des spectateurs à Vallorbe mardi reste cependant la meilleure preuve du joyeux plaisir procuré par le spectacle. Qui gagnera à se roder, notamment sur la diction, sans perdre pour autant de sa vocalité extravagante.

Créé: 12.06.2019, 16h58

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