«Le reggae n’est pas si facile à capter, l’herbe peut aider»

InterviewFigure du reggae en Angleterre et érudit de la musique jamaïcaine, Earl Gateshead passe ses plaques samedi au Bourg à Lausanne.

Earl Gateshead, vétéran du sound system londonien, passe ce samedi au Bourg de Lausanne.

Earl Gateshead, vétéran du sound system londonien, passe ce samedi au Bourg de Lausanne. Image: DR

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Une session torride est prévue au Bourg ce samedi. Pour fêter son anniversaire, le Bruk Boogie Kru a invité une figure du reggae londonien, Earl Gateshead, DJ spécialisé dans la musique jamaïcaine qui, à ce titre, préfère celui de «selector». L’érudit de 63 ans, longtemps représentant du label Trojan à la tête de son sound system, propage la bonne parole depuis près de quarante ans et promet de naviguer dans l’histoire chaloupée du genre, depuis le ska jusqu’aux productions les plus con­temporaines.

Vous souvenez-vous de votre découverte du reggae?
Absolument. Avant cela, je connaissais déjà le ska, une musique plus proche du R&B, plus «poppy» pour boire et danser. Avec le reggae, quelque chose de plus profond faisait son apparition, et je pense avoir été frappé pour la première fois par le War ina Babylon de Max Romeo, en 1976. Un peu plus tard, j’ai découvert mon premier sound system jamaïcain et j’ai tout de suite monté le mien pour m’installer à Soho, dans le Dive Bar.

Vous avez fait partie de la vague des skinheads fans de reggae?
Je l’ai été, mais pas très longtemps, j’étais plutôt mod. Les skinheads copiaient d’ail­leurs le look des rude boys jamaïcains, mais c’étaient les gars les plus cool du monde, pas comme les têtes de lard racistes qui leur ont succédé, même si le racisme des skinheads a souvent été exagéré par la presse. L’étiquette est un peu paresseuse.

Au fond, vous avez vécu en direct le Guns of Brixton de The Clash?
Oui, même si Brixton est aujourd’hui moins chaud qu’il ne l’était. Il est devenu à moitié bourgeois, à moitié jamaïcain.

Etait-il facile d’évoluer dans le reggae à la fin des années 1970?
Dans les années 1980 et 1990, cette musique avait plutôt tendance à effrayer les gens. Il n’y avait aucune couverture de nos soirées dans la presse, nous étions des outsiders parfaitement ignorés. Autour de 2000, il y a eu un changement, plus de respect et il devenait plus facile de trouver les albums grâce à des rééditions.

Pourtant, il y avait eu le succès de Bob Marley, non?
Surtout après sa mort (ndlr: en 1981). Il n’a pas vraiment eu de titre No 1 de son vivant et était surtout populaire pour ses prestations en concert.

Et aujourd’hui qu’en est-il de ce style musical?
En ce moment, beaucoup de choses se passent en Europe, avec des groupes français, italiens – vous voyez: ça se passe près de chez vous! – ou anglais. En Jamaïque, c’est assez pauvre, mais cela va revenir.

Le reggae est souvent associé à la fumette: ce n’est pas nécessaire mais ça aide?
Je ne vais pas nier que cela aide. Le reggae n’est pas une musique si facile, avec parfois des sons étranges, dépaysants. Il faut donc s’ouvrir l’esprit, trouver une autre façon de penser – même si l’herbe est aujourd’hui si forte que je n’arrive presque plus à en fumer!

Créé: 08.06.2016, 19h52

Dossiers

La soirée

Lausanne, Le Bourg
BBK Birthday: avec Earl Gateshead,Black Diamond et Bruk Boogie Kru
Samedi 11 juin (22h)
Rens.: 021 311 67 53
www.le-bourg.ch
www.brukboogiekru.com

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