Retrouvé mort, Keith Flint de The Prodigy n’a pas crié assez fort

MusiqueL’agitateur du groupe anglais, qui venait de sortir «No Tourists», est décédé.

Keith Flint, figure de proue des live de The Prodigy.

Keith Flint, figure de proue des live de The Prodigy. Image: KEYSTONE

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Quand il allumait le feu dans son pub The Leather Bottle du village de Peshley dans l’Essex, il n’était pas rare qu’un client lance une vanne sur «Firestarter» («allume-feu»), le premier gros tube de The Prodigy sur lequel il chantait. Plus personne n’aura à jeter une pièce d’une livre dans le pot que Keith Flint avait aménagé pour ces occasions. L’agitateur multitatoué et piercé du groupe anglais s’est fait la malle.

La police a retrouvé le corps sans vie du chanteur et danseur de 49 ans à son domicile, lundi dans l’Essex. Tout porte à croire que la figure de scène du gang s’est suicidée. «La nouvelle est vraie. Je n’arrive pas à croire que je suis en train de le dire mais notre frère Keith s’est ôté la vie pendant le week-end» a posté Liam Howlett, DJ et âme musicale de The Prodigy.

Les deux hommes s’étaient rencontrés en 1989, à l’aube d’une décennie que leur association allait marquer. L’Angleterre s’apprête à basculer dans le trip-hop, les raves techno font déjà office de nouvel underground pour une nation qui, depuis le punk, n’avait cessé de se réinventer dans les produits de synthèse.

À Liam Howlett, les télescopages sonores avec effets de sirène, breakbeats et vrombissements divers – le metal et le hardcore n’étant jamais très loin, la pop non plus mais distillée avec parcimonie. À Keith Flint, le devant de la scène, la propulsion dans l’univers du live de son personnage néo-punk bestial et un peu ironique, comme un fauve lâché dans l’arène de la dance alternative dont il devient un symbole. À lui aussi, un penchant marqué pour les drogues.

«Are you experienced?»

Déjà remarqué avec «Experience» en 1991, puis «Music for the Jilted Generation» («Musique pour la génération abandonnée») en 1994, The Prodigy explose avec «The Fat of the Land» en 1997, album précédé par le fameux single «Firestarter», qui leur ouvre les portes des États-Unis. À ce moment, ils sont au sommet de la vague «big beat» anglaise qui va encore vivre des sommets avec le «Dig Your Own Hole» des Chemical Brothers et le «You’ve Come A Long Way, Baby» de Fatboy Slim.

Ce firmament annonce pourtant le déclin. The Prodigy devra attendre 2004 pour un nouvel album. Le groupe, qui avait encore sorti un 7e disque studio en novembre 2018, «No Tourists», n’a en revanche jamais raté ses rendez-vous avec la scène, créant l’événement lors de concerts, toujours très attendus – deux passages à Paléo, en 2009 et 2014.

Créé: 04.03.2019, 19h07

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