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Quand les rivages vocaux étrangers se rejoignent

Jean-François Borras et Stephan Genz chantent dans des répertoires très différents. Les voilà réunis pour «La Chauve-Souris» de Strauss.

Ambiance surréaliste pour La Chauve-Souris mise en scène par Adriano Sinivia à l'Opéra de Lausanne
Ambiance surréaliste pour La Chauve-Souris mise en scène par Adriano Sinivia à l'Opéra de Lausanne
Alan Humerose

L’opérette a souvent été considérée comme musicalement inférieure à l’opéra. Heureusement que des talents comme Offenbach et Johann Strauss lui ont donné ses lettres de noblesse. Prenez «La chauve-souris», première opérette à être admise à l’Opéra de Vienne. Stephan Genz et Jean-François Borras, qui chantent les rôles d’Eisenstein et d’Alfred dans la nouvelle production signée Adriano Sinivia à l’Opéra de Lausanne, l’affirment haut et fort, c’est une musique qui demande des grandes voix: «Ici, on chante!»

Le baryton et le ténor ne s’étaient jamais rencontrés sur le même ouvrage, et pour cause: ils sont bien cantonnés dans leurs répertoires respectifs, l’opéra italien et français pour le Niçois, l’opéra allemand et le Lied pour son confrère germanique. Borras brille en Werther, en Alfredo («La Traviata»), en Rodolfo («La bohème»), et il reviendra bientôt à Lausanne dans une prise de rôle très engagée chez Offenbach. On se souvient de Genz en Papageno mémorable au Grand Théâtre de Genève avec Omar Porras, et surtout de son sublime «Winterreise», de Schubert, avec Michel Dalberto au piano (Claves).

Le point commun des deux chanteurs est peut-être à chercher dans l’enfance. Jean-François Borras a débuté à 8 ans au sein des Petits chanteurs de Monaco tandis que Stephan Genz, au même âge, suivait le cursus strict de l’internat à Saint-Thomas de Leipzig. Cette immersion chorale intense leur a certainement formé l’oreille, mais pas forcément la voix. «Ça m’a donné l’envie, mais pas forcément ouvert des portes, estime le Français. C’est au Conservatoire que je suis tombé amoureux de l’opéra.» Impression confirmée par son collègue qui se souvient avoir parfois «chanté en play-back» dans le chœur quand il devait préparer en parallèle des parties soliste!

Malgré tout, il aura fallu ce titre hybride de Strauss pour les réunir. Hybride, car «La chauve-souris», trésor national en Autriche, ne cache pas son cousinage avec Offenbach. Et c’est d’ailleurs une pièce de Meilhac et Halévy intitulée «Le réveillon» qui a fourni le canevas du livret. «Comme il y a un mari cocu, ça doit forcément être français!» suggère Jean-François Borras. Même s’il n’avait pas chanté en allemand depuis plus de 10 ans, le ténor à l’accent du Midi s’est glissé sans peine dans la partition: «En deux jours, je savais les notes, tellement les mélodies sont entêtantes, mais le texte m’a pris un mois et demi!»

Le Français est à l’aise puisqu’il doit incarner un chanteur italien: «Alfred est une caricature du ténor, qui chante tout le temps – même pendant les dialogues – et qui use de son chant pour courtiser la femme d’Eisenstein.» En contraste, Eisenstein a une partie vocale moins lyrique, avec cette particularité d’être souvent attribué à un baryton, alors que certains passages aigus conviendraient mieux à un ténor. Stephan Genz a son idée d’interprétation: «Eisenstein passe la moitié de l’œuvre en colère, ça sonne plus juste s’il est dans les limites de sa tessiture.»

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