La Rue Kétanou fait la cigale depuis vingt ans

ChansonNouvel album, concert vendredi à la Halle 7 de Palexpo: le groupe francofestif n’est pas près de rendre l'âme.

La Rue Kétanou en 2020: de gauche à droite, Pierre Luquet, Olivier Leite, Florent Vintrigner et Mourad Musset.

La Rue Kétanou en 2020: de gauche à droite, Pierre Luquet, Olivier Leite, Florent Vintrigner et Mourad Musset. Image: DR

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On était jeune à l’époque, on rigolait beaucoup, ça dansait sur des airs de java, de guinguette portuaire, paroles douces-amères, accordéon de rigueur. Lorsque l’an 2000 est arrivé, la dite Nouvelle Scène française battait son plein. Avec ses auteurs consacrés, Les Têtes Raides, Thomas Fersen, Miossec, et puis ses cadets turbulents, Les Hurlements d’Léo, Les Ogres de Barback, et La Rue Kétanou, arrivée pile pour le millénaire. Ces trois-là chantaient à tue-tête, avec ce léger vibrato mélancolique qui faisait leur marque: «Y a des cigales dans la fourmilière et vous n’pouvez rien y faire.»

Vingt ans ont passé. Que reste-t-il de ce paysage musical? À peu près tout le monde, avec des fortunes diverses. On sait les difficultés d’un Fersen, qui déclarait récemment au «Monde» ne plus gagner grand-chose, ni avec les disques, ni avec les concerts, carrément rien avec le numérique. On se figurait un destin similaire pour La Rue Kétanou. Pas de quoi s’alarmer, nous répond-on: Mourad Musset, Olivier Leite, Florent Vintrigner (qui fait office de porte-parole au téléphone), tous trois membres fondateurs désormais rejoints par l’accordéoniste Pierre Luquet, sortent sans trop de peine des albums et tournent toujours à plein. En 2020, voici «2020», fort jolie collection de chansons mordantes ce qu’il faut. Parution agendée pour ce vendredi 17 janvier. Le jour de leur prestation dans la Halle 7 de Palexpo – 2000 personnes attendues.

Toute nue sur la plage

Vingt ans de Rue Két’, cela a donné lieu à une fête bien arrosée dans un bar de Dijon. L’anecdote résume bien l’état d’esprit du groupe, qui affectionne ce genre de soirée avec concert improvisé. C’est également en faisant le «bœuf» entre amis que Florent et la bande ont travaillé le nouveau répertoire: au Bénin avec les Ogres de Barback et la fanfare Eyo’nlé, à Toulouse avec Mouss et Hakim de Zebda, à Marseille avec Gari Gréu de Massilia Sound System. À Rochefort-sur-Loire, enfin, La Rue Kétanou retrouve deux sommités, l’accordéoniste René Lacaille, figure du maloya de La Réunion, accompagné du guitariste Titi Robin.

Si le nouvel album procède du multiculturalisme côté humain, aspect dont sont empreintes ses sonorités, il fallait aux quatre larrons également trouver matière à écrire les textes. En Normandie cette fois, chez Florent Vintrigner, est née cette comptine faisant état d’un voyeurisme teinté de nostalgie intitulée «C’était beau l’été». Où il est question d’une figure «toute nue sur la plage qu’on aime bien regarder». Mais voilà qu’il pleut. «Zut, flûte, flotte.» Florent Vintrigner s’en souvient comme si c’était hier: «On a bu une super bonne bouteille de calva, et quand elle fut finie, la chanson était prête.»

Fumer du ch’val

Des visions sensuelles, des regards qui réchauffent, La Rue Kétanou, jamais, n’en a été avare. Voir encore «Vive la divorcée», qui rime avec «à bas les vies toutes tracées» – «écrite pour une amie bel et bien divorcée dont c’était l’anniversaire ce soir-là». Ni des visions plus sombres, «Peuple migrant» autrement métaphorique dans le texte que ne le suggère son titre programmatique. Ainsi que son quota d’histoires rocambolesque. On écoutera ainsi «Quand j’fumais du ch’val», une comptine curieuse sur la rencontre entre un homme et son canasson, lequel «vivait à l’état sauvage mais savait parler». Où l’on devine un petit nuage bleu flottant au-dessus des têtes…

Qu’on y ajoute de l’orgue Hammond («C’était beau l’été»), un charango des Andes ou un banjo («Peuple migrant») et voilà que la pompe habituelle, le «poum tchac» familier laissent poindre des timbres plus élaborés. Ce qui nous fait dire que La Rue Kétanou a trouvé une bien belle manière de se renouveler, tout en cultivant cet esprit poétique, un rien bravache, qui caractérisait ses premiers printemps.

Créé: 14.01.2020, 22h11

Infos pratiques

«2020» La Rue Kétanou (LRK Productions).

En concert vendredi 17 janvier, 20h.

Première partie: Alee & Ordœuvre.

Palexpo-Halle 7.

Plus d'informations sur: opus-one.ch

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