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Simone Young traque la poésie lumineuse de Wagner et Strauss

A la tête de l’OCL, la cheffe australienne a offert un écrin à la voix d’Elza Van den Heever.

La cheffe d’orchestre australienne Elza Van den Heever est la principale invitée de l’OCL.
La cheffe d’orchestre australienne Elza Van den Heever est la principale invitée de l’OCL.
Klaus Lefebvre

L’amour et la voix, tel était le double fil rouge de la soirée offerte par Simone Young à la tête de l’OCL lundi et mardi. Comme toujours, la cheffe d’orchestre australienne, qui est officiellement la principale cheffe invitée de l’orchestre depuis 2017, a construit très subtilement son programme. En grande amoureuse des fresques lyriques postromantiques, Simone Young a trouvé le moyen de diriger ses compositeurs favoris, Wagner et Strauss, en formation de chambre, ouvrant la porte à leur intimité sentimentale. Elle a inséré entre ces deux géants une intrigante «Heure bleue» de Hans-Werner Henze, courte et intense évocation d’un crépuscule multicolore, mais dont la conclusion abrupte laisse l’auditeur interdit.

En 1870, la «Sigfried-Idyll» célèbre la naissance de son fils chéri et la stabilité enfin trouvée avec son épouse, Cosima. Reprenant des motifs de l’opéra éponyme de la «Tétralogie», la pièce n’en garde que le raffinement harmonique le plus lumineux; elle trouve sous le geste souple et soyeux de Simone Young une transparence idéale. Dans les «Wesendonck-Lieder» écrits bien plus tôt, Wagner met en musique et en scène son amour impossible pour Mathilde Wesendonck et qui débouchera sur «Tristan und Isolde».

Elza Van den Heever y insuffle son timbre onctueux avec une retenue qui en renforce la sensualité. L’orchestre atteint à des miracles de frémissements tamisés dans «Im Treibhaus». Il y a moins de tourments passionnels chez Richard Strauss, qui écrit «Wiegenlied» et «Morgen» pour la voix de sa jeune femme cantatrice. Juste cet acmé d’un langage qui aura tant célébré l’amour féminin et sublimé l’alliage de la voix et de l’orchestre. Là encore, la soprano sud-africaine livre un chant irradiant d’intériorité, laissant presque au violon de François Sochard l’affirmation d’une âme comblée. Elle a finalement lâché toute la puissance de sa voix dans un dernier Lied de Strauss, «Zueignung», offert en bis avec Simone Young, elle aussi très débridée au piano. La cheffe reviendra diriger l’OCL les 20 et 21 mai prochain dans Stravinski, Mozart et Hummel.

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