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Le Sinfonietta parie sur le renouveau sur fond de menace budgétaire

Le chef d’orchestre belge David Reiland présente sa première saison comme directeur artistique sur fond de menace budgétaire de la part de la Ville de Lausanne. Rencontre.

David Reiland, 38 ans, dirigera le premier concert du Sinfonietta de Lausanne comme directeur artistique le 25 septembre au Métropole.
David Reiland, 38 ans, dirigera le premier concert du Sinfonietta de Lausanne comme directeur artistique le 25 septembre au Métropole.
Jean-Baptiste Millet

Avec le départ anticipé d’Alexander Mayer, le www.sinfonietta.ch de Lausanne entrait dans une zone de turbulences dont il n’est pas encore sorti. Heureusement, l’ensemble symphonique lausannois a trouvé en David Reiland un chef d’orchestre à la baguette affûtée et fin stratège rodé aux tempêtes institutionnelles. Car à peine nommé, le Belge – qui débute également son mandat à la tête de l’Orchestre National de Lorraine – s’est trouvé confronté à une nouvelle donne: la Ville de Lausanne remettait en cause la subvention importante qu’elle octroie à l’orchestre, dans le cadre d’un plan général d’économies qui affecte également la culture. L’entrée en vigueur du train d’économies ayant été en partie repoussé et le Canton ayant augmenté sa subvention, le nouveau directeur artistique est en mesure de présenter sa première saison au budget certes légèrement allégé, mais tout de même riche de promesses. Rencontré lors d’un passage éclair entre deux engagements internationaux, David Reiland a exposé fièrement son menu pour 2018-2019 et sa détermination à trouver une solution stimulante pour l’avenir du Sinfonietta.

Comment avez-vous vécu vos débuts de directeur artistique dans le contexte actuel? Il y a d’un côté le rêve artistique et de l’autre un chantier institutionnel à mener dans l’urgence, car la coupe envisagée est d’importance (lire ci-contre). J’ai passé quatre ans à l’Orchestre de Chambre du Luxembourg à contenir l’hémorragie de moyens et je suis assez fier d’y être arrivé. Alors évidemment, j’ai un peu la sensation de déjà-vu, mais on doit aller bien au-delà de ce constat. Quand l’entrée en fonction se transforme en stratégie politique, il faut mettre en œuvre d’autres outils, d’autres réflexions qui font partie de notre mission, mais sans occulter l’oxygène artistique. Je reste avant tout un musicien intéressé à travailler le son et à construire un répertoire. J’ai hâte de commencer à jouer avec l’orchestre.

Comment avez-vous construit votre première saison? L’orchestre a été sans capitaine pendant neuf mois, le temps d’une nouvelle gestation! J’ai respecté la mission donnée à Lisa Guigonis comme directrice artistique «ad interim». Comme adjointe d’Alexander Mayer, elle avait activement préparé la saison actuelle. Pour 2018-2019, elle m’a soumis une base et nous avons finalisé ce menu à 4 mains. Cette année, nous n’aurons que cinq concerts d’abonnement au lieu de six, mais on ira jouer à trois reprises à l’Opéra: l’opérette de fin d’année («La Chauve-Souris»), le spectacle pour le jeune public et un concert de musique américaine en hommage à Bernstein. Je ne cache pas que c’est un test grandeur nature pour se rapprocher davantage de l’Opéra. Sur ce concert, nous offrons un rabais pour nos abonnés.

Le centenaire de Leonard Bernstein, c’était incontournable? Sa musique est une excellente école de direction. Très virtuose, un concentré de gestes, et toujours d’une incroyable profondeur. Je vais jouer aussi «Fanfare for The Common Man» de Copland, qui me tient à cœur. Copland avait offert la partition dédicacée à Bernstein, dont il était très proche. Bernstein a légué ensuite cette partition à Dennis Russell Davies. Et Dennis me l’a offerte quand j’ai dirigé une série Bernstein à Salzbourg lorsque j’étais son assistant.

Quelles sont vos lignes de forces pour les trois concerts d’abonnement que vous dirigez? Pour le concert d’ouverture le 25 septembre, je débute avec «Pacific 231», la pièce emblématique du Suisse Honegger. Avec la «2e Symphonie» de Prokofiev, je fais entrer une nouvelle œuvre au répertoire de l’orchestre. Je consacre une soirée à Mendelssohn, aux exigences redoutables, et pour finir le «Concerto» de Brahms avec notre violon solo Felix Froschhammer et la «7e Symphonie» de Beethoven.

Quel rôle joue et devrait encore jouer le Sinfonietta de Lausanne? L’orchestre a trois missions principales. La première consiste à servir de tremplin pour les jeunes diplômés et ça fonctionne. Depuis 2016, près de 20 de nos musiciens ont trouvé un poste dans des orchestres professionnels. La deuxième mission est d’engager des stagiaires pour les étudiants en master. Nous en engageons de 5 à 10 par an et nous sommes les seuls avec l’OSR à prendre des percussionnistes et des souffleurs. Enfin, nous sommes le premier répondant des institutions culturelles vaudoises, et pas seulement les chœurs. Le Montreux Jazz nous fait confiance depuis vingt ans (cet été, l’orchestre accompagne John Cale), le Théâtre du Jorat nous confie des ciné-concerts et «Dragon Ball» en novembre, c’est nous! Cette dimension du décloisonnement est essentielle à mes yeux.

Saison 18-19 du Sinfonietta Abonnements pour les 5 concerts à commander dès maintenant. Dernier concert de la saison: Lausanne, Métropole, ma 29 mai (20 h) Rens.: 021 616 71 35 www.sinfonietta.ch

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