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«Pour «Le songe d’une nuit d’été», Mendelssohn fait le choix de la féerie»

L’OCL joue l’intégralité de la musique de scène de la pièce de Shakespeare. François Renou en propose une lecture insolite.

Dans la mise en espace du «Songe d'une nuit d'été» au Métropole, François Renou utilisera des ballons lumineux pour symboliser la Lune et la forêt.
Dans la mise en espace du «Songe d'une nuit d'été» au Métropole, François Renou utilisera des ballons lumineux pour symboliser la Lune et la forêt.
Yuri Pires Tavares

Ce n’est ni un simple concert, ni une pièce de théâtre mise en scène, ni une lecture à la table, mais un peu de tout cela et certainement encore quelque chose qui n’a pas de nom. Les 29 et 30 avril, la salle Métropole ose un spectacle que les habitués de l’OCL ou les amateurs de théâtre shakespearien n’ont jamais vu ou entendu: «Le songe d’une nuit d’été» de William Shakespeare dans une lecture quasi intégrale du texte, accompagné de la musique de scène imaginée par Felix Mendelssohn. Voulu par Joshua Weilerstein, directeur artistique de l’OCL, et mis en espace par François Renou, cet «objet scénique» de près de trois heures casse le moule du concert d’abonnement.

«Dansez, elfes et fées légères,/Plus vifs que l’alouette au vol,/Reprenez ma chanson, mes fées,/Chantez, dansez-la, voltigez», chantent les fées dans le finale du «Songe d’une nuit d’été». Ces mots virevoltants, le compositeur Felix Mendelssohn les a confiés à un chœur féminin, sur la musique scintillante de son Ouverture. La mode des musiques de scène, si active au XIXe siècle, s’est perdue dans le courant du XXe, si bien que ces pages d’une miraculeuse délicatesse, qui subliment la pièce orchestrale la plus fameuse du compositeur allemand, ne sont presque jamais données au concert, et encore moins au théâtre.

«Mendelssohn n’illustre que les moments qui ont lieu dans la forêt, relève François Renou. Il fait le choix de la féerie. Il y a par conséquent de longs moments de textes sans musique. À partir du moment où la pièce est lue plutôt que jouée, il fallait trouver le moyen d’éviter l’écueil des lectrices plantées avec leur lutrin devant l’orchestre.» Le metteur en scène a opté pour une distribution de six comédiennes, anciennes élèves de la Manufacture, qui se sont réparti tous les rôles de la pièce. Pourquoi des femmes? «Parce que cette pièce parle sans cesse de la place de la femme dans la société et au sein du couple, explique François Renou. Et comme Mendelssohn utilise un chœur féminin (les Vocalistes de la Haute École de musique de Lausanne), j’avais envie d’offrir le plateau à cette communauté de filles, pour faire allusion à la tradition du rite de mai évoquée dans la pièce, où les filles allaient se perdre – et perdre peut-être leur virginité – dans la forêt.»

Pour réinventer l’œuvre de Shakespeare et de Mendelssohn, François Renou est sans doute l’homme de la situation. Chanteur formé au Centre de musique baroque de Versailles et à la HEMU, il a bifurqué vers le théâtre à l’issue de son master de chant pour enchaîner sur un master de mise en scène à la Manufacture. On a déjà pu apprécier son travail de metteur en scène dans «Les Zoocrates» à l’Opéra de Lausanne et dans les concerts Découvertes de l’OCL. «À l’issue de mon cursus musical, je sentais que mon chemin n’était pas abouti et j’avais été titillé par les cours de formation scénique. Au concert classique, le travail est toujours centré sur le matériau musical, moins sur ce qui fait que ce matériau surgit aux yeux du public. On parle d’interprétation en éludant la question de la représentation. Ce terrain-là est encore largement inexploité.» «Le songe» l’explore en mode immersif.

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Lausanne, salle Métropole

Lu 29, ma 30 av. (19 h) Rens.: 021 345 00 25

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