Succès et polémique pour «Lohengrin» à la Scala de Milan

OpéraL’opéra de Milan a ouvert vendredi sa saison 2012/2013 par un triomphe à l'opéra de Wagner, un choix controversé en Italie alors que 2013 marque à la fois le bicentenaire du compositeur allemand et celui de Verdi.

Le spectacle était mis en scène par Claus Guth et dirigé par Daniel Barenboïm. Le rôle d'Elsa de Brabant a été assuré par la soprano Annette Dasch.

Le spectacle était mis en scène par Claus Guth et dirigé par Daniel Barenboïm. Le rôle d'Elsa de Brabant a été assuré par la soprano Annette Dasch. Image: AFP

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Comme chaque 7 décembre, hommes politiques et vedettes de toutes sortes ont revêtu leurs plus scintillantes toilettes et se sont pressés à la Scala, le célèbre théâtre milanais, pour assister au début de sa saison lyrique qui s'ouvrait avec «Lohengrin», de Wagner.

Plusieurs surprises les attendaient, à commencer par la neige qui tombait à gros flocons au début de la représentation et a empêché le président de la Commission européenne José Manuel Barroso de décoller de Bruxelles pour se rendre à Milan.

Mais pour les aficionados, c’est surtout le changement de casting de dernière minute pour le principal rôle féminin, celui d’Elsa de Brabant, qui a été remarqué: il a été assuré par la soprano Annette Dasch, arrivée la nuit précédente pour remplacer Anja Harteros, souffrante. La performance de Mme Dasch, une habituée du Festival de Bayreuth, a été saluée par le metteur en scène Claus Guth, qui a jugé après la représentation que "ce qu’elle a fait n’est pas de ce monde".

Un quart d'heure d'applaudissements

Enfin, le spectacle de 4 heures et 50 minutes, qui a été salué par quinze minutes d’applaudissements nourris et de cris d’approbation, s’est achevé sur l’hymne national italien joué par l’orchestre et entonné par chanteurs, choristes et public réunis: une rareté en Italie où l’hymne est plutôt joué en début de représentation, si un chef d’Etat est présent. Ce n’était pas le cas ce vendredi, le président italien Giorgio Napolitano ayant décliné en début de semaine l’invitation à la Scala en raison d’impératifs politiques.

Cette initiative inattendue visait sans doute à tordre le cou à la polémique qui a accompagné Lohengrin ces dernières semaines en Italie. Certains se sont ouvertement agacés que le plus célèbre opéra du pays ait préféré pour son début de saison un compositeur allemand à l’Italien Giuseppe Verdi, l’un des compositeurs italiens les plus emblématiques et figure du processus d’unification politique de la péninsule italienne, le Risorgimento.

Désapprobation présidentielle

L’absence du président Napolitano a ainsi largement été interprétée comme un signe de désapprobation envers ce choix, bien qu’il ait lui-même qualifié de "futile" la polémique Wagner/Verdi. Les opéras de Rome et Naples, qui ont eux aussi démarré leur saison ces derniers jours, avaient tous deux choisi des oeuvres de Verdi.

Les deux maîtres sont nés en 1813 et il leur sera rendra amplement rendu hommage tout au long de l’année, souligne-t-on à la Scala, où l’on se défend de toute visée polémique. L’opéra prévoit pour cette seule saison sept oeuvres de Verdi: Falstaff, Nabucco, Macbeth, Oberto conte di San Bonifacio, Un bal masqué, Don Carlo et Aida. La saison 2013/2014 devrait être ouverte avec La Traviata du même Verdi.

Quant à Wagner, la saison qui s’ouvre prévoit, outre Lohengrin: le Hollandais volant, le Crépuscule des dieux, l’Or du Rhin, la Walkyrie et Siegfried.

Mario Monti présent

Le président du conseil Mario Monti, Milanais d’origine, a pour sa part bien assisté à la première, ainsi que plusieurs de ses ministres, bien que la position du gouvernement se soit considérablement fragilisée au cours des dernières 48 heures, avec la perspective d’une possible nouvelle candidature de Silvio Berlusconi aux législatives du printemps et même d’une chute du gouvernement avant terme.

Le spectacle était mis en scène par Claus Guth et dirigé par le maestro israélo-argentin Daniel Barenboïm, depuis un an directeur musical de la Scala. Le rôle-titre était assuré par le ténor allemand Jonas Kaufmann, qui a été chaleureusement applaudi. (afp/nxp)

Créé: 08.12.2012, 08h41

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