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Le ténor chilien qui cartonne

Emiliano Gonzalez Toro se produira à Genève et à Lausanne pour la sortie de son nouvel album. Il avait décroché un Diapason d’Or de l’année pour son premier disque.

Emiliano Gonzalez Toro a fait ses études à Genève et Lausanne.
Emiliano Gonzalez Toro a fait ses études à Genève et Lausanne.
Michel Novak

Décrocher un Diapason d’Or de l’année pour son premier disque, ce n’est pas anodin. Emiliano Gonzalez Toro s’y aventure en terrain vierge: avec son album «Vespro» (Naïve), il chante et dirige son nouvel ensemble I Gemelli en misant sur une compositrice oubliée du XVIIe siècle, la nonne Chiara Margarita Cozzolani. Quel chemin parcouru depuis «L’étoile», de Chabrier, en 1999 à l’Opéra de Fribourg dans une production mémorable de Gisèle Sallin! Emiliano Gonzalez Toro y faisait ses débuts comme chanteur lyrique. Le Genevois d’origine chilienne avait troqué le hautbois pour le chant et ne tardera pas à trouver à Lausanne et à Genève des oreilles bienveillantes qui l’orientent en priorité vers la musique baroque.

Au cours de ses 20 saisons de carrière, le ténor a certes fait des pas de côté. On se souvient à Lausanne de ses prestations dans «La Périchole» ou «La fille de Madame Angot», mais c’est surtout dans le répertoire des XVIIe et XVIIIe siècle qu’il s’est fait un nom. «J’ai chanté dans «Salomé», de Strauss, et des rôles de caractère plus tardifs, mais je préfère garder la plus grande fraîcheur pour durer plus longtemps, et je la trouve dans la musique baroque.»

L’art de se dédoubler

Surtout, depuis trois ans, il s’investit corps et âme dans la création de son ensemble I Gemelli, en tandem avec son épouse Mathilde Étienne, comédienne, chanteuse, metteuse en scène et dénicheuse de partitions oubliées. «Nous étions à Crémone pour le festival Monteverdi, où je chantais Orfeo avec Ottavio Dantone. Pendant ce temps, Mathilde a trouvé dans les bibliothèques ces pages sacrées de Chiara Cozzolani dont je n’avais jamais entendu parler. On trouve dans cette musique une rythmique, une vocalité, une sensualité et une maturité exceptionnelles. Bien que cloîtrée dans un couvent à Milan, Cozzolani a écrit une musique très moderne, ses partitions ont circulé, certaines ont été éditées.»

C’est encore grâce au chef Ottavio Dantone qu’il doit son contrat d’exclusivité avec Naïve. Il enthousiasme le label français de ses projets avec I Gemelli lors de l’enregistrement d’«Il Giustino», opéra fantasque de Vivaldi qui débarque pour un soir à l’Opéra de Lausanne dans la distribution bluffante du disque. Le ténor y sera l’un des rares chanteurs masculins aux airs très virtuoses. Mais il aura incarné la veille à Genève le rôle-titre de «L’Orfeo» de Monteverdi, à la tête d’I Gemelli. Ce chanteur, décidément, maîtrise l’art de se dédoubler!

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