The Coral aiguise le rock de son récif

MusiqueAprès une période discrète, le groupe anglais revient avec «Distance Inbetween» un album plus dur. Interview

Le groupe du chanteur James Skelly (2e depuis la g.) est de retour avec un disque qui frappe fort et juste.

Le groupe du chanteur James Skelly (2e depuis la g.) est de retour avec un disque qui frappe fort et juste. Image: LDD

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Depuis 15 ans, The Coral permet à tous les fanatiques de la grande épopée musicale britannique de croire que rien ne change sous les nuages d’Albion. En une poignée d’albums, dont le Magic and Medicine de 2003, le groupe des environs de Liverpool – ville aux antécédents «beatlesiens» – n’a eu aucune peine à s’imposer comme champion folk-rock capable de trousser des rengaines aussi impériales que boisées, aussi psychédéliquement électriques que délicatement pop.

Plus acide, plus dur

Après une période de mise entre parenthèses et la fuite de leur guitariste, ces légataires de la meilleure tradition sont de retour avec Distance Inbetween, un 8e enregistrement studio étonnamment rock, au son plus acide et plus dur. «Nous cherchions une approche complètement différente, détaille le chanteur James Skelly au téléphone. Plus directe et plus puissante. Nous savions ce que nous voulions mais pas comment nous allions nous y prendre…»

En compagnie du jeune producteur Richard Turvey (Wild Swans, The Sundowners), le groupe n’a pas hésité à s’inspirer du modèle des glorieux aînés de la région. «Nous nous sommes donné une mission, nous voulions réaliser notre White Album… Les réponses étaient surtout musicales, en mettant l’accent sur les rythmiques.» Avec leur nouveau guitariste Paul Molloy (ex-Zutons), certains de leurs riffs font chauffer les amplis de manière inédite, rappelant parfois (Million Eyes) les montées de température et les cassures des Queens of the Stone Age. «Possible, c’est un groupe que j’aime bien. Mais, pendant l’enregistrement, on écoutait plutôt du Hawkwind, du Black Sabbath, des sources communes.»

La porte des Doors

Une référence demeure, celle des Doors, qui traversait déjà plusieurs de leurs titres antérieurs, très perceptible sur le titre It’s You. «Oh, oui, même si cette chanson pourrait faire le prochain thème musical de James Bond, les Doors sont définitivement en nous, on a grandi en les écoutant, et chacune de leurs chansons pourrait être un film.» On pourrait multiplier les références et visiter la discothèque du groupe en compagnie du chanteur, mais, comme le dit James Skelly, l’important reste de «sonner original».

La bonne nouvelle de Distance Inbetween tient au grand retour d’un groupe que l’on croyait un peu perdu. «On n’a jamais été en danger, juste un peu fatigué par la routine album-tournée, album-tournée…» Après un démarrage très prometteur, The Coral avait pourtant un peu ramé. La faute à l’évolution du monde de la musique ou aux mauvaises décisions de son équipe? «Un peu des deux, je pense! Nous étions très jeunes quand tout a commencé à s’accélérer. Je ne regrette rien, on a toujours eu du bon temps. C’était assez dingue, mais j’ai profité de chaque instant. De toute façon, nous ne sommes pas un groupe qui vise une carrière, même si nous allons durer, car notre musique va passer l’épreuve du temps.»

Celui qui assure que la compétition entre musiciens britanniques fait partie du passé – «il y a une réaction face à cette concurrence un peu rance des nineties» – avertit pourtant ses rivaux potentiels: «Nous avons cette qualité intemporelle.»

Créé: 01.03.2016, 11h26

L’album

Au jeu d’un rock-folk orné de mélodies imparables et de parties vocales raffinées, The Coral ne craignait déjà personne, à part peut-être les Ecossais de Travis. Avec Distance Inbetween, les petits gars de la région de Liverpool trempent leur savoir-faire dans le bain de friture d’un son à la fois compact et grésillant qui confère à leur penchant psychédélique une puissance inédite et légèrement anxiogène. Sans perdre leurs repères – refrains ultra-efficaces, influence The Doors –, les Anglais se renouvellent avec panache et des coups de lattes, comme disait Bashung, pour s’imposer dans le cirque rock’n’roll.

Distance Inbetween
The Coral
Ignition
(distr. Phonag)

Sortie le 4 mars

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