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Thurston Moore ou la bénédiction du larsen

À 61 ans, l’éternel adolescent de Sonic Youth jouait au Bourg à Lausanne. Critique.

Sur scène, Thurston Moore, 61 ans au compteur, adopte toujours sa dégaine d’increvable ado dégingandé.
Sur scène, Thurston Moore, 61 ans au compteur, adopte toujours sa dégaine d’increvable ado dégingandé.
Steeve Iuncker-Gomez

Comment vieillir lorsqu’on a été une figure de proue du rock alternatif, du bruit blanc et de l’avant-garde? Thurston Moore, chanteur et guitariste du groupe Sonic Youth donnait quelques éléments de réponse mercredi au Bourg, lors du premier de ses deux concerts dans le club lausannois. Si les deux soirées annonçaient complet, c’est évidemment en raison de son appartenance passée à cette formation emblématique, dissoute en 2011 suite à la séparation de Moore et de sa compagne Kim Gordon, chanteuse et bassiste du groupe.

À l’époque, Sonic Youth explorait les sévices sonores depuis 30 ans déjà et il était temps de conclure l’histoire avant que son nom ne devienne un mensonge trop voyant. Ce coup d’arrêt n’a pas donné envie au guitariste de mettre ses charentaises pour lire au coin du feu… La vieillesse attendra.

Sur la scène du Bourg, Thurston Moore, 61 ans au compteur, adopte toujours sa dégaine d’increvable ado dégingandé, cheveux un peu trop longs lui tombant sur le visage pendant qu’il se lance dans d’interminables sarabandes défiant, en termes de monotonie, les sautillements d’un gamin de 7 ans sur un trampoline.

Épaulé par un bassiste, un batteur et un deuxième guitariste (petite pensée pour Lee Ranaldo son ex-comparse de Sonic Youth…), ses incursions dans la transe électrique ne tiennent pas toujours toutes leurs promesses, contrairement à celles que l’on trouve sur son récent triple album «Spirit Counsel» – un morceau par disque!

Parfois trop délibérément unidimensionnelles, elles lassent sans susciter de tourbillon auditif. Mais elles trouvent aussi des reliefs, des crevasses, des contorsions qui, dès lors, renouent avec les meilleures hypnoses d’un guitariste qui n’est pas resté inactif depuis 2011, tant s’en faut.

En officiant conscient d’être le dépositaire d’une part de l’héritage noise expérimental, Thurston Moore n’a pas oublié l’importance du rituel rock, brandissant sa guitare comme une croix ou comme le cierge de «Daydream Nation» (1988), bénissant l’assemblée du Bourg de ce sceptre prodigue en larsen. Amen, le bruit est grand.

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