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La touche de Lang sur les courbes de Känzig

En concert à Chernex-sur-Montreux, le pianiste sort «Celebration» pour fêter un quart de siècle de jeu avec son bassiste.

Le pianiste Thierry Lang a cultivé une complicité musicale de vingt-cinq ans avec le contrebassiste Heiri Känzig.
Le pianiste Thierry Lang a cultivé une complicité musicale de vingt-cinq ans avec le contrebassiste Heiri Känzig.
JEAN-MARC GUELAT

La musique de Thierry Lang adoucit les mœurs mais elle n’arrête pas le cours du temps. Voilà déjà un quart de siècle que le pianiste d’Ollon collabore avec le contrebassiste Heiri Känzig selon le rythme dansant d’une régularité complice. «Tout a commencé en 1995. Heiri était venu jouer au club Chorus, à Lausanne, et entre deux sets mon album «Private Garden» avait été diffusé. Il avait demandé qui était ce pianiste et m’avait contacté dans la foulée pour que je vienne enregistrer sur deux morceaux de son prochain disque.» Magie du live et de la musique enregistrée…

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Les deux musiciens ne se sont plus quittés, œuvrant en trio, en quartet, en quintet ou même avec une section de cordes pour les réarrangements du projet «Lyoba» où le pianiste rappelait avec émotion ses racines fribourgeoises et qui devraient continuer à voyager, notamment au Japon, très friand de la touche Lang. «Au fil des années, nous avons enregistré seize disques ensemble», se souvient le premier Suisse à avoir été signé par le label Blue Note.

Glycines de lyrisme

Si les deux compères avaient déjà donné des concerts en duo, ils n’avaient jamais enregistré d’album selon cette formule épurée. C’est chose faite avec «Celebration», empaqueté fin 2018 au fameux studio de la Buissonne et qui déroule de belles glycines de lyrisme élégant relevé d’une pointe de swing mélancolique. «L’ingénieur du son voulait lui acheter sa contrebasse, s’amuse Thierry Lang. Mais le son fantastique de Heiri ne vient pas de son instrument, c’est une coquille de noix par rapport à son jeu, sa façon de projeter le son avec naturel et générosité.» Le pianiste ne tarit pas d’éloges face à la virtuosité de son collègue «capable de jouer les mélodies compliquées que j’écris à ma place – je peux me reposer comme ça!»

Le duo piano-basse a de prestigieux prédécesseurs, que l’on pense à Red Mitchell et Hank Jones, Ron Carter et Cedar Walton, Charlie Haden et Kenny Barron ou Keith Jarrett, mais les deux Suisses font mieux que s’en tirer en atteignant une grâce entrelacée au gré d’un art du contraste qui s’élève sans peine au-dessus du velouté de cette forme d’échange. «Quand on joue, on entend ce que pourrait être un batteur – on l’a tellement fait! Nous avons une même perception du temps et du rythme.»

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Cette forte complémentarité n’est pas à entendre ce samedi à Chernex, où Thierry Lang joue avec son Heritage Trio et le souffleur Matthieu Michel, mais, patience, le duo arrive en avril à Chorus, un retour à la source de leur amitié musicale.

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