Il a troqué la folie de la nuit contre un open air familial

PortraitPrésident du Venoge Festival, Greg Fischer est ouvert à tous les styles musicaux. Il a notamment permis de créer pour le rendez-vous de Penthalaz la Soirée années 80

Greg Fischer a passé des platines de DJ à l'organisation d'un festival célébrant la musique populaire.

Greg Fischer a passé des platines de DJ à l'organisation d'un festival célébrant la musique populaire. Image: PATRICK MARTIN

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Le monde militaire et celui de la nuit. Celui où l’on se lève à 5 heures du mat’ et celui où l’on se couche à 7. En matière de paradoxes, le président du Venoge Festival de Penthalaz, Greg Fischer, fait fort. «Je n’avais jamais réalisé. C’est vrai que ça fait un peu schizo.» Éclat de rire. «Mais j’adore les deux. Et c’est sans doute la rigueur du premier qui m’a permis d’avoir vécu si longtemps dans le second sans jamais tomber dans ses travers.» Paradoxale également, sa capacité à être aussi bien «un sergent-major casse-couilles qui gueule ses ordres» et un DJ (ou désormais un président) sujet au trac, toujours soucieux de bien faire et inquiet de ne pas y parvenir.

Cet informaticien du Département de la défense qui a, un temps, voulu devenir instructeur militaire, évoque tout ça avec une pointe d’accent neuchâtelois. Le président de l’autoproclamé «plus grand open air musical du Gros-de-Vaud» ne serait-il donc pas un produit local? «Pas du tout. Je suis né à Peseux et j’ai fait toutes mes écoles dans la région de Neuchâtel. Penthalaz, je savais vaguement où c’était quand Corinne ( ndlr: Mégroz, la vice-présidente du festival) m’a parlé du Venoge tout en me débloquant le dos.»

Le festival des bords de la rivière chère à Gilles n’avait pourtant pas de quoi impressionner cet oiseau de nuit qui a accompagné durant plusieurs années Igor Blaska et Olivier Fatton, les deux patrons du MAD, à Lausanne. «J’étais en apprentissage avec Igor et on a commencé à organiser nos premières soirées ensemble. On a vécu toute la période des débuts de la musique électronique.» DJ dans des discos mobiles, à la Rotonde, à Neuchâtel, ou à Verbier durant la saison de ski, Greg Fischer s’est aussi occupé (un peu) de la sécurité et (beaucoup) des aspects techniques de différents établissements successivement acquis et gérés par ses deux amis.

Jazz, Boney M et «Boléro»

Lui était plus orienté vers la musique que vers les affaires. Avec une ouverture à presque tous les genres. «Ça me vient de deux personnes. La première est mon père, qui nous passait chaque dimanche matin aussi bien du jazz que du Boney M ou le «Boléro» de Ravel.» De cette époque, Greg Fischer a gardé une fascination pour les vinyles. Attirance cultivée en tant que DJ jusqu’à en amasser pas loin de 4000, désormais stockés dans des cartons, et dont il avoue être incapable de se débarrasser. «L’autre personne est Alex, un patron de boîte à Verbier, qui me répétait sans cesse: «Passe ce que tu veux, mais prends des sons qui parlent à tout le monde, qui sont dans la mémoire collective.» Aujourd’hui, je mesure combien il avait raison.» Car c’est bien la musique populaire – au sens noble du terme – qui fait le succès du Venoge Festival.

Avec sa rigueur militaire en matière d’organisation, ses connaissances techniques et son ouverture d’esprit musicale, Greg Fischer disposait donc de tous les atouts pour entrer au comité, puis reprendre le poste de président du festival de Penthalaz. L’ambiance particulière de la manifestation l’a convaincu. «Après avoir participé à l’organisation de très gros événements comme les Montreux Sundance, le côté familial et bon enfant du Venoge me faisait redescendre sur terre. Je me suis senti très bien accueilli et j’ai tout de suite perçu le potentiel de la manifestation: la beauté du site, mais aussi son emplacement idéal au centre du canton.»

Débordant d’idées mais ronchon

Greg Fischer se fera pourtant désirer avant d’accepter de prendre des responsabilités. «J’ai attendu que le comité trouve une certaine rigueur de fonctionnement», se justifie celui que certains bénévoles appelaient président avant qu’il ne le devienne. Mais désormais il mène le comité de six personnes aux côtés de la vice-présidente, Corinne Mégroz. «Il est l’accélérateur et je suis le frein», constate cette dernière, qui le connaît depuis l’âge de 10 ans, puisque leurs parents faisaient du camping ensemble. «Greg n’est pas toujours facile à suivre. Il est très réactif et impulsif, ce qui est super pour amener des idées et trouver des solutions. Mais ça peut aussi le rendre ronchon quand ça ne va pas assez vite pour lui. Sinon, c’est quelqu’un de très direct et proche des gens. Comme président, il sait aussi bien négocier avec les managers que donner un coup de main pour poser les barrières. Et je suis très contente qu’il soit mis en avant, parce qu’il a trop tendance à rester dans l’ombre des autres.»

La remarque mettra sans doute mal à l’aise ce «grand timide qui se soigne». Alors, plutôt que de la commenter, il parlera de sa plus grande fierté d’organisateur: avoir largement contribué à la naissance de la Soirée années 80, celle dont les préréservations marchent toujours plus fort. «Cette soirée me fait plaisir parce qu’elle fait plaisir. Il y a toujours une ambiance incroyable.»

Cette récompense par procuration est justement ce qui le motive à consacrer autant de temps à la manifestation. Bénévolement. «On est quand même un peu cinglés au comité. On se voit trois ou quatre fois par semaine, et on bosse en plus chacun seul de son côté.» Heureusement pour son couple, son épouse Magali fait partie de l’aventure, comme secrétaire du festival. «Alors oui, quand tu es sur le bord de la scène face au public qui chante les bras levés, ça te fout les poils. Mais ce serait quand même bien d’arriver à créer deux-trois postes professionnels à se partager. Ça nous permettrait de passer plus de temps avec nos familles et avec les autres bénévoles.» (24 heures)

Créé: 15.06.2018, 08h42

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Bio

1973
Naît le 13 octobre à Peseux (NE).
1990
Débute son CFC de dessinateur en génie civil. Rencontre Igor Blaska et Olivier Fatton.
1991
Officie pour la première fois comme DJ lors d’une soirée de disco mobile.
2000
Est engagé comme DJ résident à l’Amnesia. Y rencontre Magali, qui deviendra son épouse et la mère de ses deux filles: Manon naît
en 2007 et Fanny en 2009.
2003
Est nommé responsable technique du MAD, de l’Amnesia et du King Size.
2007
À la naissance de sa première fille, décide de devenir militaire contractuel.
2009
Est gièvement blessé à un bras, doit arrêter sa formation d’instructeur. Se tourne vers l’informatique, toujours dans l’armée.
2013
Commence à travailler comme bénévole au Venoge Festival.
2014
Entre au comité du Venoge Festival.
2016
Reprend la présidence de la manifestation.

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