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Les vagabondages espagnols du Philharmonique de Lausanne

La réunion annuelle de l’OCL et de l’Orchestre de la HEMU a donné lieu à un feu d’artifice signé Ravel et Strauss.

Le chef d’orchestre Hannu Lintu. VEIKKO KAHKONEN
Le chef d’orchestre Hannu Lintu. VEIKKO KAHKONEN
Veikko Kahkonen

Déferlement de percussions, vagues de harpes, cascades de cuivres, bruissement des cordes: ce n’est pas si fréquent de recevoir en plein visage une masse orchestrale complète à la salle Métropole. Lundi soir, le chef Hannu Lintu déchaînait les éléments pour décrire l’Espagne vue par Maurice Ravel et Richard Strauss. Tradition bien implantée depuis 2005, l’Orchestre de Chambre de Lausanne (OCL) double de taille, une fois l’an, en accueillant les étudiants de la Haute École de musique (HEMU) pour l’unique concert véritablement symphonique de la saison. Intégré à la série des Grands Concerts depuis l’an dernier, le rendez-vous qui fusionne les deux phalanges est joué à deux reprises. Il représente, pour les étudiants, le point fort de leur année pédagogique.

Hannu Lintu, en habitué des saisons de l’OCL, a lui-même proposé ce programme dense et contrasté. Tous les sortilèges orchestraux sont convoqués d’entrée de jeu dans l’«Alborada del gracioso» de Ravel, qui réunit les ingrédients d’une Espagne à la fois très concrète par ses références rythmiques et fantasmée par un compositeur qui n’avait encore jamais traversé les Pyrénées. L’ambiance chaude et chaloupée se prolonge dans la «Rapsodie espagnole», partagée entre suspension et exaltation, et que le chef finlandais anime de tout son corps subtilement chorégraphié.

La virtuosité instrumentale, la générosité des élans, la profusion de couleurs éblouissent, quand bien même on pourrait sentir encore un peu de raideur dans les phrasés, quelques menus décalages. Et surtout l’impression que, malgré le vaste tapis de cordes, celles-ci sont étouffées par les vents. On ne peut certes pas attendre d’un orchestre aussi neuf une cohésion parfaite des cordes – et on sait qu’ils ont consacré davantage de temps de préparation pour souder ces pupitres. L’équilibre était déjà meilleur dans le «Don Quixote» de Richard Strauss. Mais l’acoustique de la salle Métropole montre aussi ici ses limites, quand l’orchestre s’étoffe pareillement, nuisant à la cohérence de l’image globale des tutti. Le poème symphonique est traité avec beaucoup d’espièglerie par l’orchestre et un sérieux très à propos par Joël Marosi, violoncelle, et Eli Karanfilova, alto, investis dans leurs rôles de Don Quichotte et de Sancho Panza.

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