Valery Gergiev renouvelle à Genève l’expérience d’un art surnaturel

ClassiqueMagnétique et insatiable, le chef russe donne jeudi un concert attendu avec son Orchestre du Théâtre du Mariinsky.

Le chef d'orchestre russe Valery Gergiev lors d'un concert donné au Verbier Festival.

Le chef d'orchestre russe Valery Gergiev lors d'un concert donné au Verbier Festival. Image: ALINE PALEY

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Il y a quelques années, lorsque le réalisateur et photographe zurichois Alberto Venzago s’est donné comme projet de suivre les pérégrinations interminables de l’Orchestre du Théâtre du Mariinsky et de son capitaine dans le grand Est russe, il en est revenu avec un documentaire palpitant et un titre – «Gergiev - A Certain Madness» – qui disait presque tout du chef né en Ossétie du Nord. La simple mention de son nom, Valery Gergiev, fait immanquablement surgir auprès de ceux qui l’ont côtoyé de près l’évocation d’une certaine folie. Ou encore la dimension absolument surhumaine de ce personnage inénarrable.

On doit avant tout ces étiquettes à ses facultés de travail, qui relèvent du paranormal. Gergiev consacre au sommeil de très courtes parenthèses de sa vie. Une sieste de quelques dizaines de minutes lui suffit parfois pour basculer d’un jour à l’autre. Voilà qui fait de lui une machine déroutante, aux 350 concerts par année, dont certains enchaînés le même jour, en plaçant quelques fuseaux horaires entre une salle et l’autre. Invité partout, tantôt avec ses protégés, tantôt seul pour prendre la tête, le temps d’une soirée, d’une grande formation, l’homme qui a lié son destin à la ville de Saint-Pétersbourg détonne aussi par sa technique de direction.

Sa gestique ne garde presque pas de traces de battues. Dans sa main droite, on s’étonnera d’observer à certaines occasions la présence d’une nano-baguette, à peine plus grande qu’un cure-dent. Quant à la gauche, elle frémit et papillonne la plupart du temps, en insufflant des intensités et des nuances que seul ses musiciens comprennent. L’essentiel du message, Gergiev le fait passer autrement, par un regard qui est d’une intensité parfois inquiétante.

Bref, on ne se lassera jamais de retrouver sur scène ce chef thaumaturge et son Mariinsky aux expressions saignantes et passionnées. Et on ne finira pas de rester bouche bée face à la virtuosité de cette troupe de musiciens. À Genève, où Gergiev revient régulièrement, le programme de la soirée de jeudi – inscrite dans la saison de l’agence Caecilia – assemble des figures aux traits esthétiques éloignés. Il sera question de Debussy tout d’abord, avec le célèbre «Prélude à l’après-midi d’un faune». Lui suivra Prokofiev et ses extraits de la musique du ballet «Cendrillon». Et pour terminer, Richard Strauss, avec «Une vie de héros, poème symphonique op. 40».

Orchestre du Théâtre Mariinsky, Valery Gergiev (dir.), Victoria Hall, je 10 janv. à 20 h. Rens. www.caecilia.ch

Créé: 08.01.2019, 18h10

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