Des violons à l’ombre d’une mythologie

Menuhin CompetitionLe concours itinérant a ouvert ses portes jeudi à Genève avec un concert vibrant de l'Orchestre de la Suisse romande et de ses invités.

Yesong Sophie Lee a été lauréate de la dernière édition du Concours, en 2016 à Londres. Elle a fait une apparition remarquée au Victoria Hall.

Yesong Sophie Lee a été lauréate de la dernière édition du Concours, en 2016 à Londres. Elle a fait une apparition remarquée au Victoria Hall. Image: CONCOURS MENUHIN / OLIVIER MICHE

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Ils défilent avant le concert, l’un derrière l’autre dans les hauteurs du Victoria Hall, frôlant d’un pas décidé les cannes de cet orgue imposant qui regarde la salle. Ils sont quarante-quatre jeunes et très prometteurs violonistes et ils n’auront qu’une mission ces dix prochains jours: résister le plus longtemps possible face à un jury composé de grands interprètes – Pamela Frank, Maxime Vengerov, Ilya Gringolts, Itamar Golan… Passer les tours d’élimination, atteindre les finales et remporter, si possible, le Concours Menuhin, compétition itinérante qui a le pouvoir de dégager les voies d’une carrière.

Jeudi soir, la manifestation, qui fait pour la première fois escale en Suisse, a ouvert officiellement ses portes, dans un concert coproduit par l’Orchestre de la Suisse romande. Ce qu’on retient des premières foulées de l’événement? L’ambiance décontractée qui a régné durant la soirée dans la salle, tout d’abord. Traits qu’on a retrouvés dans les mots de bienvenue du directeur artistique du concours Gordon Back, teintés par des zestes d’humour so british et so rafraîchissants. Mais aussi dans le final du concert, avec un bis joué par un orchestre debout. Ou encore dans cette introduction étonnante au Concerto pour violon op.64 de Mendelssohn, mise en scène par le soliste Henning Kraggerud. Micro à la main, le Norvégien a rappelé aux présents que, de son vivant, le compositeur n’avait jamais décidé comment faire jouer les violons et les altos dans les premières mesures de l’«Andante». Sur des pizzicatos ou aux archets? Et que faire aujourd’hui de ce vide? Voter, voilà la solution; laisser donc le choix au public. Un coup d’œil rapide vers les mains levées (on se souviendra longtemps de cette Landsgemeinde musicale) et un rapide conciliabule avec l’excellente cheffe d’orchestre Marin Alsop a permis d’arrêter la décision. Va alors pour les pizzicatos!

Au-delà de ces anecdotes plaisantes, on a retrouvé au Victoria Hall l’esprit d’excellence que prône depuis sa naissance en 1983 le Menuhin Festival et qu’encourageait le grand violoniste qui a donné son nom au rendez-vous. On a retrouvé cette verve auprès de Yesong Sophie Lee, jeune lauréate (16 ans aujourd’hui) de la dernière édition du Concours, en 2016 à Londres. La Havanaise pour violon et orchestre de Camille Saint-Saëns a donné à voir et à écouter sous nos latitudes un talent prodigieux, qui mûrira encore et fera sans doute parler de lui dans un avenir proche.

Menuhin Compétition, jusqu’au 22 avril. Rens. www.menuhincompetition.org (24 heures)

Créé: 13.04.2018, 16h15

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