Napoléon règne encore sur la France

EscapadeExpositions majeures à Arras ou Paris et événements dans la Région Hauts-de-France entretiennent la flamme pour l’illustre empereur.

<b>MYTHIQUE</b> «Le général Bonaparte à Arcole», par Antoine Jean Gros. <br /><br />Bonaparte y est représenté, tout jeune homme, le visage aigu, le regard fier, drapeau et épée à la main, dans une posture de meneur d’hommes au combat. On sait que les choses se sont passées différemment, qu’il fut repoussé du pont, tomba dans la rivière et fut sauvé de la noyade par ses proches. Qu’importe. La toile, très vite reproduite en gravure pour pouvoir être diffusée à grande échelle, répandit dans toute l’Europe l’image du héros indomptable. On la retrouve dans les deux expositions. Explication: Joséphine de Beauharnais, épouse de Bonaparte, fit réaliser deux copies d’atelier pour ses enfants. A Arras, on voit le tableau conservé au Louvre, à Paris la copie appartenant au Musée Napoléon d’Arenenberg, en Thurgovie. La troisième toile est au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

MYTHIQUE «Le général Bonaparte à Arcole», par Antoine Jean Gros.

Bonaparte y est représenté, tout jeune homme, le visage aigu, le regard fier, drapeau et épée à la main, dans une posture de meneur d’hommes au combat. On sait que les choses se sont passées différemment, qu’il fut repoussé du pont, tomba dans la rivière et fut sauvé de la noyade par ses proches. Qu’importe. La toile, très vite reproduite en gravure pour pouvoir être diffusée à grande échelle, répandit dans toute l’Europe l’image du héros indomptable. On la retrouve dans les deux expositions. Explication: Joséphine de Beauharnais, épouse de Bonaparte, fit réaliser deux copies d’atelier pour ses enfants. A Arras, on voit le tableau conservé au Louvre, à Paris la copie appartenant au Musée Napoléon d’Arenenberg, en Thurgovie. La troisième toile est au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Image: RMN-GRAND PALAIS (CHÂTEAU DE VERSAILLES)/GÉRARD BLOT

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Les admirateurs de Napoléon sont légion et ils ont de quoi se réjouir. Grâce à un partenariat de grande ampleur entre le château de Versailles et le Musée des beaux-arts d’Arras, plus de 160 œuvres, peintures (scènes historiques et portraits), sculptures (statues et bustes), ainsi que des meubles et objets d’art, sont présentées jusqu’en novembre à Arras.
Une exposition exceptionnelle à plusieurs titres. Pour la plupart, ces œuvres ont été commandées par le premier consul puis empereur en personne, pour ses résidences officielles entre 1800 et 1815. Ordinairement, elles sont dispersées dans différents espaces de Versailles et difficilement visibles par le grand public.

Conservateur responsable des peintures du XIXe siècle à Versailles et commissaire de cet accrochage baptisé «Napoléon, images de la légende», Frédéric Lacaille se réjouit: «Versailles possède la première collection au monde sur la période de l’Empire, toutes les grandes œuvres de l’époque s’y trouvent, mais seuls les participants à certaines visites guidées peuvent y accéder. Or c’est une collection que nous voudrions mettre en valeur.»

Chef-lieu du Pas-de-Calais à 160 km au nord de Paris (55 minutes en TGV), Arras se réjouit de cette collaboration avec la prestigieuse Versailles. La petite ville de 40 000 habitants ne manque pas de charme avec ses grandes places tout en longueur et ses façades où se dénote l’influence flamande. De la gare, traversée la grande place du Général-Foch et passé derrière son monument aux morts, on gagne en quelques minutes l’impressionnante cour d’honneur de l’abbaye Saint-Vaast (les Arrageois prononcent Saint-Vâ).

L’empereur et le roi

L’ancien monastère bénédictin abrite le Musée des beaux-arts depuis 1825. Comme la cathédrale attenante et comme les 80% de la ville détruits par les bombardements de la Première Guerre mondiale, l’abbaye a été reconstruite à l’identique, en béton.
L’exposition dédiée à Napoléon occupe de vastes espaces au rez et s’y déroule de manière chronologique. C’est à un roi, Louis-Philippe, que l’on doit l’existence de la collection d’œuvres rappelant l’épopée impériale. «Il souhaitait montrer sa légitimité et s’attirer les bonnes grâces des bonapartistes», explique Frédéric Lacaille.

Napoléon Bonaparte avait très tôt compris l’importance des images, à la fois témoignage d’un événement, méditation sur le cours des choses ou alors glorification du héros. Appartenant à cette troisième catégorie, une des premières œuvres exposées à Arras, retenue pour toute la communication autour de l’événement, est à ce titre particulièrement remarquable: «Le général Bonaparte à Arcole». Peinte durant l’hiver 1797-1798, cette toile due au peintre français Antoine Jean Gros, installé en Italie, représente le jeune général au combat d’Arcole, le 15 novembre 1796, et fait le lien entre les expos d’Arras et de Paris (lire ci-contre).

Une autre œuvre parfaitement emblématique de la relation de Bonaparte avec les images de lui-même est accrochée juste à côté: le fameux «Bonaparte, Premier consul, franchissant le Grand-Saint-Bernard, le 20 mai 1800», de Jacques Louis David. On sait que Bonaparte effectua l’ascension du col sur une modeste mule guidée par un paysan valaisan. Mais le modèle demanda à être représenté «calme sur un cheval fougueux» et c’est ce que fit, magistralement, l’artiste. Enveloppé dans une cape rouge, un bras tendu vers le haut de la montagne, le héros dompte son fougueux cheval blanc – en France, la couleur symbolique du commandement.

Au fond, la ressemblance n’a pas d’importance, affirmait Napoléon. Pour lui, ce qui comptait, c’était la façon dont il était représenté. Et c’est ce que démontre, au fil des salles, l’exposition d’Arras. Entre portraits posés, tumulte des batailles, soir au bivouac et scènes de la vie familiale, la geste impériale se déroule. Il n’y a qu’une chose à laquelle «le petit caporal» n’avait pas pensé: la fin. Elle est magistralement représentée grâce à la toile géante d’Eugène Isabey (237,5 x 369,5 cm) baptisée «Transbordement du cercueil de Napoléon Ier à bord de la Belle Poule, le 15 octobre 1840».
Une scène funèbre grandiose, noyée dans des fumées que l’on dirait issues d’un champ de bataille. À la hauteur de la légende napoléonienne, là aussi. (24 heures)

Créé: 13.05.2018, 11h09

Le stratège était aussi chef de guerre et d’État

Pour le général et théoricien militaire prussien Carl von Clausewitz, Napoléon Ier était carrément le «dieu
de la guerre lui-même».
Au Musée de l’Armée, dans le gigantesque hôtel des Invalides, à Paris, l’exposition «Napoléon stratège» explore bien entendu cette dimension guerrière, mais, rappelle la commissaire Émilie Robbe, l’empereur était plus que cela. «Il portait trois casquettes. Il était celui qui mène les hommes à la bataille, toujours au plus près d’eux, avec un charisme qui lui permet de se concilier leur fidélité. Il était celui qui pense la guerre, avec distance et recul, déterminant les orientations stratégiques et distribuant les ordres. Et il était le chef d’État, portant seul la charge de l’empire, fixant les objectifs politiques.»
Son système était fondé sur sa seule force de travail et il s’occupait de tout, y compris des souliers de ses hommes ou du ravitaillement en bois.
Pour ses grognards, il était toujours le «petit caporal», mais il faut rappeler qu’avec son mètre 69, il était de deux centimètres plus grand que le conscrit moyen de l’époque!

L’exposition, magnifique, a pour ambition de nous emmener dans la tête de l’empereur, de nous faire comprendre comment il pensait la guerre, comment il la faisait, la gagnait ou la perdait. Comment il admirait Alexandre, Hannibal, Jules César et Frédéric II, et se plaçait dans leur sillage.
Œuvres d’art, documents et objets permettent de voir comment, dès ses débuts, il veut surprendre, cherche la bataille décisive qui lui permettra d’anéantir la puissance adverse, afin de pouvoir dicter ses conditions pour une paix avantageuse.

On voit aussi comment, enivré par sa propre gloire, il a fatigué son pays par vingt ans de guerre et de morts, humilié des adversaires prêts à tout pour éjecter ce parvenu.

La cour d’honneur de l’Hôtel des Invalides à Paris, où se trouve le Musée de l’armée. Au fond le Dôme, qui abrite le tombeau de Napoléon Ier. (Image: Gilles Simond)

Infos pratiques

Arras, rue Paul-Doumer,
Musée des beaux-arts


«Napoléon, images de légende», jusqu’au di 4 novembre
Lu/me-ve 11 h-18 h, sa-di 10 h-18 h.
versaillesarras.com

En écho à l’expo d’Arras

Vingt-trois musées de la région proposent expositions et animations autour des thématiques Napoléon et Empire. «Napoléon à cheval» à Calais, «Napoléon et la caricature» à Boulogne-sur-Mer, «Le rêve oriental» à Douai, par exemple, conférences, visites guidées, etc., sont au programme. Pour le détail, voir le site Internet de l’expo.

Paris, rue de Grenelle 129,
Musée de l’Armée


«Napoléon stratège»,
jusqu’au di 22 juillet
Tlj 10 h-18 h (ma 21 h)
musee-armee.fr

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