La nouvelle saison de Vidy ne désarme pas

ThéâtreLe directeur, Vincent Baudriller, continue à prendre des risques en mettant l’accent sur les langues, les sons et le jeune public.

Emmanuelle Béart est à l’affiche de «Répétition», l’une des deux pièces de Pascal Rambert à découvrir en octobre.

Emmanuelle Béart est à l’affiche de «Répétition», l’une des deux pièces de Pascal Rambert à découvrir en octobre. Image: Pierre Verdy/AFP

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Dans le foyer du théâtre, la Kantine s’est transformée en Kantina. Une réponse malicieuse du directeur de Vidy à ses détracteurs qui voyaient le diable dans ce signe germanique ou, pis, alémanique, écho d’une servitude vaudoise de fâcheux souvenir. «Ce clin d’œil aux origines de Max Bill (ndlr: architecte du théâtre) a été vécu par certains comme une agression de la langue allemande», se souvenait mardi Vincent Baudriller au moment de dévoiler sa prochaine saison. «Avec la Kantina et son étymologie italienne ou romanche, il n’y a pas d’allégeance à Berne!»

Plus sérieusement, l’anecdote a poussé le programmateur à réfléchir à une spécificité helvétique. «Il y a une particularité suisse dans le rapport aux langues, d’où notre slogan pour la prochaine saison: jouer et penser in italiano, auf deutsch, en français, in english.» Mais le cas particulier rejoint une préoccupation plus générale. «Parmi les questions qui traversent notre époque, il y a le rapport à l’autre, ce qui nous rassemble malgré nos différences, bien souvent religieuses aujourd’hui.»

Prises de risques

Le kaléidoscope des langues ne devrait ainsi pas empêcher les spectateurs de se réunir autour de l’amour du théâtre contemporain et des «prises de risques» revendiquées par un Vincent Baudriller satisfait de sa première saison avec une fréquentation d’environ 75% (56% de places payantes). L’anglais sera l’un des premiers à ouvrir le bal à la rentrée de septembre avec The Encounter de Simon McBurney, metteur en scène peut-être plus connu du grand public en tant qu’acteur (Le dernier roi d’Ecosse, Magic in the Moonlight de Woody Allen et un prochain rôle dans Mission: Impossible 5).

L’italien sera à l’honneur du Vangelo de Pippo Delbono (en janvier); du côté des créateurs transalpins, l’artiste adoré du directeur, Romeo Castellucci, sera de retour en novembre avec Sur le concept du visage du fils de Dieu. L’allemand n’est pas négligé avec le Werther! de Nicolas Stemann, adaptation du fameux roman épistolaire de Goethe, ou encore avec Dark Ages de Milo Rau, réflexion et témoignage autour de la guerre, qui mêle aussi serbe et bosniaque. Et le français permettra de croiser quelques stars comme Emmanuelle Béart et Denis Podalydès dans Répétition de Pascal Rambert.

La danse voit triple

La multiplication des langues sera aussi celle des langages car Vidy continuera à faire une place de choix aux arts chorégraphiques. Anne Teresa De Keersmaeker apparaîtra à trois reprises et dansera même sa pièce Fase, Four Movements to the Music of Steve Reich. Les propositions de La Ribot et d’Alessandro Sciarroni seront triples aussi, dans un souci de permettre une plongée dans certains univers artistiques. «Les formes courtes et l’architecture de Vidy le permettent.»

Pour rythmer ce menu varié, la musique est indispensable dès l’ouverture, exceptionnellement délocalisée au Théâtre du Jorat avec la fanfare d’Alain Platel d’En avant, marche!, mais se donne plus simplement lors du concert d’Olivia Pedroli et se déploie aussi dans Sound of Music de Yan Duyvendak, une comédie musicale, un genre très prisé en temps de crise, les années 1930 l’ont démontré. Les enfants seront aussi les bienvenus à Vidy, que ce soit pour La possible impossible maison de Forced Entertainment, le Gulliver de Karim Bel Kacem ou une version du Joseph de Sciarroni.

Avant tout cela, il reste encore des spectacles en mai et en juin, dont un «moment fort» consacré à la création libanaise avec Lina Saneh et Rabih Mroué, du 11 au 14 juin.

Emmanuelle Béart est à l’affiche de «Répétition», l’une des deux pièces de Pascal Rambert à découvrir en octobre.

Créé: 20.05.2015, 11h16

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Infos

Lausanne, Théâtre de Vidy
Rens.: 021 619 45 45
www.vidy.ch

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