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Avec des novices et de pros, Jérôme Bel fête la danse, l’individu et le plaisir de bouger

Avec «Gala», l’audacieux chorégraphe français propose, jusqu’à vendredi soir sur le grand plateau de Vidy, une célébration collective du mouvement, belle ode à l’imperfection.

«Gala», de Jérôme Bel, mélange une vingtaine de danseurs amateurs et professionnels.
«Gala», de Jérôme Bel, mélange une vingtaine de danseurs amateurs et professionnels.
Josefina Tommasi

Dans Cour d’honneur, en 2013 à Avignon, Jérôme Bel faisait monter des spectateurs sur scène. Il y a deux ans, son Disabled Theater, créé avec les acteurs handicapés mentaux du Théâtre Hora, valait à cette troupe zurichoise un Grand Prix suisse/Anneau Reinhart 2016. Poursuivant sa recherche autour de la représentation des spectacles de danse et son travail avec des «débutants», le célèbre chorégraphe français – qui a longtemps incarné le mouvement de la non-danse – débarque, dès ce soir, à Vidy avec Gala. Cette création évolutive invite, à chacune de ses étapes, des amateurs du cru (de tous âges et origines) à se mélanger à quelques artistes aguerris, pour célébrer la danse «comme culture plutôt que comme art», explique-t-il, «comme médium d’une expression subjective».

Soirée de réjouissance

Spectacle professionnel imaginé comme une soirée de réjouissance avec une succession de numéros (de tableaux, plutôt) et un mélange de compétences, cette pièce se tisse, à chaque fois, autour des énergies des participants. Et explore autant la plasticité et la diversité des corps que les pulsions individuelles liées au mouvement.

Gala a été imaginé au cours d’un atelier d’initiation. La pièce rassemble, en fait, plusieurs moments de longueurs et d’esthétiques différentes et se déroule, au final, comme un hymne à la liberté. En solo puis en groupe. Dans des registres codifiés et savants de l’histoire de la danse (comme le ballet, la valse et même le «moonwalk») ou avec des figures chorégraphiques nourries des envies et des capacités des participants, érudits comme néophytes.

Lien avec la culture populaire

Dans la première partie, les danseurs, sur leur trente et un et animés du plaisir de bouger mais aussi de se montrer, s’exercent à des pas connus. Dans la seconde, ils donnent le ton et le rythme à leurs partenaires. Avec autant de passion que d’hésitations. «Amateur ne veut pas dire seulement «non-professionnel», mais aussi – et il faut que cette dimension reste centrale – «qui aiment», qui apprécient la danse, le spectacle», expliquait Jérôme Bel en dévoilant, l’an dernier, son nouveau projet. «Du coup, dans la mesure où l’objectif n’est pas du tout d’en faire des professionnels, la recherche s’est appuyée sur ce qu’ils [les amateurs] aiment faire.» Et le chorégraphe d’ajouter: «Quelqu’un qui «danse mal», dans ma perspective, ça dit quelque chose: quelque chose de son rapport au corps, de sa culture, de son histoire personnelle.»

Derrière sa simplicité et son lien étroit avec la culture populaire, la danse défendue dans Gala vise-t-elle à encourager une prise de pouvoir du plateau par les amateurs? Le spectacle inscrit-il sa proposition dans la dimension politique (et esthétique) qui traverse une certaine création contemporaine désireuse de se renouveler au contact de la rue? Le prisme social n’est pas au cœur de la démarche de Jérôme Bel: «Mon travail est d’abord artistique et, conséquemment, social et politique. J’ai le sentiment que si Gala peut avoir un sens, il se doit d’être l’occasion d’un rassemblement, non de l’exclusion de qui que ce soit.»

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Lausanne, Théâtre de Vidy Ma 31 janv. et je 2 fév. (19 h), me 1er et ve 3 (20 h). Rés.: 021 619 45 45 www.vidy.ch

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