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Le Palais de Rumine gardera ses musées

Deux ans après son arrivée à la tête du Département de la formation et de la culture, Cesla Amarelle présente les grands axes de la politique culturelle du Canton.

Pour l'exposition «Cosmos» (ici les préparatifs), en 2018, les musées de Rumine avaient collaboré de manière exemplaire.
Pour l'exposition «Cosmos» (ici les préparatifs), en 2018, les musées de Rumine avaient collaboré de manière exemplaire.
FLORIAN CELLA

Le Palais de Rumine gardera ses attributs muséaux. Du moins ceux qu’il lui reste, à savoir: le Musée de zoologie, celui de géologie et surtout celui d’archéologie et d’histoire. Lundi, la conseillère d’État Cesla Amarelle a convié la presse pour un «petit-déjeuner» afin de présenter «les grands axes de la politique culturelle vaudoise». Un petit-déj’ organisé entre les murs du Palais de Rumine, dont la destinée est l’une des clés de voûte de ces lignes directrices cantonales. Cesla Amarelle veut en faire un «Palais des savoirs».

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Lire également l'éditorial: Entre les lignes, une politique culturelle

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Le Musée des beaux-arts a quitté les salles de l’aile nord de Rumine pour s’installer à Plateforme 10. Le projet du pôle muséal à côté de la gare a été pensé et réalisé sans qu’une réponse claire ne soit apportée quant à l’avenir des espaces délaissés à la Riponne. Le Conseil d’État avait deux scénarios sur la table. L’un visait à décentraliser les musées cantonaux, notamment celui d’archéologie et d’histoire, qui aurait pu avoir sa place dans un autre projet de pôle muséal à Avenches. Le second imaginait le redéploiement des musées restants et de la bibliothèque universitaire dans le bâtiment de style «néo-Renaissance florentine».

Pas de décentralisation

Le gouvernement a donc fini par trancher en faveur de la deuxième option. «Le projet d’Avenches sera un musée de site, et le Musée d’archéologie et d’histoire restera ici, à Rumine», indique Nicole Minder, cheffe du Service des affaires culturelles. «Cette idée de Palais des savoirs permet une interaction entre la science et l’art, ce qui n’est pas du tout le cas du Musée cantonal des beaux-arts, note Cesla Amarelle. On revient à cette mission historique de l’académie.»

Le lien avec l’Université de Lausanne a plaidé en faveur du maintien de ces institutions dans la capitale. La ministre tient aussi à en faire un lieu pour le jeune public et les écoles. «La démocratisation de la culture ne peut passer que par l’école», estime-t-elle.

L’an dernier, le Musée de zoologie, celui de géologie ainsi que celui d’archéologie et d’histoire ont démontré leur art de la collaboration avec «Cosmos». Une exposition qui a vu ces institutions mettre leur héritage en commun. Cette synergie est apparemment la voie que veut suivre le Conseil d’État pour ce Palais des savoirs.

Revenir au palais originel

Mais le gouvernement en est encore à l’élaboration du projet, alors qu’il imagine déjà la 3e étape de Plateforme 10, qui doit accueillir les «arts du bâti» à la place de l’actuel poste directeur de la gare de Lausanne. La présentation du programme de rénovation devrait se faire d’ici à la fin de l’année. «Avec mon collègue Pascal Broulis, nous allons voir si l’on peut restaurer le palais comme il était à ses débuts, puisque nous sommes en train de revenir à une vision encyclopédique de Rumine», explique Cesla Amarelle. Le défi énergétique que représente cette construction du début du XXe siècle ne sera pas une mince affaire. Mais l’édifice a l’avantage de beaucoup lui plaire: «Il a une valeur historique extrêmement forte, il est magnifique. Il a des détails incroyables. On va vous faire aimer le Palais de Rumine.»

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«C’est une politique joyeuse et douce»

Douze pages de lignes directrices, onze de dissertation sur la culture «besoin existentiel et dimension politique», un budget s’élevant à 88 millions de francs: le Canton de Vaud répond à ses propres exigences légales.

Cesla Amarelle

Conseillère d’État, cheffe du DFJC

Vous avez pris votre temps depuis votre entrée en fonction il y a deux ans pour parler culture officiellement, pourquoi?

C’était nécessaire dans ce domaine! Il s’agissait de bien observer quelles sont les mouvances, mais aussi de cerner les attentes, et il y en a. Il y a aussi des projets dont certains sont en cours, comme Plateforme 10, et il était nécessaire de bien comprendre les enjeux stratégiques afin de préparer l’avenir, dont celui de Rumine. On est dans une dynamique de l’enchaînement et, surtout, on ne peut pas mener une politique interventionniste dans le domaine culturel, c’est même la pire chose à faire.

En gérant le chantier Plateforme 10, Pascal Broulis a pris beaucoup de place, est-ce aussi une raison qui vous a fait prendre votre temps…

Je pense surtout que j’ai pris le temps qui correspond à celui de la politique culturelle, moins formelle que les autres. Il faut laisser respirer ses acteurs et surtout les artistes afin de pouvoir accompagner leur élan. C’est donc une conduite joyeuse et douce. Être à l’écoute importe à double titre, cela permet d’avancer vers une politique qui a des objectifs clairs, dont la démocratisation de la culture, mais aussi d’entendre leur message de fond. Les artistes sont à l’avant-garde de la séquence historique que nous vivons.

En tant que magistrate, n’est-ce pas frustrant d’arriver en poste après l’élaboration des lois, outils de gouvernance culturelle?

Disons que pour avoir eu pas mal d’activités législatives par le passé, je peux très bien m’en passer. Là, après le grand effort des précédentes législatures pour faire passer ce projet, nous sommes dans la mise en œuvre de Plateforme 10, et c’est absolument passionnant. Puis il y aura le chantier de la transformation de Rumine en Palais des savoirs.

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