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Pierre Gisling ne voulait pas d’un téléspectateur «voyeur»

Homme de télévision, artiste, collectionneur, prof, le Montreusien décédé lundi dans sa 80e année aimait «voir des gens heureux d’avoir reçu».

Pierre Gisling assurait que les beaux-arts l’avaient «libéré d’un poids d’angoisse».
Pierre Gisling assurait que les beaux-arts l’avaient «libéré d’un poids d’angoisse».
EDOUARD CURCHOD

A la télé, Pierre Gisling a parlé très longtemps art et notamment dans L’œil apprivoisé (1973) ou L’imagination au galop (1976); à Montreux, à l’avenue des Alpes, il exposait celui des autres dans son cabinet de curiosités chinées entre l’Afrique et l’Asie. Plus récemment, c’est l’artiste qui accrochait ses belles feuilles à la Galerie Humus à Lausanne, quatre décennies à dessiner du nu sans jamais dévoiler publiquement ce trait de l’intime.

L’art de faire appel aux sens, l’enfant de Moudon l’avait appris aux Beaux-Arts à Lausanne et, en passeur – déjà – Pierre Gisling l’avait enseigné à Vevey et surtout à Lausanne, au Collège de Béthusy où il avait lancé les premiers camps de dessin de Suisse, une expérience initiatique pour nombre d’élèves. Quelques années plus tard, sa «classe» change de taille lorsqu’il entre à la Télévision suisse romande et touche un large public. Il y deviendra même chef du Service art et éducation.

Cherchant toujours à progresser et à améliorer la façon de partager, celui qui avait déjà tenu la caméra pour Les hauts toits sur la cathédrale de Lausanne et obtenu le Prix du meilleur film suisse ne voulait «pas de téléspectateur voyeur». Et c’est en défenseur et propagateur de créativité qu’il expliquait dans une interview vouloir que chacun se sente concerné devant son poste de télé en ayant l’impression «d’assister à quelque chose». Souvent, Pierre Gisling parlait de «fringale». Il l’a eue pour la culture au sens très large, il l’a mise dans ses enthousiasmes et ses envies de donner envie qui ont marqué nombre de jeunes téléspectateurs.

Au vallon de Villard, au-dessus de Montreux, son ami et voisin, l’écrivain et ancien journaliste à 24 heures Jean-Louis Kuffer rend hommage au «passeur de beauté, sensible depuis toujours au cousinage de toutes les civilisations, en homme de culture attentif à la spiritualité de l’art vivant anonyme plus qu’en esthète sèchement spécialiste, ou en spéculateur».

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