Plongée dans un club d’arts martiaux de Marseille

CinémaLe Genevois Nicolas Wadimoff a réalisé «Spartiates», fascinant documentaire sur un entraîneur de la Cité phocéenne.

Nicola Wadimoff a basé son documentaire sur le travail d’un entraîneur d’arts martiaux dans un quartier nord de Marseille

Nicola Wadimoff a basé son documentaire sur le travail d’un entraîneur d’arts martiaux dans un quartier nord de Marseille Image: LAURENT GUIRAUD

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

En janvier, Spartiates a reçu le Prix de Soleure 2015. A l’unanimité. Pas étonnant, lorsqu’on découvre le film. Construit autour du travail d’un entraîneur d’arts martiaux pour les jeunes d’un quartier nord de Marseille, ce documentaire possède une intensité palpable dès ses premières secondes, soit dès l’apparition d’Yvan Sorel, héros central et pivot de ce métrage. Le Genevois Nicolas Wadimoff, son auteur, vit désormais entre Genève et Montréal. Ces derniers jours, il était à Visions du Réel pour y présenter Spartiates. Nous l’avons rapidement croisé pour en parler.

Comment est venue l’idée d’un film sur un tel sujet?

Cela remonte à juin 2013. Durant la tenue de «Marseille, capitale culturelle 2013», la RTS a envoyé différentes personnes pour réaliser des sujets. A ce moment-là, on a appris qu’aucun moyen n’était attribué au quartier nord de Marseille pour ce projet culturel. En parallèle, Couleur 3 m’a proposé de faire un Kino là-bas, un court-métrage tourné en trois jours. Comme je connaissais quelques personnes de ce quartier, par exemple l’un des comédiens de Clandestins ou d’autres personnes qui avaient travaillé sur Mondialito, j’ai repris contact avec elles. Et c’est à ce moment-là qu’on m’a parlé d’Yvan Sorel. Il apparaît dans ce Kino.

Et il vous a donné l’envie de monter un film entier sur lui?

Je ne le formulerais pas comme ça, mais j’ai rapidement senti qu’il y avait une urgence qui a fini par s’affirmer et devenir définitive. A la rentrée 2013, le projet est devenu prioritaire. J’ai vite monté une équipe, on est allé voir Yvan à Liverpool et le film s’est mis en marche. Au départ, Spartiates, c’est à la fois lui, son club et les quartiers nord de Marseille. Yvan a une force magnétique incroyable. Donc à ce moment-là, j’ai pris une décision singulière. Comme je ne savais pas quel film j’allais faire, je me sentais incapable de passer par les fourches Caudines des commissions. J’aurais dû policer un discours et je n’en avais pas du tout envie. L’urgence était trop forte. J’ai mis quelques fonds propres, il y a un peu de fonds de soutien, et Jean Golinelli, qui a fait des photographies formidables, s’est énormément investi dans le film. Il l’a en partie financé et nous avons construit la dramaturgie ensemble.

Avez-vous pu tout filmer et tout garder au montage final?

Oui, mais je m’étais fixé une ligne rouge. Je me refusais à filmer ou montrer des choses dans l’environnement qui auraient pu avoir des conséquences pénales pour certaines personnes.

Avez-vous été facilement accepté?

Oui. D’abord parce qu’il y a une persistance de l’amitié. L’un de mes amis de longue date, que je connais depuis dix-huit ans, était un ami proche d’Yvan. Donc c’est lui qui m’a introduit. En plus, j’ai toujours été proche de Marseille. J’y vais souvent, je suis fan de l’OM. Donc je ne débarquais pas comme un inconnu. Et puis je pense que lorsqu’on réalise un documentaire, on ne doit pas être dans une relation de hiérarchie mais de confiance mutuelle. Cela ne peut fonctionner que comme ça.

La présence de la caméra et d’une équipe, même petite, a-t-elle modifié les réactions de ceux que vous filmiez?

Je ne pense pas. On leur a donné de l’attention sans que cela ne soit forcé. Et puis j’aime les gens, et je me réjouissais d’aller les retrouver. Nous avons commencé par tourner durant deux semaines et nous sommes retournés dix fois là-bas. Cela aurait pu durer des mois mais au bout d’un moment, on avait assez de séquences pour que les enjeux dramaturgiques soient posés.

Le titre, Spartiates, fait penser aux péplums. Mais à quoi fait-il référence?

A comment eux se voient. A cette idée qu’il ne faut jamais rien lâcher. D’ailleurs, ils disent le mot durant le film.

En quoi ce film vous correspond-il, au fond?

Dans l’exploration des marges, des laissés-pour-compte. Les périphéries m’intéressent plus que le centre, à tous les niveaux.

Vous vivez entre Montréal et Genève. Vous avez des projets sur les deux continents?

Exactement. Je prépare un film avec l’Office national du film canadien. A terme, mon envie est de m’installer là-bas. Mais ma société basée à Genève, Akka Films, reste vivante. J’ai juste redimensionné la voilure. Mais en essayant d’avoir de nouveaux contacts avec le continent américain, Spartiates se retrouve sélectionné dans plein de festivals là-bas. On a même trouvé un distributeur américain et le film sortira en Amérique sur les grosses plates-formes de VOD.

«Spartiates» Dès le mercredi 22 avril aux Scala. (24 heures)

Créé: 23.04.2015, 17h50

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.