Au Prix de Lausanne, les récompenses vont par deux

DanseQuatre des lauréats: une Américaine, une Chinoise, un Italien et un Roumain, ont obtenu chacun deux prix lors de la finale de la 48e édition du concours, à l’auditorium Stravinski de Montreux

Le très élégant Marco Masciari, qui remporte à la fois une bourse d’étude et le Prix d’interprétation contemporaine.

Le très élégant Marco Masciari, qui remporte à la fois une bourse d’étude et le Prix d’interprétation contemporaine. Image: Gregory Batardon/DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Pour la quatrième fois de son histoire, le Prix de Lausanne s’est délocalisé. Après New York, Tokyo et Moscou: Montreux! Mais il s’agissait là de pallier la fermeture du Palais de Beaulieu. La fête n’en fut pas moins belle avec 77 concurrents admis, une semaine de travail sous les yeux d’un jury de haut vol présidé par Frédéric Olivieri, directeur du Ballet de LaScala, et un gala final, samedi, à l’Auditorium Stravinski, passionnant de bout en bout. Et illuminé par le Prix à la carrière décerné à l’illustre Carolyn Carlson.

Comme toujours, le palmarès fait des heureux et des déçus. Parmi les très heureux, un Italien de 17 ans et demi, Marco Masciari, qui remporte à la fois une bourse d’études et le Prix d’interprétation contemporaine. Avec lui, c’est l’Académie Princesse Grace de Monaco qui est distinguée, dont un élève, pour la troisième année consécutive, obtient le meilleur classement! Parmi les déçus, la Portugaise Catarina Pires, présentée par la Tanz Academy de Zurich, qui n’obtient que le Prix du public. Elle était fondée à espérer beaucoup mieux.

On le dit chaque année parce que cela se confirme chaque année: ce concours est un modèle du genre. D’abord par la qualité des concurrents de 25nationalités, dont certains doivent leur venue à des présélections réalisées en Asie, en Amérique du Sud et à Lausanne (pour les Européens). Ensuite par l’expérience que représentent quatre jours de travail, quasiment hors compétition, encadrés par des professionnels aussi réputés qu’Élisabeth Platel, directrice de l’École de danse de l’Opéra de Paris, Patrick Armand, directeur de la San Francisco Ballet School, et Nicolas LeRiche, directeur du Ballet royal suédois. Ce n’est que les deux derniers jours que les concurrents entrent vraiment dans le feu de la compétition, avec présentation de leurs variations classique et contemporaine. L’unique Suissesse inscrite cette année ayant dû renoncer, le Prix du meilleur candidat suisse (ou étudiant en Suisse), s’ajoutant à une bourse d’études, est allé au Roumain Matei Holeleu, de l’école du Theater Basel, qui avait choisi une variation contemporaine de Heinz Spoerli, musique du Vaudois Colin Vallon. Coup double pour l’Américaine Ava Arbuckle, tout juste 15ans, qui remporte et le Prix du meilleur jeune talent de la Fondation Noureev et la Bourse Jeune espoir, aussi à l’aise dans «L’éveil de Flore», toute de délicatesse, que dans la variation «Abstract» de Jean-Christophe Maillot, musique de Bruno Mantovani, qui exige présence, rigueur, autorité. Deux Brésiliens issus de la même école ont fait également florès: Vitor Augusto Vaz, 15ans, et João Vitor Santana, 17 ans et demi. Le premier, fulgurant dans son «Harlequinade» où il vole carrément; le second, si sensuel, si plastique et expressif dans le «Chroma» de Wayne McGregor. La Coréenne Chaeyeon Kang aux superbes lignes domine sa «Paquita» avec une grâce souveraine comme son «Abstract» semé de gestes furtifs et carrés. D’Asie encore, deux Chinoises: Lin Zhang, époustouflante dans sa «Giselle» et sa diagonale de ronds de jambe en l’air, ainsi que Yuyan Wang, très lyrique dans «Rossini Cards» de Mauro Bigonzetti qui lui vaut encore le Prix du public web. Cette finale a totalisé 168437 vues sur ARTEConcert, YouTube et Facebook, l’audience cumulée de la semaine étant de 1364748 vues, le double de l’an dernier.

Présenté après l’entracte, «Andante ballabile», musique Tchaïkovski, a été réglé en huit jours par Bigonzetti, en congé de LaScala, le temps du Prix de Lausanne. Il avait pour interprètes 26 jeunes danseurs sélectionnés par treize écoles de danse partenaires. Une merveille d’intelligence, d’inventivité, de musicalité. Mais le moment le plus émouvant peut-être fut la remise par Kathy Bradney, la directrice, du «Life Achievement Award» à Carolyn Carlson. À 77 ans, la magnifique chorégraphe n’a rien perdu de sa superbe. Alliant à la poésie de ses mots celle des gestes, elle s’est lancée dans une improvisation inspirée qui marquera longtemps les rétines.

Créé: 09.02.2020, 18h54

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.