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ReportageLes rafraîchissements du Festival de la Cité

Mercredi, la bise s’est abattue sur le deuxième jour d’une manifestation où l’offre artistique ne réchauffe pas toujours l’ambiance

Marcin de Morsier, Michel Zendali et Yvette Théraulaz dans une pochade réfrigérante du metteur en scène Marielle Pinsard.
Marcin de Morsier, Michel Zendali et Yvette Théraulaz dans une pochade réfrigérante du metteur en scène Marielle Pinsard.
MARIUS AFFOLTER

À l’heure de l’apéro du Festival de la Cité, suivez l’appel du muezzin! Mercredi à la place de la Madeleine, ce n’est pourtant ni l’heure de la prière ni du mezze, mais celle de Cyril Cyril, duo genevois formé par Cyril Yeterian et Cyril Bondi, alliant percussions, voix et banjo. «J’ai des origines libanaises et quelques trucs à régler avec ça», précise le premier pour expliquer ses lancinantes mélopées arabisantes, sous un soleil encore dardant la scène de l’Escapade. Le concert en forme de transe rythmique et d’ondulations vocales est raccord avec la chaleur ambiante.

Pour faire baisser la température, le public privilégie la bière mais la manifestation a tout prévu en cas de canicule et la place du Tunnel permet de se doucher et de se baigner (lire encadré). L’ombre demeure un bon moyen de se rafraîchir. Sous les arbres de la place Saint-Maur, la Compagnie Foule Théâtre promet de plus «Comme la pluie», spectacle jeune public. Las, basée sur la confection en direct d’un grand dessin en forme de fresque, la performance souffre d’un volume sonore trop faible et l’on peine à comprendre les propos du dessinateur qui doit même tancer quelques enfants trop bruyants devant les planches… Dommage.

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Devant le gradin installé sur le pont Bessières, la Cie Synergie profite d’un temps qui se voile un peu mais surtout du très beau panorama qui s’étend devant les spectateurs. La vue urbaine de la vallée du Flon l’emporte en intérêt malheureusement sur «116th Dream», combinaison de guitare et de danse sur un jeu de puzzle fait de mini-carpettes colorées. Le principe est simpliste, la réalisation un peu poussive, mais le panorama sauve la mise. Les approches sensorielles et immersives d’une certaine esthétique contemporaine trouvent parfois leur limite quand leur objet artistique se dissout dans une expérience globale.

Il n’était qu’une fois au gosier

L’heure de la pause, à côté des DJ écolos de Solar Sound System férus de rock vintage, permet de vérifier la mise en avant des vins de la ville de Lausanne dans l’offre des buvettes et un Il n’était qu’une fois, assemblage de Viognier et de Chardonnay, diffuse plaisamment ses vertus gustatives et consolatrices.

Il est temps de repartir sans perdre courage pour un morceau de consistance théâtrale sur l’esplanade du Château St-Maire. Ce sera «Et à part la musique, qu’est-ce que vous faites?», pièce de Marielle Pinsard avec Michel Zendali en animateur TV, meilleur qu’à l’époque où il l’était vraiment puisqu’il peut enfin exercer envers ses convives une méchanceté sans considération, portée à merveille par la rugosité de sa voix.

L’invité, ou plutôt la cible, n’est autre que Mark Morris, star de la chanson et de la musique vaudoise que vous ne connaissez pas car il n’existe que dans cette fiction déguisée en émission où interviennent de très réels collègues via des enregistrements (Sarclo, Blok, Billie Bird, Sandor) ou sur scène, comme c’est le cas d’Yvette Théraulaz qui vient dérouler ses souvenirs sixties.

La bise se lève, l’atmosphère se frigorifie et la pochade de Pinsard – qui abuse une fois de plus d’un humour potache très approximatif – ne fait rien pour réchauffer les spectateurs pris au piège de cette blague qui tire en longueur et dont les défaillances techniques des projections n’étaient pas voulues, contrairement à ce que l’on pensait!

La rédemption congolaise

C’est dans les bourrasques d’un froid inhabituel ces dernières semaines que viendra la rédemption. Sur une place du Château où se dressent les impressionnants gradins de la scène de la Châtelaine – 10 m de haut à vue de nez et l’une des meilleures infrastructures jamais tentées sur ce lieu – démarre la chorégraphie «Monstres/On ne danse pas pour rien» de la Compagnie Baninga, cocktail musclé de percussions et de danse qui travaille l’énergie, l’explosivité.

Le créateur congolais DeLaVallet Bidiefono revient, avec cette pièce spectaculaire, sur la difficulté de créer dans son pays: «Danser au Congo, c’est se battre deux fois», avertit-il. Dans les fumées et les coups de tonnerre, ses danseurs boxent les cieux, s’envolent dans le vent bien réel qui traverse la place et se jouent des étincelles qui fusent sur le plateau. Le spectaculaire s’invite à chaque instant, entre pugnacité démonstrative et effroi de certains tableaux. Une très belle réussite qui fait braver le froid et rend au Château sa place d’honneur de lieu dévolu à la danse dans l’histoire du festival.

Les valeureux bravant une nuit glaçante pouvaient encore trouver un peu de réconfort du côté du jazz un peu tribal d’Ill Considered, adossé à la cathédrale, ou sautiller à l’échauffement au fond du Grand Canyon dans l’ambiance un peu brouillonne mais festive du hip-hop de Dope Saint Jude, mais on se passait de glaçons pour la dernière consommation.

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