Raphaël Mezrahi profite de Morges-sous-Rire pour revenir distiller son non-sens

HumourEntre autres pépites du festival morgien, l’homme des interviews absurdes remonte seul sur scène avec un spectacle très vidéo.

Raphaël Mezrahi est resté un fanatique des images qui bougent. Il en montrera beaucoup à Morges.

Raphaël Mezrahi est resté un fanatique des images qui bougent. Il en montrera beaucoup à Morges. Image: AFP/Mehdi Fedouach

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On l’a connu pour ses deux cents interviews de personnalités où il jouait le journaliste incapable. Après trois one-man-show il y a une vingtaine d’années, Raphaël Mezrahi n’était remonté sur scène que pour des pièces de théâtre. Le voilà qui revient, avec un concept forcément un peu délirant à Morges-sous-Rire. Interview.

Pourquoi revenir en Suisse créer votre nouveau spectacle?

Parce que toute cette histoire est partie de chez vous. Je ne voulais plus faire de spectacle. Mais il y a un an et demi, après que j’ai fait un duo avec Laurent Gerra au Montreux Comedy, on m’a dit «il faut absolument que tu remontes sur scène». J’ai accepté, mais je ne voulais pas faire un spectacle classique: il y a plein de gens qui le font mieux que moi. Ma spécialité, ça reste l’image. Je me suis acheté une régie vidéo portable et j’ai tourné des images qui m’amusent. Sur scène, il y aura donc la moitié en vidéo et l’autre moitié moi seul en scène. Je rentre dans l’écran, j’en ressors…

Quel genre d’images?

J’en profite pour montrer plein de séquences que j’ai proposées aux télévisions mais qui n’ont jamais été diffusées. Mais il n’y a pas que ça. Comme j’organise la Nuit de la déprime avec des copains chanteurs, j’ai aussi des vidéos de Cabrel, d’Eddy Mitchell. C’est très riche.

C’est très différent des one-man-show que vous avez faits?

Ah oui. D’abord parce que j’ai appris le métier, j’ai fait un millier de dates, j’ai grandi, j’ai mûri. Ici, tout ce que je raconte m’est arrivé. Je projette les vidéos pour montrer que c’est vrai.

Les gens ne vous croient pas?

Il m’est arrivé des choses vraiment incroyables. Par exemple avec Ingrid Betancourt: tout part de moi quasiment, pas sa captivité mais tout ce qui s’est passé après, avec Renaud qui a pris sa défense. Je le raconte. C’est véridique, incroyable.

Vous êtes non-sensique, ça vous demande du travail?

Il y a un vrai boulot. J’ai par exemple tout le générique son qui a été fait sur mesure par les musiciens de Johnny Hallyday, le batteur de Goldman, des monstres absolus que je filme. Et il y a beaucoup de gens qui se sont prêtés au jeu de la vidéo. C’est de la haute couture, ça tient sur un fil, rien ne doit arriver par hasard. Il y a plein de spectacles où brusquement des vedettes arrivent, mais elles arrivent juste pour que l’artiste montre qu’il les connaît. Moi, tout est lié, construit, tout a un rapport… ou non. A la fin, comme j’ai un partenaire en Champagne, j’offre le champagne à tous les spectateurs pendant trois ans, mais vous n’avez pas besoin de le dire.

Les gens vous croient-ils encore sur parole ou se méfient-ils, comme moi maintenant?

Je ne mens jamais, sauf quand je suis payé.

Et là, vous êtes payé?

Quand je suis en spectacle, oui, enfin j’espère (rires). En Suisse, en général, je suis payé. C’est un pays que j’aime bien. Je suis tombé amoureux de l’endroit où j’ai joué l’an dernier un truc un peu improvisé (ndlr: Nax, VS). J’ai promis que j’y retournerais, mais je n’ai pas encore eu le temps.

Après Morges, votre spectacle va tourner?

Oui, il y a déjà une dizaine de dates prévues. Puis, sans doute, une période au Grand Point-Virgule, à Paris, en janvier. Il faut que je gagne un peu d’argent, parce que ça m’a coûté un bras, cette histoire.

A part Arnaud Tsamere que vous produisez, qu’est-ce qui vous fait rire aujourd’hui?

Rien ni personne. L’humour, je m’en fous. En fait, j’aime les animaux et la musique. Et les femmes évidemment. Autrement, je ne rigole pas trop. Dans ma «famille», il y a Jean-François Derec, Olivier de Benoist, Laurent Baffie et d’autres. Ils sont dans mon spectacle, il y a d’ailleurs un nombre incroyable d’humoristes au mètre carré… mais en vidéo.

Le fait qu’on vous identifie toujours à vos interviews pièges, c’est agaçant?

Non, je suis habitué. Il y en a qui sont connus avec rien, alors c’est agréable d’être connu au moins avec ça.

Vous n’arrêtez pas de lancer de nouveaux projets, pourquoi?

Je m’ennuie très vite. Là, je viens de faire la première BD sans dessin. Ça marche très bien. Eddy Mitchell vient de me la renvoyer complètement dessinée, les 150 pages. J’hésite à l’éditer.

Et ensuite?

On projette des émissions avec le groupe Canal. J’y ai été interdit pendant vingt ans, mais la roue tourne. Et je fais un film à sketch avec Lelouch cet été. (24 heures)

Créé: 06.06.2016, 09h18

Riche programme

Lu 13 Stéphane Plaza (complet), Nathanaël Rochat (c), Meury-Quartenoud (c).

Ma 14
Elie Semoun, Jérémy Ferrari (c), Issa Doumbia (c), Thierry Meury, Michaël Hirsch, Eric Lampaert.

Me 15 Mars et Venus 2, Jean-Marie Bigard, Axelle Laffont, Raphaël Mezrahi, Aurélia Decker, Elodie Poux.

Je 16 Jean-Luc Lemoine, Brigitte Rosset, Garnier et Sentou, Sophie Aram, Concours Scène ouverte (c).

Ve 17 Christelle Chollet, Stéphane Guillon, Norbert, Impro Lab, Monsieur Fraize, Plateau Point-Virgule.

Sa 18
Inglorious Comedy Club, Airnadette, Tonton Pierrick, Thomas Wiesel & friends, Marina Rollman, Aymeric Lompret.

Morges, Beausobre

Rés. 021 804 97 16.

www.morges-sous-rire.ch

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