Recrosio veut flatter la crème du stand-up

LausanneA l’ABC, l’humoriste orchestrera les Crash Test Mondays, rendez-vous mensuel renouant avec les fondamentaux

Frédéric Recrosio ne boude pas son plaisir de compter sur un menu 5 étoiles pour la première de «sa» soirée stand-up.

Frédéric Recrosio ne boude pas son plaisir de compter sur un menu 5 étoiles pour la première de «sa» soirée stand-up. Image: ODILE MEYLAN

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C’est une simple scène d’un mètre sur deux qui devrait faire à Lausanne un fracas de tous les diables. Frédéric Recrosio y croit, en tout cas. L’humoriste romand s’active depuis le début de l’année à la création d’une soirée mensuelle, un pur vrai gros moment de stand-up «crème de la crème», loin des scènes ouvertes où n’importe quel Kevin débarque mains dans les poches pour raconter la vie de son voisin de palier raciste. L’affaire se nommera Crash Test Mondays. La première se tiendra lundi 25 septembre au Bar Club ABC, sous le Grand-Pont de Lausanne, en deux rounds (19 h et 21 h), avec cinq participants pas trop inconnus: Thomas Wiesel, Marina Rollman, Nathanaël Rochat, Recrosio himself et Yann Marguet, pour la première fois sur scène.

«On veut le meilleur, le genre d’affiche dont rêverait le Montreux Comedy Club, avec des comédiens expérimentant leurs prochains spectacles et des trucs totalement inédits et osés, s’enthousiasme le grand Valaisan chauve. Ces soirées seront vraiment un lieu de test, une manière de roder les prochains spectacles dans l’ambiance du stand-up à l’américaine: une petite scène et quelques tables, c’est tout.» Septante personnes par séance pourront se serrer dans le club au-dessus du D!. Thomas Lécuyer a reçu pour mandat de développer les débuts de soirées de cet appendice original. «Outre le rendez-vous mensuel Crash Test Mondays dont s’occupe Recrosio, nous allons proposer des soirées DJ funk et soul, des revivals années 80, des shows burlesques», détaille l’ancien gérant du Lido, qui y organisait ce genre de festivités (dont le stand-up) avant sa fermeture, et travaille désormais comme directeur artistique du CPO. «C’est un théâtre qui propose des spectacles. L’ABC sera une zone de test. Je n’y vois pas de concurrence mais de la complémentarité.»

Après avoir essaimé dans tous les recoins de la vie nocturne, le stand-up, par définition ouvert à tous, serait-il en repli vers un certain élitisme? Frédéric Recrosio dodeline du chef. Le mot l’agace, mais il ne refuse pas de revendiquer de la qualité dans un exercice offert à la logorrhée pas toujours marrante des youtubeurs et autres candidats des plateaux télé. «Internet est trop souvent un torrent de médiocrité. On va faire du stand-up comme dans une logique de télé-réalité, pour «tenter sa chance». Nous voulons vraiment proposer un plateau de passionnés au meilleur de leur art, prêts à essayer des trucs en public.»

«Casser le contexte»

Et Recrosio? Vétéran de cette première fournée, il tâte du stand-up comme il expérimenta il y a quelques années une parenthèse de chanteur. Le comédien de 42 ans le reconnaît: venu à la scène au milieu des années 90, il a tout de suite dirigé son humour vers le one-man-show traditionnel, faute de lieux idoines. «Il n’y avait alors pas de caves ou de petits bars à stand-up – on ne parlait d’ailleurs même pas de stand-up. Il fallait donc jouer dans des théâtres et proposer des spectacles liés à leurs formats traditionnels. J’y ai acquis une précision qui peut aussi se révéler crispante à la longue: j’ai envie de casser un peu le contexte.» Le 25 septembre, il se frottera donc à ses cadets surentraînés, assurant surtout la présentation de la soirée. S’il jure que la confraternité règne entre les cadors du genre, il n’est pas interdit d’espérer qu’un brin de saine compétition muscle les ébats.

Lausanne, ABC Lu 25 septembre (19 et 21 h) Billets uniquement sur place dès 18 h www.barclub-abc.ch


«Ce sera peut-être la fin de tout»

Chroniqueur vedette sur Couleur 3 avec ses «Orties», Yann Marguet fera sa première scène à l’ABC, le lundi 25 septembre.

Quel sentiment, deux semaines avant votre premier public?
Ben je me fais dessus. Mais bon, c’est un truc qui m’appelle. Je ne sais pas si ça me plaira, mais je me dis que je dois essayer. Je serai entouré de potes, Thomas Wiesel, Frédéric Recrosio, etc. Si le public me jette, ils me consoleront.

Au contraire, vous risquez de créer l’événement avec votre dépucelage scénique…
Ce qui me rassure, c’est que la possibilité que ce soit nul est annoncée dans le concept de la soirée: Crash Test. Ce sera peut-être la fin de tout, après un bide monumental.

Si ce n’est pas le cas, y aura-t-il un vrai spectacle à terme?
J’espère. La thématique est encore floue. J’aimerais faire quelque chose autour de l’humour et de la façon dont il est reçu.

Le cadre intime du stand-up est-il une aide?
Il n’y a pas de bon et de mauvais endroit, un gag peut marcher à l’Arena et faire flop à table. Mais mes meilleurs souvenirs de stand-up restent dans des clubs dédiés, comme au Comedy Cellar de New York, dans un cadre dépouillé.

(24 heures)

Créé: 11.09.2017, 08h12

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