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La reine de la pop se raconte en «Madame X» tout terrain

Dans son nouvel album, Madonna propose des variations sur les thèmes de société tels que la religion, la sexualité et le genre.

La pochette du nouvel album de Madonna, "Madame X".
La pochette du nouvel album de Madonna, "Madame X".
DR

En matière de traitement des habitudes de la société occidentale, sexe, amour, religion, divertissement, en matière publicitaire aussi, Madonna, 61 ans cette année, dont près de 40 ans de carrière, a tout essayé. Que peut-elle encore tenter pour se distinguer? «Madame X», 14e album de la «reine de la pop», aujourd’hui débordée de tous les côtés par une kyrielle de jeunes artistes, tâche de valider son royal statut.

Pour embrasser au plus large les imaginaires de tout un chacun, pour flatter les oreilles des plus grandes foules, Madonna opte pour un thème gigogne et la musique qui va avec. Les idées, d’abord. Cette «Madame X» constitue le dernier avatar en date de la chanteuse, concept présenté comme tel. Madonna «X» sera tour à tour espionne, danseuse, femme de ménage, mère, enfant, nonne ou putain. Des antagonismes stéréotypés en diable.

Lorsqu’on découvre pour la première fois les singles préfigurant l’album, paru le 14 juin, ce sont les vidéoclips qui font office de référence. Assez décevants, d’ailleurs. Car alambiqués, souvent prétentieux et d’un goût incertain, voire dépassé. Sur la chanson «Medellín», Madonna débarque dans la ville colombienne pour un pas de danse avec la star nationale, le chanteur Maluma. Madonna porte un bandeau sur l’œil gauche. À 3’ 02”, elle lèche le gros orteil de Maluma; à 3’ 09”, c’est le fouet sur la croupe. Léger, pour celle qui nous avait habitués à des audaces faisant office de références. Voilà pour la romance. Quant à la religion, le patriarcat dominateur a droit à «Dark Ballet»: on brûle un Black trans sur le bûcher, des encapuchonnés font le cercle autour d’une femme. L’argument reste recevable, son traitement, en revanche, est éculé.

Musicalement, à présent. On oublie les clips, on écoute l’album uniquement. Avec le producteur français Mirwais pour principal collaborateur, le résultat s’avère convaincant. Reggaeton, rocksteady, dub, house, disco, des tambours de batucada, des chœurs gospel, des cuivres cubains, du fado… anglais, espagnol, portugais, monde caraïbe et musiques latines, «Madame X» brasse un tombereau de références. Son «Medellín» a du refrain solide, son «Batuka» invite à la transe. Mais son «God Control» (Dieu, encore) sonne comme n’importe quel tube actuel. «Dark Ballet», la ballade initiale, assez prenante, finit dans une citation grotesque du «Casse-Noisette» de Tchaïkovski.

Parlons paroles, enfin. Les thèmes cités plus haut servent une écriture intrigante. Confessions, disions-nous. Voilà le mode principal dont use Madonna. C’est bien elle, et non son énième avatar, qui raconte ses choix de vie, sa place de femme ici-bas, les libertés qu’elle défend, ses fantasmes également. «Medellín» débute ainsi: «J’ai pris une pilule et j’ai rêvé que je retrouvais mes 17 ans…»

«Madame X» Madonna (Maverick/Live Nation)

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