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Renaud à Paléo: «Ma voix est pourrie, si, si.»

Mal en point, mal en voix, il était là, samedi entre deux averses, entre deux émotions. Triste Renaud, qui donne envie de pleurer

Renaud, samedi 22 juillet à Paléo, visage fermé, l'air hagard, mais Renaud quand même.
Renaud, samedi 22 juillet à Paléo, visage fermé, l'air hagard, mais Renaud quand même.
Pierre Albouy

Aux premiers accords de la guitare, aux premiers cris de la foule, le poil s'hérisse à nouveau. Peau de poulet. Souvenirs tenaces. Renaud s'amène, «toujours debout», la voix cramée, le corps tremblant. Renaud, encore une fois, pour défendre sa trogne, sa rogne, sa légende.

Il a le cuir aux jambes - c'est un rocker -, le visage fermé - c'est un damné. Renaud, mon pauvre, t'es mal en point. «Mais je donne tout ce que j'ai! Et je n'ai pas grand chose...» Et alors? Alors, tu es touchant, Renaud. En kamikaze des festivals, tu viens te torcher sur le ring une fois de plus. Pathétique Renaud. Mais quelle est ton intention?

Sont-ce des sous dont il a besoin? Seraient-ce de mauvais contrats signés jadis? L'envie de monter sur scène, encore? Rien n'est sûr. Lui non plus. Vacillant, diminué, souffrant. Une heure et demie de concert à tenir. Mais ça ira. Le répertoire est énorme. Qui d'autre pour toucher autant de monde, autant de gens qui chantent par cœur l'entier du chansonnier? En cloque, Marche à l'ombre, Dans mon HLM, Morts les enfants, Manhattan-Kaboul, Gérard Lambert... On ne fait plus la liste, elle est indiscutable. Et ça met en joie, ça donne envie de rire et de participer lorsque, en se retournant pour regarder toutes ces têtes qui chantent ensemble, vous captez le sourire d'une foule immense. Leurs yeux pétillent, vous avez remarqué.

Une vie en cul-de-sac

Une chose, quand même. A l'avantage de Paléo. En salle, à l'Arena en janvier, Renaud faisait vraiment de la peine. Samedi, sur la grande scène, ça passe déjà mieux. Un peu mieux... La voix se perd sous les nuages, on ne l'entend plus trop. Grâce soit rendue à l'orchestre, qui tient la baraque, lançant violon, trompette, batterie, guitare et chœurs pour combler les vides, arranger les points morts, relever les poids, gommer les dérives...

Pas de «rhinopharyngite» cette fois. Renaud préfère confesser tout de suite, sans plus d'humour: «Ma voix est pourrie, si, si.» Renaud qui cause, Renaud qui s'assied, Renaud qui n'en peu plus. Ça me donne envie de pleurer. Triste histoire, comme les chansons glauques de sa fabuleuse discographie, qui sont les plus belles parce qu'elles sont réelles, terribles et parlent du côté moche de la vie. La tègne, Les charognards, Baston, ce que Renaud n'a pas chanté ce soir-là, ces contes cruels où les hommes mal nés, malappris, mal entendus, se débattent dans leurs existences en cul-de-sac... Renaud, aujourd'hui, ça ressemble à cela. Une impasse, dans laquelle ce gars tatoué, ce pochtron malade de vivre, tente encore de respirer.

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