Rencontre avec Denis Podalydès à Vidy

ThéâtreL’acteur joue en ce moment dans «Répétition», pièce féroce de Pascal Rambert.

Denis Podalydès à Vidy devant le décor de «Répétition», pièce de Pascal Rambert aux quatre monologues croisés pour des déchirements intimes et politiques.

Denis Podalydès à Vidy devant le décor de «Répétition», pièce de Pascal Rambert aux quatre monologues croisés pour des déchirements intimes et politiques. Image: PHILIPPE MAEDER

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Il préfère évoquer sa carrière d’acteur aussi à l’aise devant l’objectif de cinéastes que devant le public de la Comédie-Française sur la terrasse de Vidy afin de pouvoir en griller une. A l’affiche de Répétition de Pascal Rambert, avec Stanislas Nordey, Audrey Bonnet et Emmanuelle Béart – beau quatuor moral, sexuel, intellectuel et politique –, Denis Podalydès se réclame d’une «curiosité extrême» et d’une grande «faculté d’adaptation» pour expliquer son éclectisme galopant qui passe aussi par l’écriture, les lectures et la mise en scène.

«Toutes ces activités relèvent d’une même pratique. Déjà enfants, avec mon frère, nous montions des petites pièces de marionnettes, ou non, et nous ne distinguions pas.» Entre haute culture et divertissement, celui qui aime «porter des masques» ne joue pas les pudibonds, même s’il admet avoir accepté des propositions par le passé «par peur du chômage, de passer inaperçu». «Je ferais mienne la déclaration de Resnais: soit c’est vivant, soit c’est mort. Je ne vais pas fustiger un scénario de cinéma parce qu’il ne serait pas digne d’un sociétaire de la Comédie-Française!»

Amour de la voix

Celui qui a publié un livre en forme de déclaration d’amour à la voix l’estime aussi bien servie au cinéma qu’au théâtre. «Dans un film, elle fait corps avec le médium, au même titre que le son et l’image. Au théâtre, elle se détache davantage, trouve une forme de célébration et même d’exaltation dans les grandes salles.» Parmi ses fascinations, il y a aussi une autre scène, la tauromachie. «Même si la peur est parfois très grande au théâtre, on n’y risque pas sa vie – la vie d’une bête ou d’un homme n’est pas en jeu. L’arène est pour moi une sorte de théâtre sacré, un réservoir à fantasmes et à métaphores, mais qui tombent toutes quand l’animal déboule.»

S’il y a des parallèles à faire entre la tauromachie et Répétition, cette passion ne doit pas trouver beaucoup d’assentiment chez ses amis de gauche. L’acteur de 52 ans ne regrette pas son engagement, que ce soit pour Royal ou Hollande. Serait-il un Fabrice Luchini de gauche? «Je ne crois pas, il est si singulier.» Dans la foulée, il se déclare «histrion, un peu cabot, mais cherchant une dimension littéraire». On dirait du Luchini, il est prêt à l’admettre!

Créé: 08.10.2015, 21h37

La pièce

Lausanne, Théâtre de Vidy
Du ma 6 au ve 9 octobre
Rens.: 021 619 45 45
www.vidy.ch

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