À Renens, Festimixx mélange les genres

FestivalLa manifestation multiculturelle débute vendredi avec Touré Kunda en tête d’affiche. Tour d’horizon

Les frères Touré, Ismaïla (à g.) et Tidiane Sixu, fêtent 40 ans de musique africaine portée par la sono mondiale.

Les frères Touré, Ismaïla (à g.) et Tidiane Sixu, fêtent 40 ans de musique africaine portée par la sono mondiale. Image: Audran Sarzier

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Deux jours de festival. Seize concerts. Des dizaines d’artistes confirmés de Suisse et du monde entier. Le petit Festimixx a tout d’un grand. À cela près qu’il est entièrement gratuit! Entre world music, hip-hop, reggae, folk, pop et folklore, la programmation de cette 7e édition reste fidèle aux précédentes par son désir de rassembler et de mélanger les gens et les genres. «L’histoire du festival a démarré à la fin des années 90, précise Élisabeth Senff, chargée de communication à Festimixx. Renens était alors une des villes les plus multiculturelles de Suisse, la Municipalité a voulu valoriser cette particularité en mettant sur pied une grande fête, avec pour objectif de mieux vivre ensemble.»

Au fil du temps, cependant, cette fête avant tout interculturelle s’est progressivement transformée en un véritable festival. «Les gens viennent de loin pour écouter les concerts. Mais l’âme et la raison d’être du festival sont toujours là. Renens compte plus de 120 nationalités et ses habitants ont à cœur de fêter l’atmosphère particulière qui y règne.» La société civile participe activement à Festimixx, qui intègre professionnels et amateurs de la région, tout en restant la plus ouverte possible sur le monde.

Festival des cultures

L’état d’esprit qui se veut cosmopolite est donc aujourd’hui encore bien présent. La programmation parle d’ailleurs d’elle-même. Même si les artistes suisses sont à l’honneur cette année, avec notamment le duo pop Aliose, la rappeuse KT Gorique ou Billie Bird et son folk nocturne, musiciens et chanteurs du Portugal et d’Angola (Throes + The Shine), du Brésil (Flavia Coelho), d’Italie (Brinca) ou encore de Serbie avec le Marko Markovic Brass Band se succéderont sur scène durant deux jours. Sans oublier le très attendu groupe sénégalais Touré Kunda (lire ci-contre), pionnier de la world music.


Renens, terrain de Verdeaux Ve 15 juin (dès 18 h) et sa 16 juin (dès 15 h) www.festimixx.ch (24 heures)

Créé: 12.06.2018, 09h24

Le retour des pionniers Touré Kunda

Têtes d’affiche de cette 7e édition, les rois de la pop africaine, le mythique groupe africain Touré Kunda, reviennent sur scène après dix ans d’absence. Pionniers de la world music à la fin des années 70, les deux frères sénégalais, accompagnés d’une danseuse, de chanteurs et de musiciens, se produiront à Festimixx le 16 juin à 23 heures. De quoi fêter leurs 40 ans de carrière à Renens et la sortie de leur dernier album, «Lambi Golo», un brassage de styles entre rock, funk et mbalax.

Une musique festive et entraînante, également porteuse d’un message humaniste qui leur tient à cœur depuis le début de leur carrière, en 1977, comme le dit Ismaïla Touré, un des deux frères du groupe: «Nous parlons d’amour et de partage, mais surtout de paix. La paix pour notre région, la Casamance, au sud du Sénégal.»

Après un succès planétaire – treize albums, dont trois disques d’or –, Ismaïla Touré explique à quel point ils avaient besoin de se retirer, il y a une décennie. «Le monde de la musique est très spécial. À un moment donné, nous devions nous arrêter, pour mieux comprendre comment ça fonctionne. Nous voulions nous reposer et retrouver de la profondeur. Cette pause nous a permis de faire des recherches artistiques et des voyages. On revient avec la besace pleine d’idées musicales, des nouveautés artistiques, plus d’originalité et de l’apprentissage.»

Influencé par des musiciens de renom qui interviennent dans quelques chansons, Carlos Santana ou Manu Dibango notamment, leur dernier album mélange les dialectes, les instruments et les styles. Un retour aux sources et une volonté certaine de retrouver une belle authenticité. «Ceux qui nous connaissaient vont retrouver ce qu’on faisait avant, mais en mieux!»

Une création originale pour parler d’amour

Penser une pièce et la composer d’un bout à l’autre. Tel est le défi lancé à chaque édition de Festimixx à un artiste de la région. Cette année, c’est Jacques Beaud, bassiste et chanteur lausannois, qui est l’heureux élu. Avec sa création originale «La légende d’Abi, une histoire d’amour», le compositeur, en collaboration avec l’auteure et comédienne Stéphanie Kohler, a choisi de raconter et de revisiter un fait marquant de notre pays. «Mon idée était de parler du canton de Vaud et du Major Davel. Sur cette base, j’ai ensuite imaginé une histoire qui parlait d’amour et de respect. Ça paraît bateau, mais finalement c’est essentiel. Il faut le dire. Parfois on a peur, je pense que c’est une erreur. Et ce sont des valeurs qu’il faut transmettre à nos enfants.»

Sous forme d’un mini-oratorio, la musique qui accompagne le récit mélange les genres entre pop, jazz et classique. Un éclectisme qui se retrouve également parmi les interprètes. Entre les chanteurs professionnels, un trio de jazz, une fanfare (l’harmonie La Clé d’Argent) et un chœur mixte d’amateurs (Opus 2010), tous viennent d’horizons foncièrement différents. «C’est tout ce que j’aime: mettre des personnes improbables ensemble.»

À découvrir le 15 juin à 19 heures.

Petit mix pour tous

Cette année, le hip-hop est à l’honneur au Festimixx, avec la jeune rappeuse valaisanne KT Gorique le 15 juin (22 h). Un phénomène du rap suisse qui électrise par son énergie sans limites, sa rapidité et son verbe acéré. Le 16 juin à 19 h, place au collectif Bern ist überall et son spoken word. Un concert au plurilinguisme surprenant durant lequel auteurs et musiciens du Kosovo et de Suisse se passent le mot, en différentes langues sur fond de musique. Enfin, dans la nuit de samedi à dimanche, à 1 heure du matin, l’incroyable et légendaire Marko Markovic Brass Band, ensemble de cuivres venu tout droit des Balkans et connu pour ses compositions pour les films d’Emir Kusturica, viendra clore le festival en beauté avec ses airs de folklore gitan.

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