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La Roumanie s’ouvre à ses anciens souverains

Danielle Maillefer a suivi de près le retour au pays d’une dynastie exilée.

Le roi Michel de Roumanie et Danielle Maillefer, auteur de «Passion roumaine, une famille royale dans la tourmente».
Le roi Michel de Roumanie et Danielle Maillefer, auteur de «Passion roumaine, une famille royale dans la tourmente».
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Au début de l’été, lors d’une conférence de presse organisée par les Éditions Slatkine et Cabédita, une dame de belle prestance se lève pour parler de son livre à paraître début novembre. C’est Danielle Maillefer, ancienne porte-parole de la police genevoise, naguère cheffe d’information à la Ville de Genève, avant d’être missionnée par les Nations Unies dans des pays en guerre.

Cette Vaudoise de Genève est une amie de la famille royale de Roumanie depuis l’époque où l’ex-roi Michel vivait à Versoix. L’ancien chef d’État s’était installé en Suisse dans les années 50. Il est décédé le 5 décembre dernier à Aubonne, après avoir pu retourner à plusieurs reprises dans son pays depuis la chute du président Ceaucescu.

C’est l’histoire des retours en Roumanie du roi, de la reine Anne et de leurs filles, voyages auxquels Danielle Maillefer a participé, que raconte celle-ci dans son livre «Passion roumaine, une famille royale dans la tourmente». Un ouvrage dont une première version a paru en 2017 en roumain, celle en français n’étant pas tout à fait la même, car l’ancien souverain s’est éteint entre-temps.

Comment avez-vous connu la famille royale de Roumanie?

J’ai fréquenté très jeune le Centre de rencontres internationales de Caux, au-dessus de Montreux, en même temps qu’un couple britannique très glamour, composé du champion de tennis Bunny Austin et de l’actrice de cinéma Phyllis Konstam. Ils connaissaient Michel et Anne de Roumanie, eux aussi adeptes du Réarmement moral. Ils m’ont présentée à eux en 1965. Notre intérêt commun pour les idéaux de ce qui est aujourd’hui la fondation Initiatives et Changement Suisse nous a rapprochés.

Quel est votre premier souvenir de la révolution roumaine?

L’appel téléphonique de la reine Anne, dans la nuit du 20 au 21 décembre 1989, pour me demander de rejoindre sa famille le plus vite possible à Versoix. La révolution avait éclaté à Bucarest. Deux mois plus tôt, j’avais accepté d’aider la fille aînée du couple royal, la princesse Margareta, au cas où mon expérience des relations publiques s’avérerait utile. Le moment était venu cette nuit-là.

En quoi votre aide a-t-elle consisté?

La princesse m’a demandé d’organiser la partie opérationnelle de son premier voyage en Roumanie, en janvier 1990 avec sa sœur Sophie. Michel Amiguet, ancien délégué général du CICR, a accepté de nous accompagner. Quand nous sommes arrivés à Bucarest, le souffle de l’adrénaline révolutionnaire imprégnait l’ambiance. Mon expérience au service de la police genevoise m’a servie à rester toujours vigilante. Et la référence policière en imposait aux personnes rencontrées. Les deux princesses visitèrent pour la première fois le pays de leur père.

Quand le roi Michel est-il rentré à son tour en Roumanie?

À Pâques 1990, ses filles Hélène et Sophie, l’avocat genevois Michaël Flaks et moi attendions le roi et la reine à Bucarest quand le gouvernement roumain leur retira leurs visas, alors qu’ils s’apprêtaient à monter dans l’avion à Zurich. Ce fut la première de plusieurs tentatives. L’été qui suivit, la Fondation Princesse Margareta de Roumanie fut créée, afin de permettre à la famille royale d’aider son pays. La princesse Margareta en est la présidente et j’en fus la première secrétaire générale.

Avez-vous assisté au retour du roi?

J’étais là quand il remit pour la première fois le pied sur le sol roumain, à Noël 1990, mais il dut repartir presque aussitôt. Ce fut poignant. Il revint en 1992. L’accueil des Roumains fut si chaleureux que le gouvernement prit peur. Ce n’est qu’en 1997 que le président Iliescu lui a rendu sa citoyenneté roumaine, cinquante ans après sa déposition par les communistes et son départ en exil.

«Passion roumaine, une famille royale dans la tourmente», par Danielle Maillefer. Éditions Cabédita, 160 pages.

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