Rudra s’envole à Servion

ScènesL’école chère à Béjart monte une pièce d’Aristophane dans un spectacle total mêlant danse et chants

En pleine répétition des «Oiseaux», les élèves de Rudra doivent maîtriser aussi bien leur danse que leur voix.

En pleine répétition des «Oiseaux», les élèves de Rudra doivent maîtriser aussi bien leur danse que leur voix. Image: Odile Meylan

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A l’heure de l’échauffement sur la scène du Théâtre Barnabé, à Servion, certains élèves de l’Ecole Rudra Béjart en profitent pour consulter leur portable. Normal, la quarantaine d’artistes qui ont investi le bâtiment en bois ont de 16 à 19 ans, et suivent 60 heures de cours par semaine dans l’école créée par le célèbre chorégraphe. Cela ne laisse pas beaucoup de temps pour les loisirs et les copains. «Cela fait des mois qu’on prépare ce spectacle» donné vendredi et dimanche, explique le directeur, Michel Gascard. L’ancien danseur a choisi la pièce qui sera donnée, mais ce sont bien ses protégés qui ont imaginé la chorégraphie.

Les oiseaux , écrits par le Grec Aristophane au IVe siècle av. J.-C., «est un texte d’une telle actualité, d’une telle modernité, s’enthousiasme Michel Gascard. Il parle de la quête de l’être humain, de l’utopie, il demande de quoi nous sommes prêts à nous séparer pour réaliser notre rêve, même inaccessible.» Le texte raconte l’histoire de deux Athéniens qui persuadent les oiseaux de Térée de fonder une cité dans les airs où seraient exclus les orateurs et les intrigants.

Spectacle total

«C’est aussi ce que nous faisons à Rudra, sourit le directeur, ouvrir le champ des possibles à ces jeunes qui essaient de se construire, de se réparer, de suivre leur utopie. On essaie aussi de se rebeller contre le dogme des dieux.» L’œuvre d’Aristophane est ici un spectacle total, puisqu’il s’agit d’interpréter le poème symphonique Ornithes composé par Mános Hadjidákis en 1962 sur le texte du dramaturge.

Les jeunes, de seize nationalités, ont donc dû travailler pour jouer la comédie sur les parties parlées, et prononcer le grec avant de le chanter sur les airs du compositeur. Ils ont également créé la chorégraphie qu’ils interprètent sur scène, aidés évidemment par les professeurs de Rudra: «Il faut arrêter de cloisonner les disciplines. Ces jeunes vont partir un jour de chez nous, et on leur demandera alors d’être polyvalents. Nous essayons donc de développer chez eux toutes leurs capacités. Mais nous ne sommes là que pour les guider, pour accompagner leur passion qui leur a fait dire un jour: je ne veux faire que cela.»

C’est tout un travail que d’apprendre à danser et à chanter en même temps, mais cela ne représente pas une difficulté insurmontable, selon Michel Gascard, «puisque l’organisation du diaphragme et du souffle est construite dans le même système du corps humain».

Une longue préparation

Les oiseaux présentés à Servion sont donc l’aboutissement de longs mois de travail. Sur scène, les jeunes artistes ne portent pas de costumes, puisque les oiseaux qui veulent s’envoler doivent se dépouiller du superflu, des attributs, comme ces jeunes élèves qui veulent se dévoiler pour arriver à quelque chose. Sur scène, la répétition avance, pendant que Michel Gascard corrige l’une ou l’autre position, que la professeur de chant Svetlana Bally-Andreeva pousse à la justesse du chœur. «Il a fallu également reconstruire la partition pour 45 musiciens pour l’adapter à notre trio. C’était si émouvant lorsque le fils Hadjidákis nous a fait parvenir les partitions d’orchestre corrigées de la main même de son père», conclut Michel Gascard. Et pourquoi à Servion? Parce que Maurice Béjart déjà adorait ce théâtre. Et que Barnabé offre gratuitement sa location. «C’est une rare générosité!» (24 heures)

Créé: 30.03.2016, 08h35

Infos

Servion, Théâtre Barnabé
Ve 1er (20 h 30, repas 19 h) et di 3 (14 h 30).
Rens.: 021 903 0 903.
www.barnabe.ch

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