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Sabine Weiss et 11 millions en dons

La photographe donne son fonds d’archives à l’Elysée, musée qui, avec le Mudac, augmente son financement privé.

La photographe a aussi donné dans la mode. «Chez Dior», 1958.
La photographe a aussi donné dans la mode. «Chez Dior», 1958.
SABINE WEISS/COLLECTION MUSÉE DE L’ELYSÉE

La future entité «Un musée, deux musées» qui réunira, à Plateforme10, le Musée de l’Elysée et le Mudac, se renforce, tant dans ses soutiens financiers d’origine privée, avec les donations de 11 millions de francs, que dans ses apports artistiques avec le dépôt, dès l’achèvement du nouveau bâtiment, du fonds d’archives de Sabine Weiss et le don d’une horloge murale de Nicolas Le Moigne au Mudac. C’était donc un peu Noël six mois à l’avance pour les conseillers d’Etat en charge du dossier. Anne-Catherine Lyon et Pascal Broulis, se réjouissaient lundi en conférence de presse en compagnie de tous les artistes associés, y compris Olivier Mosset, responsable avec Xavier Veilhan du projet d’intervention extérieur Crocodile, sorte de locomotive mobile.

«J’aimais beaucoup aller dans un terrain vague, derrière chez moi, pour photographier les enfants qui y jouaient, et les clochards»

Mais la reine de la journée était incontestablement Sabine Weiss qui, à bientôt 93 ans, avait fait le déplacement jusqu’à Lausanne pour porter personnellement la bonne nouvelle. Au terme de la présentation officielle, la dame à l’œil vif mais qui a cessé de faire des photos en raison d’une douleur à l’épaule – «les bons appareils numériques sont lourds» – se réjouissait de répondre à quelques questions: «Cela me réveillera.» Celle que l’on a souvent associée à la photographie humaniste des Willy Ronis, Brassaï, Edouard Boubat ou Robert Doisneau, rappelait qu’à son époque le qualificatif n’était pas accolé à son travail. «Le terme n’existait pas, mais c’est ce que j’aime.» L’homme, et particulièrement les enfants, est en effet au cœur de ses images les plus célèbres. «J’aimais beaucoup aller dans un terrain vague, derrière chez moi, pour photographier les enfants qui y jouaient, et les clochards. Les petits, c’était merveilleux de les mettre au défi de grimper à quelque part. Chiche que tu peux pas! C’était amusant et il faut s’amuser.»

Heureuse d’avoir trouvé une place pour ses archives et de savoir que ses images continueront à vivre, la vénérable preneuse d’images est aussi soulagée d’épargner «une dépression nerveuse» à sa fille car elle semble avoir conservé beaucoup de souvenirs du temps de sa pratique, et pas seulement des négatifs (200 000) et des planches contact (7000). «J’ai aussi gardé toute la vie autour. Des critiques, des invitations d’expos, des appareils et même des cuvettes de développement.»

Attirée par le travail de laboratoire

Cette photographe précoce, maniant son premier boîtier dès l’enfance, était aussi attirée par le travail de laboratoire, suivant ainsi l’exemple de son père, ingénieur chimiste qui l’aida à décrocher une formation dans l’atelier de Paul Boissonnas, à Genève. Reconnue dès les années 1950 – avec une exposition personnelle à l’Art Institute de Chicago en 1954 – Sabine Weiss fait partie de cette génération qui a aussi contribué à inventer un métier. A ce titre, elle rappelle volontiers ses états de service «pour l’OTAN, l’OCDE, Vogue, mais aussi pour des enseignes de pharmacie, j’ai aussi photographié beaucoup de boîtes de conserve.» Assurément, l’humour a toujours fait partie de l’arsenal humaniste.

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