Passer au contenu principal

Saint-Martin-de-Belleville, béatifié par les joies du ski et du luxe soft

Niché au fond de la Tarentaise, le village français a su opérer sa reconversion touristique en glorifiant la rudesse de son passé dans un nouvel écrin de confort.

Les maisons et chalets de Saint-Martin-de-Belleville font face au mont Cochet depuis plus de 150 ans.
Les maisons et chalets de Saint-Martin-de-Belleville font face au mont Cochet depuis plus de 150 ans.
DR

S’engouffrer dans l’étroitesse aride de la Tarentaise, au cœur du massif de la Vanoise à environ 150 kilomètres au sud de Genève, c’est remonter le fil du temps et des réalités changeantes apportées au sacro-saint «développement économique». La révolution industrielle, d’abord, incarnée dans les gigantesques usines ceinturant de leurs carcasses d’acier la ville de Moûtiers, à l’entrée de la vallée française.

La révolution touristique, ensuite, si l’on pousse jusqu’au fond de la Tarentaise jusqu’aux Ménuires et à Val-Thorens, deux stations de ski créées ex nihilo en 1965 et 1971, emblématiques de la démocratisation à marche forcée des loisirs de montagne et d’une conception pour le moins leste de l’esthétique et du développement durable. La révolution, enfin, du néotourisme patrimonial, écologique et chic, qui assoit sa promotion sur celle d’une histoire rude et authentique que la modernité réinvente, le confort en plus.

Saint-Martin-de-Belleville illustre idéalement cet esprit du temps. Accroché au flanc de la vallée depuis 150 ans, le village a survécu à son isolement pour finalement monter dans le train du tourisme d’hiver. Mais il présente un cœur de bourg intact et une histoire assez singulière pour être érigée en gage de tradition.

Bien sûr, la plupart des édifices d’époque ont été mis à jour, souvent transformés en habitats privés au luxe discret, sans bling-bling ni ostentation, préférant un cocooning alpestre au clinquant nouveau riche des vitrines horlogères et des enseignes de maroquinerie.

Mais l’arrivée, si possible de nuit et sous la neige, reproduit le charme centenaire des habitations de pierre et de bois calfeutrées les unes contre les autres, avec en leur centre une vaillante église et quelques ruelles en enfilade. Les fermes sont devenues chalets, les étables restaurants. Toutes conservent les toitures en lauze ou en gris foncé et les murs en enduit de couleur rose typique (la grilla).

L’aménagement et la rénovation du chef-lieu de l’ancienne commune de Saint-Martin-de-Belleville n’a démarré qu’en 1983, avec comme boussole – d’abord peut-être par méfiance, aujourd’hui par credo et stratégie – la non-prolifération des remontées mécaniques et le respect du bâti montagnard traditionnel.

Position idéale

On vient ici en famille, et de bouche à oreille. En hiver, les 2600 habitants accueillent leurs vacanciers, dont de nombreux Anglais, attirés par le calme et la rusticité confortable des lieux. Et, bien évidemment, par sa position idéale en antichambre du domaine skiable des 3 Vallées, décrit comme le plus grand du monde.

À l’abri des foules, on emprunte le télésiège ultramoderne depuis le haut du village, puis la télécabine comme on grimpe dans un ascenseur pour retrouver, 1000 mètres plus haut soit à une altitude de 2400 mètres, le sommet et les étendues neigeuses filant vers les stations environnantes – le domaine skiable rejoignant Saint-Martin-de-Belleville permet à lui seul de belles descentes, idéales pour les skieurs pas trop sportifs.

Le soir, l’offre de bons restaurants et de bars confortables supplée à celle de clubs – prière de se rendre aux Ménuires, à 20 minutes de route, pour remuer du bassin. Passé minuit, dans le village ceint de guirlandes lumineuses, on préfère écouter le silence tomber sur la vallée et regarder l’obscurité effaçant peu à peu les ultimes clartés au-dessus des massifs rocheux. Contrairement aux sons des discothèques, ce plaisir-là est indémodable.

----------

Hébergement

En contre-exemple des bubons qui défigurent Les Ménuires, Saint-Martin-de-Belleville sait qu’il ne doit marquer que prudemment son essor immobilier. Comme bien des stations désormais, il le fait via des quartiers de nouveaux chalets locatifs au luxe abordable.

On leur préfère la tradition des hôteliers du village, dont l’Hôtel Saint-Martin marie le sens de l’accueil et la qualité du gîte et du couvert. Avec une porte donnant directement sur les pistes: que demander de mieux?

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.