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«Ce serait bête de mourir riche»

La nouvelle fondation de Léonard Gianadda a pour but de pérenniser sa générosité envers les arts.

Léonard Gianadda a "toujours envie de faire plaisir."

Léonard Gianadda, vous avez signé l’acte le jour de vos 84 ans, c’est l’âge qui vous a motivé?

J’arrive effectivement à l’âge où il faut régler ses affaires. Je l’ai fait avec mes collections qui appartiennent à la Fondation Pierre Gianadda, avec mon associé au bureau, avec la Fondation Annette et Léonard Gianadda lancée en 2009 pour des aspects plus sociaux. Et comme il y avait des gens qui s’inquiétaient de ce qui allait advenir du reste, c’est-à-dire pas mal, la solution est venue avec la création de la Fondation Léonard Gianadda.

De combien est-elle dotée?

De beaucoup (ndlr: le philanthrope n’en dira pas plus) et de beaucoup de revenus aussi. J’en suis le président pour l’instant, entouré d’amis proches. Elle a pour charge de poursuivre le mécénat dans des domaines comme la musique, le spectacle, le sport.

Vous estimez le montant de vos dons à 110 millions en quarante ans, qu’avez-vous retiré de cette générosité?

La plus grande richesse réside dans le partage, celui qui donne profite autant que celui qui reçoit et ça m’a soulagé au propre et au figuré! Là j’ai donné tout ce qui me reste. Les terrains, les immeubles, tout à part deux tableaux de Chagall et de Schiele. Je ne suis même plus propriétaire de l’appartement que j’habite. Et j’en suis très content d’autant que la décision a été mûrement réfléchie. Le proverbe chinois ne dit-il pas que la dernière chemise n’a pas de poche?

L’avenir de la Fondation Pierre Gianadda trouve-t-il aussi un souffle avec cette nouvelle fondation?

Non, l’une n’a rien à voir avec l’autre! Quant à l’avenir des expositions après mon départ, qu’est-ce que j’en sais, qu’est-ce que vous voulez faire? Rien que l’exposition en cours, c’est 500'000 francs de budget pour les transports, il faut les trouver. Sans compter que je ne me suis jamais versé de salaire.

Depuis que la question est arrivée sur la place publique, il n’y a donc pas eu de discussion avec le canton?

Ce n’est pas leur rôle et la question n’est pas d’actualité aujour­d’hui. Le parc de sculptures, le musée romain, le musée de l’automobile, tout peut continuer. Pour la saison musicale, je pense que c’est aussi possible. Mais qui va aller chercher comme ça… Rodin et Giacometti, «Impression, soleil levant» de Monet, le discobole, «Le Déjeuner des canotiers»?

Vous voyez vos amis partir, dont Sam Szafran la semaine dernière, ça vous fait peur…

Non pas du tout, je suis très serein, j’ai eu une belle vie et je ne dis pas ça pour me convaincre. J’ai vraiment eu un parcours exceptionnel. Et je dis merci.

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