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Séries, émissions télé... le petit écran anime notre quotidien

Petite sélection de programmes télévisés ou d'initiatives cathodiques à savourer calé dans son sofa. Une sélection mis à jour durant tout le confinement.

Manuel Perrin

SERIES

«The Plot Against America»Et si l'Amérique était devenue pro-nazie? Une fiction inspirée par Philip Roth Le pari était risqué. Réaliser une série tirée d’un livre de Philip Roth. C’est pourtant ce qu’a réussi David Simon avec «The Plot Against America», adapté du roman éponyme du grand auteur américain. Réalisée par un des maîtres du genre, cette série avait toutes les chances de convaincre. Bien qu’elle soit d’une autre veine que les réussites précédentes du réalisateur. (obt, ajouté le 26 avr.)

«The Last Dance»Pas besoin d’être fan de sport pour plonger dans «The Last Dance», documentaire aussi génial que son impérial sujet, Michael Jordan (Netflix). Ni d’ailleurs d’être tifosi pour apprécier «The English Game» dans une plus traditionnelle mini série. Ou la naissance du football pro au XIXe siècle dans l’Angleterre glissant dans les chaos économiques de l’ère industrielle. Patrons obsédés par les profits et ouvriers asphyxiés par les coupes salariales se retrouvent sur un seul terrain, le ballon. Julian Fellowes, auteur de «Downton Abbey», scénariste du «Gosford Park» de Robert Altman, adapte les faits avec un romanes que confortable, sinon prévisible, sur la lutte des classes. De soubrettes engrossées en militants forcenés, pas un bouton de culotte ne manque. Match gagnant, et saison 2 en tournage. (cle)

«Mrs. America» Au cinéma, les méchants ont toujours raison, la preuve par Cate Blanchett dans «Mrs. America». En 1972, cette mère au foyer, militante conservatrice, réussit à retourner la ratification de l’«Equal Rights Amendment». Bataillant contre Gloria Steinem, Betty Friedan et autres brillantes progressistes alliées à la première candidate noire à la présidence, Shirley Chisholm, la dame en tailleur coincé fait valoir sa connaissance des dossiers tout comme son sens de la flatterie machiste. Dans un effet indirect de contre-jour, Phyllis Schlafly éclaire la lutte féministe de manière inédite. Cette minisérie de Dahvi Waller, scénariste de «Mad Men» et «Halt and Catch Fire», échappe aux clichés pop comme au manichéisme idéologique. Décidément, les Américains excellent à relire leur histoire. (cle, ajouté le 19 avr.) Canal+ Séries (replay)

«La Casa de papel» Le dernier volet de «La Casa de papel» épuisait son charme pervers de héros à la Robin des Bois consumériste. D’où la surprise encore plus vive du rebond en saison 4 d’un feuilleton né de rien en 2017 sur une petite chaîne privée espagnole, sacré à l’international meilleure série non anglophone sur Netflix. Mené par «Le Professeur», toujours bigleux surdoué mais fragilisé par un sentimentalisme inédit, le gang désormais riche de 2,4 milliards d’euros, veut sauver les siens. La méthode qui recycle toutes les ficelles du hold-up épate, et la manière pas moins, tant les profils ici sont typés pour séduire chaque tranche de la population, de la maman à la putain dirait Eustache, du dandy homo au macho musclé. Ce charme puissant agit de plus belle. Qui s’en plaindrait? Du grand soapopéra. (cle, ajouté le 11 avr.)

«Unorthodox» Dans la jungle de Netflix très touffue en sorties ces jours, ne pas manquer en 4 épisodes, la mini série «Unorthodox», qui explore le monde clos de la communauté juive ultra de Brooklyn. Remarquable par sa structure en flash-back, par son héroïne aussi qui s’émancipe des traditions avec une grâce étonnante, la scénariste Anna Winger, après «Deutschland 83», réussit l’exercice délicat de transmettre la mémoire de la Shoah. (cle, ajouté le 6 avr.) www.netflix.comLire l'interview de l'auteur, cliquez ici

L’actu du streaming À croire qu’il avait prédit le confinement. Le Lausannois Vincent Frei, consultant dans les effets visuels et créateur du site The Art of VFX (artofvfx.com) dédié à cette industrie, a lancé What’s On Friday le mois dernier. Ce nouveau site dédié à l’actualité des plates-formes de streaming légales (Netflix, Disney+, Amazon Prime, etc.…) recense une sélection des meilleurs films et séries à paraître chaque vendredi, agrémenté de news quotidiennes, bandes-annonces et interviews. (ac, ajouté le 2 avr.) www.whatsonfriday.com

«Patrick Melrose» Benedict Cumberbatch rêvait d’incarner un héros du Britannique Edward StAubyn. Avec Patrick Melrose, son double autobiographique dans cinq romans, l’acteur au longiligne classicisme d’excentrique est servi. Enfilant le désespoir chic de la haute société de son père aristo et le pragmatisme sec de sa mère, richissime Américaine, le dandy se débraille par l’usage de substances artificielles. Et par là même puise dans ses tréfonds une autodérision ironique, un humour noir souverain. Son père vient de mourir, il se souvient. De 1967 à 2005, de la Provence à New York, le cinéaste Edward Berger («Deutschland 83») filme une errance décadente, puissante et classieuse. Si le rythme peut déconcerter, l’exercice emporte. (cle, ajouté le 3 avr.) RTS, minisérie, 5 épisodes, lu 6, 23h05 et Play RTS

«Validé» Nul besoin de kiffer Booba pour mater «Validé», première série sur le rap français. Fort des «Kaïra» et autre «Taxi 5», le cinéaste Franck Gastambide pompe le groove des banlieues. Jargon encore compréhensible, seuil de clichés tolérable et efficacité entre «flow» et bas. Clément alias Apash (l’authentique rappeur Hatik), livreur de pizzas, drogues, etc., est repéré sur Skyrock par Mastar, star du rap. Bientôt le maître et l’élève partent en battle sur fond de maisons de disques anxieuses de tondre du fric sur leurs tignasses. Trucages cliqués sur réseaux, provoc bidon pour faire du buzz, contrats pourris: entre crime et musique, ça sonne juste. Pléiade de guest-stars pour les initiés et dramaturgie bon enfant pour les autres, à tester en clair. Canal Séries, 10x30’ (cle)

DOCUMENTAIRE

American Colony L’American Colony, à Jérusalem, valait bien un documentaire. Pas (seulement) parce que cet hôtel est administré depuis plus de trente ans par le Vaudois Jean-Jacques Gauer, ancien du Lausanne Palace. Mais (aussi) parce qu’il maintient depuis plus d’un siècle à la fois son cadre baroque de cinq-étoiles suranné et sa réputation de lieu de rencontre, de passage et de discussion dans une ville en perpétuelle agitation. Situé à Jérusalem-Est, en territoire occupé mais à quelques dizaines de mètres de la ligne de démarcation, il vibre au cœur et au rythme du conflit israélo-arabe. Réalisé par Rémi Borgeaud, le documentaire «American Colony, une utopie à Jérusalem» raconte l’histoire de cet hôtel dans l’histoire, oasis neutre qui, sans hasard, est tenu par des Suisses. En replay sur rts.ch (fb, ajouté le 26 avr.)

Des strips cultes Les Belges aident la planète en mettant en ligne 250 épisodes des 418 légendaires «Strip-Tease» (1985-2012). La chaîne nationale RTBF balançait ces scuds humoristiques inclassables entre franche rigolade et gêne trash. Sans voix off ni musique, ces tranches de vie atypiques ont marqué la télé, jusqu’à être taxées de voyeurisme. À juger sur pièce, notamment le coup de «La soucoupe et le perroquet» ou la saga minimaliste de Jean-Paul endeuillé par la mort de sa volaille. (cle, ajouté le 2 avr.)

«Betty Boop for ever» Alors que la célèbre pin-up fête ses 90 ans d’existence, le documentaire de la cinéaste française Claire Duguet revisite le parcours de l’icône, selon elle bien plus émancipée que l’image ancrée dans notre inconscient collectif. Betty? C’est aussi le tout premier caractère humain à dévoiler son jeu dans un cartoon, grâce à l’imagination et à la technique du pape de l’animation, Max Fleischer, en 1930. Le personnage est caractérisé par son jeu de jambes, son célèbre «boop-oop-a-doop» et sa robe bustier. Son habillement sexy sera pourtant censuré par le nouveau code américain Hays, vers la fin des années 30. Ce qui marquera l’aboutissement de sa carrière, mais pas de son indémodable succès. Si dans les récits, elle se fait souvent dévêtir par une gent masculine libidineuse, elle n’hésite pas à distribuer des gifles à son malhonnête patron. Le documentaire, visible sur le site d'arte, revient sur toute l’histoire de Betty Boop, à travers de nombreux témoignages passionnants. www.arte.tv

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