A Sévelin, la relève chorégraphique met son pied à l’étrier

DanseA côté des confirmés, Les Printemps de Sévelin mettent en lumière de jeunes talents

La chorégraphe et danseuse Géraldine Chollet sera sur le plateau des Printemps de Sévelin avec une version aboutie de sa pièce Itmar, présentée l'an dernier dans le cadre des «Quarts d'heure», la soirée de tremplin.

La chorégraphe et danseuse Géraldine Chollet sera sur le plateau des Printemps de Sévelin avec une version aboutie de sa pièce Itmar, présentée l'an dernier dans le cadre des «Quarts d'heure», la soirée de tremplin. Image: Odile Meylan

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Stimuler la création contemporaine, défricher la relève (surtout romande). Deux missions qui font partie de l’ADN des Printemps de Sévelin, comme de celui de son port d’attache, le Théâtre Sévelin 36. Cette année encore, ce sont près d’une vingtaine de jeunes chorégraphes suisses et étrangers – parfois plus mais souvent moins confirmés – qui vont proposer, du 4 au 22 mars, leurs pièces. Des artistes professionnels qui ont, pour beaucoup, moins de 30 ans. «A travers la programmation, des résidences ou des programmes de coaching, nous avons toujours cultivé une proximité avec la jeune création, rappelle le directeur artistique du festival, Philippe Saire, installé depuis vingt ans avec sa compagnie de danse dans le théâtre lausannois. On aime découvrir des univers particuliers, des personnalités fortes. »

Il y a quelques années, ce travail de découvreur de talents passait par la programmation d’un spectacle dans une «soirée partagée». Avec ces rencontres, de nombreux jeunes chorégraphes suisses ont mis le pied à l’étrier, à l’instar de Nicole Seiler. La Zurichoise venue à Lausanne pour étudier à l’Ecole Rudra Béjart est passée par cette case départ, avant de devenir une habituée de l’Arsenic ou d’obtenir la reconnaissance nécessaire à la diffusion nationale et internationale de son travail.

Aujourd’hui, c’est une tout autre formule que la jeune garde espère décrocher: «Les Quarts d’Heure». Deux soirs de suite, une poignée d’artistes peuvent se confronter à des spectateurs avec une pièce de quinze minutes maximum. Les 9 et 10 mars prochain, cette vitrine permettra à sept nouvelles compagnies de conquérir leur public, avec des noms (parfois) d’ici qui peut-être compteront un jour ailleurs: Joëlle Fontannaz, Louise Hammer, Edouard Hue, Erika Pirl, Claire-Marie Ricarte, Brian Ça, Michel Varlet, Clélia Vuille et Jessica Haener.

«Cet exercice fait office de premier jet, remarque Philippe Saire. Les chorégraphes peuvent définir les lignes d’un projet, qu’ils pourront ensuite abandonner ou approfondir. «Les Quarts d’Heure» sont l’endroit où l’on peut essayer, chercher, se planter sans que cela ne soit grave. De telles zones d’exploration sont essentielles avant de se retrouver à la tête d’un spectacle de 75 minutes qui coûte des centaines de milliers de francs!» Depuis huit ans, «Les Quarts d’Heure» ont participé à l’émergence de plusieurs artistes. Repérée en 2012, la Montreusienne Yasmine Hugonnet fait, cette année pour la deuxième fois, partie du programme du festival, avec son nouveau spectacle, La traversée des anges, présenté les 19 et 20 mars. Un nom qui s’ajoute à ceux d’autres «anciens» actifs dans la région, tels Adrien Rupp et Katy Hernan, qui présenteront leur nouveau spectacle début mars à la Maison de quartier de Chailly, Adina Secretan ou encore Géraldine Chollet, qui a tapé dans l’œil des programmateurs l’an dernier et vient présenter son premier spectacle à Sévelin, les 14 et 15 mars.

Rendez-vous et nouveautés

Ce défrichage de jeunes pousses ne doit pas faire oublier les autres rendez-vous, parfois très attendus, comme le «Dialogue with Rothko» que l’emblématique Carolyn Carlson présente en première suisse à L’Octogone (sa 14 mars) ou la venue du Belge Jan Martens (me 4 et je 5). Cette année, le festival ouvre également pour la première fois sa programmation à des concerts rock ou electro-pop (avec Les Craves et Michael Jordan, le 14, et Scarlett’s Fall, le 21). Il tissera aussi de nouveaux liens avec d’autres manifestations fraîchement arrivées dans l’agenda culturel du mois de mars, comme le festival du slip, dédié aux sexualités, qui programme, les 6 et 7 mars, le spectacleNOU dans lequel Matthieu Hocquemiller mêlera sur scène performers et travailleurs du sexe.

Lausanne, Théâtre Sévelin 36 Du 4 au 22 mars Rens. : 021 620 00 11 www.theatresevelin36.ch (24 heures)

Créé: 26.02.2015, 14h09

Géraldine Chollet fait le grand saut avec

Une pin-up à l’allure totalement bovine, entourée de deux musiciens traditionnels de Talenschwingen, jatte à lait «sonore» dans laquelle tourne une pièce. L’an dernier lors de la soirée des «Quarts d’Heure», Géraldine Chollet, 39 ans, subjuguait le public des Printemps de Sévelin avec l’originalité et l’acuité d’Itmar. Dans cette courte pièce, la chorégraphe originaire d’Echichens – formée à Londres avant de s’offrir une longue pause artistique – convoquait l’exotisme du folklore suisse pour revisiter, sous les traits d’une vache nourricière se libérant de sa corporalité, les archétypes féminins de son enfance passée dans un milieu paysan, religieux et patriarcal. Cette année, Géraldine Chollet retrouve le plateau de Sévelin 36 avec une version aboutie d’Itmar. Un développement rendu possible grâce au soutien du théâtre devenu producteur. «Des résidences artistiques m’ont permis d’approfondir le projet, de clarifier l’évolution du «personnage», de mieux affirmer sa corporalité.» Le deuxième face-à-face avec le public est prévu les 14 et 15 mars. Le début d’une nouvelle aventure qui conduira l’artiste vers d’autres scènes?

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