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«Sherlock Holmes & Co» intrigue à la Bibliothèque du Léman à Renens

Débats, jeux, exposition fêtent le locataire du 221 B Baker Street. Avant de livrer son nouveau thriller, Marc Voltenauer explique l’influence qu’exerce le détective sur tout auteur de polar.

Marc Voltenauer, auteur du «Dragon du Muveran» qui en 2015, lançait son inspecteur de Gryon Andreas Auer sur la piste d’un succès international, participe avec son collègue Nicolas Feuz, au Festival «Sherlock & Co» organisé par la Bibliothèque du Léman.

Même de descendance suédoise et allemande, et de son propre aveu, sous forte influence des polars issus de la vague scandinave, le Vaudois d’adoption reconnaît volontiers l’influence: «Enfant, mes lectures baignaient dans cette atmosphère de détectives à l’ancienne. Même si j’étais plus porté sur les bouquins d’Agatha Christie que sur Sherlock. Je garde surtout un souvenir marquant de la série «Sherlock Holmes», à la télévision (ndlr. signée Hayao Miyazaki, entre autres réalisateurs! diffusée en 1981), avec un Watson moustachu à melon, le méchant Moriarty!»

Sur un mode beaucoup moins bon enfant, avec le locataire du 221 B Baker Street en 1857, Conan Doyle invente quasi l’enquête déductive et cérébrale, qui procède par investigation scientifique, rapprochement et analyse d’indices. Si la technologie du 19e ne peut se comparer aux méthodes contemporaines, elle appartient à l’ADN du détective britannique. «À la base, observe Marc Voltenauer, par ma formation en théologie et philosophie, je devrais me sentir attiré par l’analyse psychologique pure. Et j’aime ça, creuser les relations entre les protagonistes, déterminer des profils et sans me piquer d’être un grand penseur, esquisser des questionnements existentiels. Mais j’avoue que l’univers de la médecine légale me fascine. D’ailleurs, mon nouveau roman (ndlr. «L’aigle de sang», dès le 14 mars), repose beaucoup sur des discussions avec des experts. En fait, je veux combiner les approches humaines et scientifiques, dosage délicat.»

Conan Doyle d’ailleurs finit par se lasser de sa créature de papier. Anecdote fameuse, quand il le trucida, ce crime de lèse-majesté ne fut pas toléré par ses compatriotes au point que la reine l’obligea à «ressusciter» Sherlock. «Avec l’inspecteur Auer et son amoureux Mikaël Achard. je n’en suis pas encore là, sourit Marc Voltenauer. Bien que je ressens une évolution, à la fois géniale et inquiétante. Au début, les gens s’attachaient au fait que l’enquête se passait à Gryon, une caractéristique au fond très proche des polars scandinaves enracinés dans un terroir. Depuis «Qui a tué Heidi?» je sens un glissement, ils veulent retrouver Andreas et Mikaël. De là, c’est à moi de veiller à l’équilibre pour ne pas virer au roman à l’eau de rose.» Et d’évoquer les dérives domestiques qui peuvent nuire à la santé de héros de séries noires contemporaines, tels, au hasard, Erica Falck et Patrik Hedström empêtrés dans les couches et les crimes chez Camilla Läckberg, ou le détective Sarko de Franck Thilliez qui faillit perdre son flair de loup sauvage par passion conjugale.

«C’est une question de palette. Agatha Christie sait par exemple, instaurer à merveille un temps irréel, à la fois figé et dans l’action d’une enquête. Sherlock, c’est pareil.» Il suffit de voir ses multiples réincarnations à travers les âges, Holmes réussit à contenter les générations les plus diverses. Dès sa création dans l’Angleterre victorienne qui rêve de progrès industriel, il tient en haleine dans des feuilletons publiés dans les journaux. Quelques attributs, pipe etc., dans l’illustration griffe un personnage qui semble alors «photographié» pour l’éternité. «Mais c’est sa force, comme un James Bond ou un inspecteur Colombo, il peut traverser les époques, être relu avec des variables sensibles.

Dans les années 1980, les héros de lumière régnaient, façon Indiana Jones. Désormais, 007 souffre au point de montrer un esprit torturé dans ses dernières aventures. Ça permet d’explorer la noirceur d’un homme fragile, de l’écarter de la zone d’incrédulité où le confinerait un idéalisme de doux naïf.» Au tournant du millénaire, la pop culture n’a pas loupé Sherlock. Le détective déferle en librairie, dans le secteur jeunesse notamment, de «Helml’Os» de Jim Razza, aux enquêtes d’«Enola Holmes», de Serena Blasco. Sur les écrans, de l’Américain athlétique Robert Downey Jr. au suave Britannique Benedict Cumberbatch, en passant par son compatriote déjanté Jonny Miller, la créature de Conan Doyle ne cesse de renaître de ses cendres. Même après avoir été mouillées dans les chutes de Reichenbach, Oberland bernois.

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