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Shirin Neshat met en scène sa fascination pour Oum Kalthoum à la Nuit des Images

L'artiste d'origine iranienne présente son travail sur l'icône égyptienne dans les jardins du Musée de l'Elysée.

«Looking for Oum Kulthum», de Shirin Neshat, ou les avatars de la chanteuse égyptienne, icône du monde musulman, posent sous le titre de l'une de ses chansons. «I See You Holding Back The Tears», 2018.
«Looking for Oum Kulthum», de Shirin Neshat, ou les avatars de la chanteuse égyptienne, icône du monde musulman, posent sous le titre de l'une de ses chansons. «I See You Holding Back The Tears», 2018.
Shirin Neshat. Courtesy Noirmontartproduction, Paris

Exilée depuis les années 1970 aux États-Unis, l’artiste iranienne Shirin Neshat a commencé à se faire connaître dans les années 1990 par ses photos et ses vidéos, reconnues par les plus prestigieuses instances de l’art contemporain. Singulièrement, elle n’a eu aucune peine à étendre ses intérêts au cinéma. Entretien téléphonique avec celle qui présentera «Looking for Oum Kulthum» à la Nuit des images.

Comment s’est développée votre fascination pour Oum Kalthoum? Cette femme, que l’on a appelée l’«Étoile de l’Orient», a pris une telle place dans la culture, jusqu’à devenir l’une des figures majeures du XXe siècle. Elle m’a fascinée en démontrant combien une femme pouvait être utile en dehors de toute revendication politique en s’adressant aussi bien aux gens religieux, aux riches comme aux pauvres, aux hommes comme aux femmes. J’admire le symbole.

À quand remontent vos premières impressions liées à la chanteuse Oum Kalthoum? Je la connaissais dès ma jeunesse, par mes parents. Elle m’a fait une forte impression en tant que femme, puis a été très importante dans mon développement d’artiste préoccupée par l’exil, la prison. Elle agissait comme un défi qui me façonnait.

Elle tient le rôle d’un modèle? Oui, avec sa capacité à se faire aimer au-delà des frontières par un public égyptien, israélien, syrien, turc, tunisien, iranien et même par l’Occident. Elle possédait quelque chose d’unifiant. Quand les gens l’écoutaient, ils tombaient en transe, oubliaient le temps et l’espace, un peu comme sous l’effet d’une drogue.

Vous avez tourné un film sur cette fascination, mais aussi deux vidéos, des photos. Ces œuvres sont complémentaires? C’est toujours ainsi. Déjà quand j’ai tourné le film «Women Without Men» (ndlr: Lion d’argent à Venise en 2009), j’ai aussi produit des vidéos en parallèle. Les photographies et les vidéos ressemblent plus à des poèmes ou à des rêves, là où les films œuvrent dans une logique plus accessible.

En exilée aux États-Unis, vous avez toujours gardé un œil sur votre pays d’origine. Comment vivez-vous les tensions d’aujourd’hui? Dans les vidéos que je suis en train de finir au Nouveau-Mexique pour ma prochaine exposition en octobre à Los Angeles (ndlr: «I Will Greet the Sun Again») – un film suivra –, on ne peut plus dire que je traite d’une question iranienne. En allant au contact de migrants, en collectant leurs rêves, je porte le regard d’une perspective iranienne sur ce qui se passe aux États-Unis. Par ce biais, je retrouve exactement les tensions qui défraient en ce moment l’actualité…

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