Sur les traces de Zouc, Laetitia Dosch imagine son «alboum»

ThéâtreLa comédienne franco-suisse, découverte dans «La Bataille de Solférino», dévoile, dès jeudi à l’Arsenic, son «seule en scène».

La comédienne franco-suisse Laetitia Dosch se construit une carrière entre théâtre et cinéma.

La comédienne franco-suisse Laetitia Dosch se construit une carrière entre théâtre et cinéma. Image: Odile Meylan

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Quand Laetitia Dosch écrit dans les «Cahiers du cinéma», c’est pour révéler la part de créativité sur laquelle repose le travail de comédienne. Quand elle accepte un rôle, c’est pour réaliser avant tout la rencontre avec un personnage, jusqu’au plus profond de sa chair. Et parce que son agenda – qui aligne pourtant des projets au théâtre comme au cinéma – ne paraît jamais assez rempli, l’hyperactive profite des moments de relâchement pour imaginer ses propres créations.

Avec ses one-woman-shows pétaradants, la comédienne formée à la Manufacture, la Haute Ecole de théâtre de Suisse romande, n’hésite pas à entraîner son public sur les chemins de la provocation. A vérifier dès jeudi, à l’Arsenic, avec «Un album», solo en forme de «voyage humaniste qui parle de désespoir, de mesquinerie, de pulsions de vie, de tics sociaux, de cruauté». Un «seule en scène» très personnel qui inscrit, dès son titre, sa filiation avec «L’Alboum» de Zouc.

«Il y a, chez cette comédienne, une sorte d’humour hanté dont je me sens proche»

«Je me suis totalement intoxiquée d’elle. Il y a, chez cette comédienne, une sorte d’humour hanté dont je me sens proche, confie Laetitia Dosch. Elle a une manière très positive de voir la vie, d’accepter les défauts qui résident en chacun d’entre nous, d’approcher l’humain en tant qu’espèce. Comme le ferait une cousine lointaine, j’essaie de voir le monde «à sa façon», en incarnant des personnages que j’ai moi-même croisés, dans le but de révéler les tensions et les frictions qui traversent notre société en cette période de crise.»

Gestes amples, regard inquisiteur

Belle, naturelle, directe. Laetitia Dosch apparaît comme une sorte de Julianne Moore à la française. La comédienne est à l’aise dans son corps. Quand elle parle, tout son corps s’exprime. Les gestes sont amples, le regard inquisiteur. Sensuelle, elle n’a pas besoin de jouer de ses atouts. Ni de masquer ses défauts. Adolescente, elle passait pourtant pour «la bizarre»!

La jeune femme a grandi à Paris, où elle a fait ses premiers pas au théâtre après être tombée amoureuse d’un comédien, rencontré par hasard dans la rue. De la Suisse, elle a d’abord hérité le nom d’un grand-père paternel, originaire des Grisons. Avant son arrivée à Lausanne, en 2004, elle n’avait jamais vécu dans le pays. «C’est ici que j’ai finalement trouvé ma voie.» C’est ici, en effet, qu’elle a véritablement fait ses armes sur scène, du côté du Festival des Urbaines et, surtout, de l’Arsenic, dans des projets du chorégraphe Marco Berrettini, dans des pièces de l’auteur Julien Mages ou des collaborations avec le metteur en scène François Gremaud…

Aujourd’hui, l’actrice fait partie de la nouvelle clique de jeunes artistes français qui secouent le cinéma comme le théâtre, aux côtés, entre autres, d’un Vincent Macaigne avec qui elle partageait l’affiche du film «La Bataille de Solférino», réalisé par Justine Triet, en 2012. L’an passé, elle plastronnait, seins nus, à la une des Inrocks, pour défendre la cause des intermittents du spectacle.

Dans les mois qui viennent, on la verra dans «Mon roi», de Maïwenn et dans «La belle saison», de Catherine Corsini, en attendant que ne se termine le tournage des «Malheurs de Sophie», sous la houlette de Christophe Honoré. Elle espère écrire un jour pour l’écran, s’imagine aussi passer derrière la caméra. Mais si le septième art lui fait de plus en plus les yeux doux, Laetitia Dosch ne se voit pas descendre des planches pour autant. Elle n’avoue, finalement, qu’un seul vrai plan de carrière: «Continuer à susciter le désir de créateurs géniaux.»

Créé: 02.06.2015, 11h11

A l'affiche

Lausanne, Théâtre Arsenic
Je 4 et sa 6 (19 h), ve 7 (20 h 30), di 7 (18 h)
Loc.: 021 625 11 36
www.arsenic.ch

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