Le stand-up qui exacerbe les sens

HumourCe jeudi soir à Lausanne, quatre humoristes se produisent dans le noir. Une nouvelle manière de pimenter les soirées «plateaux».

Pour Thomas Wiesel, jouer dans le noir ne représente pas un challenge supplémentaire.

Pour Thomas Wiesel, jouer dans le noir ne représente pas un challenge supplémentaire. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Ils n’auront que le son de leur voix pour faire rire. Ce soir, à l’ABC, Thomas Wiesel, Yoann Provenzano, Nathalie Devantay et Bruno Peki se plongeront dans le noir le plus complet devant des spectateurs logés à la même enseigne. Dans le club lausannois, la moindre source lumineuse sera soigneusement dissimulée afin de garantir une immersion totale, des diodes de la régie aux rais des portes, en passant par les lumières de secours. En octobre dernier, Nathanaël Rochat, Charles Nouveau et autres comédiens du Jokers Comedy Club avaient joué les cobayes pour la première suisse du concept «Blackout», inspiré des soirées «Noir» qui font un carton au Théâtre de L’Européen à Paris depuis 2015.

«Une expérience collective»

À l’ABC, cent personnes avaient tenté l’expérience déroutante d’assister à un spectacle d’humour dans l’obscurité. «Les sens sont exacerbés, l’ouïe, l’odorat, le toucher, les spectateurs sont déstabilisés, en alerte. Ça crée une ambiance particulière, très communicative. Le moindre soupir est décuplé», raconte Thomas Lecuyer, organisateur des soirées «Blackout». Selon lui, rien à voir avec une chronique humoristique à la radio. «On vit une expérience collective, les comédiens sont en face de nous et jouent avec cette situation.»

Pour l’humoriste Thomas Wiesel, qui n’était pas présent à la première lausannoise mais a déjà tenté l’expérience à Paris, jouer dans le noir ne représente pas un challenge supplémentaire. «Mon humour n’est pas du tout visuel. Jouer dans le noir m’enlève presque la pression que je me mets d’habitude quant à mes gestes où à mes mimiques», explique le Lausannois. Le genre du stand-up, qui repose essentiellement sur le texte, convient facilement à l’exercice. Pas besoin de bouger sur scène, ni de changer sa façon d’écrire. Seules comptent la parole et la complicité que réussira à créer l’humoriste entre lui et son public privé de vue.

Jouer en slip

Des spectateurs désinhibés qui se permettent d’ailleurs d’intervenir plus spontanément. Et même d’interrompre les comédiens. «Certains se sentent pousser des ailes, une fois camouflés par l’obscurité. Mais ce n’est pas parce qu’on ne les verra pas qu’ils auront le droit de m’interrompre», plaisante Thomas Wiesel. Le noir provoquerait-il aussi des tentations du côté des performeurs? «Je suis sûr que certains auront l’idée de venir jouer en slip. Moi je serai sage, pas de folie. Je n’ai pas encore choisi ma garde-robe pour ce soir, mais elle restera la même qu’à l’accoutumée.»

Depuis quelques années, les activités dans le noir ont le vent en poupe. Concerts, spectacles ou restaurants proposent désormais cette expérience des sens. «Jokers Blackout» ne se cache pas de surfer sur la vague mais souhaite amener un vrai plus au stand-up, permettant de faire «davantage travailler l’imaginaire», selon l’organisateur. Et ainsi d’éviter la routine des traditionnelles soirées «plateaux». «Il faut se différencier, essayer d’autres concepts pour attirer du monde», affirme Thomas Lecuyer. Pour Thomas Wiesel, ce concept peut également pallier un sentiment de saturation de la part du public: «Ces soirées se multiplient, alors que les têtes d’affiche restent plus ou moins les mêmes. Pour nous, il n’y en aura jamais assez. Mais il faut savoir se renouveler.»

(24 heures)

Créé: 06.02.2019, 21h14

Informations pratiques

Lausanne, Bar Club ABC

Jeudi 7 février (20 h)

www.jokerscomedy.ch

Le jeune humoriste genevois Bruno Peki est présenté comme une révélation. (Image: DR)

Nathalie Devantay a pour habitude de rire des boires et déboires de la vie des femmes. (Image: DR)

Le nouvel animateur de Couleur 3 Yoann Provenzano n’est pas près d’arrêter la scène. (Image: DR)

La «Joker» Marina Rollman brille en solo

Des plateaux d’humoristes à son propre one-woman-show

Un langage franc et un débit de paroles rapide, Marina Rollman a d’abord fait ses armes sur les scènes romandes grâce aux plateaux des comedy clubs. Révélée ensuite par ses talents de chroniqueuse sur Couleur 3, La Première, et aujourd’hui sur France Inter dans «La bande originale», de Nagui, la Genevoise joue en ce moment en résidence à Paris son premier seul en scène, «Un spectacle drôle». À voir également au Théâtre de Rolle ce week-end.

Avec ironie et nonchalance, Marina Rollman pose son regard espiègle de jeune trentenaire sur les dérives de la société actuelle et les absurdités de sa propre génération. Biberonnée au stand-up américain, elle enchaîne les vannes, avec pour seules armes sa plume corrosive et son micro. A.C.

Rolle, Casino-Théâtre
Vendredi 8 (complet) et samedi 9 février (19 h).
www.theatre-rolle.ch

Articles en relation

Quand l'humour se fait militant

Enjeu Six comédiens offrent une soirée stand-up pour l’Aquarius à Meyrin. L'occasion d'interroger le Lausannois Thomas Wiesel sur l'engagement politique en humour. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.