Star en Guadeloupe, Laurence Joseph choisit Cully pour roder son spectacle

ScèneLa comédienne au franc-parler joue «Surtout ne change pas» du 4 au 13 décembre à l’Oxymore.

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L’affiche de son spectacle ne ment pas. Au théâtre Oxymore de Cully, Laurence Joseph arbore son bonnet à fleurs bordeaux. «Il fait froid ici», lance-t-elle avant les répétitions de «Surtout ne change pas», qu’elle joue du 4 au 13 décembre. Il faut dire que la comédienne est arrivée la veille de Guadeloupe, son île natale où elle vit encore la plupart du temps. Souriante et enjouée, la séance photos semble lui plaire. Elle l’immortalise même en se filmant sur Instagram. «Les gens aiment bien savoir ce que je fais, où je suis, comment évolue la tournée de mon spectacle. Mais je fais uniquement ça dans le cadre professionnel», se justifie-t-elle.

Cette ancienne miss météo de «Guadeloupe 1» compte plus de 50'000 fans sur ses réseaux sociaux. «En Guadeloupe, tout le monde l’arrête dans la rue», glisse son metteur en scène, le Romand Frédéric Martin. Pourtant, Laurence Joseph n’a pas encore présenté ce nouveau seul en scène aux Antilles. Après une date à Istanbul, elle a choisi la Suisse pour ses premières représentations. «C’est un challenge, j’adore ça! Je ne voulais pas le jouer en Guadeloupe d’abord, le public aurait déjà été acquis», explique celle qui a bourlingué la Romandie après s’être amourachée d’un habitant du Moléson, fait la fête au Cully Jazz, ou même remporté le concours du Montreux Comedy en 2011.

Aujourd’hui, la comédienne de 35 ans vit entre un pied à terre parisien et sa maison familiale de Basse-Terre, capitale de Guadeloupe, où elle a grandi. Déjà petite, Laurence amusait la galerie, faisait rire la classe avec ses mimiques et ses imitations. Son humour? Elle le doit à sa mère. C’est elle qui lui a directement inspiré le personnage d’Ernestine, grand-mère antillaise caricaturale qui n’a pas la langue dans sa poche, que l’on retrouve dans son spectacle. «Ma mère est une comédienne dans l’âme. Elle m’a donné ce côté extraverti et ce franc-parler», raconte avec entrain cette grande bavarde.

C’est à 12 ans qu’elle découvre les planches et se passionne pour le théâtre. Pour sa famille, il n’est pas question d’en faire un métier. «Dans la tête des Guadeloupéens, il faut faire des études en Métropole pour réussir.» À la fin de sa scolarité, elle part à Montpellier pour entamer des études de psychologie. «Je réfléchissais beaucoup sur l’humain. J’avais besoin de réponses pour mieux comprendre ma place dans la société en tant que femme métisse.» Sur scène, elle tourne en dérision les clichés sur les Antillais, et se moque notamment de la manière dont ils sont perçus depuis la Métropole.

Double culture

Laurence Joseph restera six ans en France. Avant de repartir pour la Guadeloupe, car son copain de l’époque, rencontré à Montpellier, a souhaité découvrir les îles. Gros choc en redécouvrant son île natale avec les yeux d’une adulte. «J’avais le sentiment d’avoir une double culture, explique-t-elle les yeux humides. Mon esprit s’était ouvert par rapport aux gens d’ici. J’ai découvert toutes les difficultés auxquelles était confrontée la Guadeloupe.» Après la douche froide, Laurence redécouvre les bons côtés. Et développe un amour profond pour sa région natale. Lui vient l’envie d’écrire, de raconter au monde entier la richesse des Antilles. La passion reprend le dessus. Ni une ni deux, elle ouvre l’annuaire téléphonique et contacte la plus grande troupe de théâtre amateur de Guadeloupe: «Courtelignes».

Ultrapopulaire, la troupe remplit les grandes salles de l’île, fait de la promotion à la télévision. En 2010, la jolie comédienne à l’allure décomplexée tape dans l’œil de la chaîne Guadeloupe 1 qui la propulse miss météo. Mais elle continue à se produire avec Courtelignes où elle rencontre le comédien Laurent Tanguy. Qui deviendra son compagnon et avec qui elle monte la pièce «Domino», l’histoire d’un couple métissé qui épingle avec humour les différences culturelles. Succès immédiat en Guadeloupe, le spectacle séduit la télévision régionale qui le décline en série. Série qui sera ensuite reprise sur France O. Le couple continue de tourner «Domino» sur scène, notamment en Métropole, jusqu’à se produire à l’Olympia de Paris en 2015 pour fêter la 500e représentation.

Dans «Surtout ne change pas», son deuxième seul en scène qui fait suite à «Ça va décoiffer», Laurence Joseph tombe le masque. «Je me dévoile un peu plus, je me permets de dire des choses sans me cacher derrière mes personnages. Ça m’a fait très peur au début. D’ailleurs, ils nous zyeutent depuis tout à l’heure. Ils sont là, planqués sur scène. Et ils sont dégoûtés de ne pas avoir été invités à l’interview.»

Théâtre Oxymore, Cully Du 4 au 13 décembre Réservations: 021 534 87 96 www.oxymore.ch

Créé: 03.12.2018, 12h11

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