Le talent des Brunhoff a fait naître le célèbre éléphant Babar, mais pas que lui

SagaYseult Williams raconte «La Splendeur des Brunhoff» dans un livre qui dit tout sur cette étonnante famille.

De gauche à droite: Jean, Jacques et Michel de Brunhoff. Image: COLLECTION MARION DE BRUNHOFF/FAYARD

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Pas d’éléphant ni de vieille dame sur la couverture du livre de la journaliste française Yseult Williams. On y voit six personnes le regard attiré par un papier tenu par Michel de Brunhoff et Lee Miller. Les quatre autres sont des signatures du magazine «Vogue», dont une authentique duchesse, Solange de Noailles. À cette époque, Michel de Brunhoff est depuis plusieurs années à la tête de la version française du célèbre magazine américain lancée avec succès en 1920. Son éditeur américain, Condé Nast, a fait appel à lui grâce au succès de «La Gazette du bon ton», que ce fils d’un Allemand de Wiesbaden et d’une Alsacienne de Paris avait fondée en 1912 avec son beau-frère Lucien Vogel. Celui-ci a épousé Cosette de Brunhoff, aînée de trois frères, Jacques, Michel et Jean, nés comme elle dans les dernières années du XIXe siècle.

Michel, le journaliste, et Jean, qui se voue à la peinture, se marient en 1923 et 1924. Ils auront tous les deux des enfants. Quant à Jacques, qui travaille pour la revue de théâtre de leur père «Comoedia illustré», puis comme décorateur, il a fondé lui aussi une famille. La saga des Brunhoff prend corps. Et Babar, dans tout ça? Le roi des éléphants est sorti de l’imagination de Cécile Sabouraud, la femme de Jean, pour aider ses enfants à s’endormir. L’un d’eux est Laurent, âgé aujourd’hui de 92 ans, qui a confirmé cette histoire à Yseult Williams.

Emerveillés par ce conte ébauché par leur mère, Laurent et son frère Mathieu en parlent à leur père, Jean de Brunhoff, qui entreprend de l’illustrer. Le premier d’une longue série d’albums sort en 1931, édité par «Le Jardin des modes», une revue de l’oncle Lucien Vogel. Terrassé en 1937 par la tuberculose, Jean de Brunhoff ne voit pas la publication de «Babar en famille» et «Babar et le Père Noël», que Laurent de Brunhoff termine sur le conseil avisé de son oncle Michel. Il en fera paraître dix-huit autres…

L’intérêt du livre d’Yseult Williams n’est pas que dans la genèse de Babar. L’enquêtrice fait découvrir au lecteur différentes personnalités issues de cette étonnante tribu. La mode et l’avant-garde les passionnent. Michel pousse Christian Dior puis Yves Saint-Laurent à dessiner des robes. La politique les concerne. Le mari de Cosette lance le magazine «Vu» qui dénonce les camps de concentration en 1933 et s’engage pour la cause républicaine espagnole. Leur fille Marie-Claude, communiste et déportée, témoigne au procès de Nuremberg. Pascal, fils de Michel, part très jeune rejoindre le maquis et n’en revient pas, abattu par les SS avec 55 autres jeunes gens en juin 1944.

«La Splendeur des Brunhoff» par Yseult Williams, Éditions Fayard, 359 pages. (24 heures)

Créé: 07.01.2019, 16h20

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