Pourquoi les «teen-novelas» cartonnent?

Phénomène«Soy Luna Live», tiré de la série du Disney Channel et sold-out en Amérique latine, arrive à l’Arena. Décryptage.

Paillettes, amourettes, chansonnettes et patins à roulettes... Karol Sevilla et sa bande débarquent jeudi à l'Arena de Genève.

Paillettes, amourettes, chansonnettes et patins à roulettes... Karol Sevilla et sa bande débarquent jeudi à l'Arena de Genève. Image: DR

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««Soy Luna», ce n’est pas que des jolies chansons et des chorégraphies en patins. Luna a aussi des moments où elle est triste, où elle doute. C’est une vraie personne, dont les enfants se sentent proches!»

La voix acidulée de Karol Sevilla descend d’une octave quand il s’agit de dire autre chose que des «hola!» ou «Je vous aime, à bientôt à Genève!» au bout du fil. La star mexicaine de Soy Luna, qui a commencé à chanter en public à 6 ans et qui, à 18 ans, campe le personnage de Luna depuis 2016, assure la promo depuis Paris, où le spectacle« Soy Luna Live» faisait halte.

Si vous avez plus de 16 ans et n’avez pas une ado ou une pré-ado dans votre entourage, il est fort probable que vous n’ayez jamais entendu parler du phénomène «Je suis Luna». Il s’agit de la dernière teen-novela en date, soit des séries pour adolescents (mais dont les fans ont souvent bien moins de 10 ans) qui parlent d’amitié, d’amourettes, de rêves et dont la trame est entrecoupée de chansons et autres chorégraphies.

Enorme machine commerciale

Du divertissement joyeux et rassurant pour fillettes? Certains psys disent que ce genre de série dédramatise des situations parfois difficiles à aborder pour les jeunes filles, comme des tensions en amitié ou le passage au collège. Mais sous la surface sucrée carbure une énorme machine commerciale qui se décline sur trois niveaux. Tout d’abord la série télévisée (29 millions de téléspectateurs en Europe), généralement produite en Amérique latine puis diffusée sur Disney Channel partout dans le monde.

La chaîne Gulli a logiquement suivi le mouvement (lire encadré). Ensuite, on décline la recette sur scène (dont toutes les dates en Amérique latine se jouaient à guichets fermés). Et, enfin, les produits dérivés en tous genres avec en tête de gondole les disques des chansons phares, qui se transforment souvent en platine. Le seul frein à cette fructueuse entreprise? L’âge de l’héroïne qui, après trois saisons environ, est devenue trop âgée pour camper une ado. Pas grave, ses fans la suivront dans la suite de sa carrière et les plus petites spectatrices lui trouveront un nouveau clone pétillant et chantant.

Sa propre chaîne YouTube

«Il n’y a que les tout petits enfants qui croient que je suis vraiment Luna, s’amuse Karol Sevilla avec cet entrain toujours un brin forcé. Mes followers savent très bien que je suis Karol. D’ailleurs, je parle de moi et pas de mon personnage sur ma chaîne YouTube (presque 6 millions d’abonnés). Je ne vis pas dans l’ombre de mon personnage. Dans les deux cas, je sais que je suis un modèle pour de nombreuses jeunes filles. Je fais donc très attention à projeter une image positive.»

Public européen plus respectueux

La trame de «Soy Luna» est anecdotique: une jeune fille mexicaine fan de roller doit suivre ses parents en Argentine où ils vont travailler au service d’un mystérieux milliardaire. Grâce à ses patins, elle se fera des amis, un amoureux et trouvera équilibre et joie de vivre, le tout en musique. «J’ai de la chance de jouer Luna, c’est une fille super dont je me sens vraiment proche, reprend la Mexicaine de 18 ans. Là, en tournée, c’est encore plus magique. J’adore le contact direct avec le public. En Amérique du Sud, c’est de la folie, toute l’arène crie «Beso! Beso!» à chaque fois que Luna et Matteo sont proches, ils hurlent pendant les chansons. L’adrénaline est dingue. En Europe, l’accueil est très différent, plus calme, plus respectueux. Mais je ressens le même amour du public partout.»

Difficile, dès lors, de penser à quitter les patins pailletés pour une carrière solo. Miley Cyrus a pourtant montré qu’il y avait une vie (même avec des passages sexy-trash) après Hannah Montana, sa série pour ados version country. Pour le moment, pas question pour la brune Mexicaine de penser à raccrocher. «Nous sommes repartis pour une nouvelle saison et normalement encore une tournée en Amérique du Sud, puis peut-être aussi en Europe. C’est une vie de rêve, je ne vois pas pourquoi j’arrêterais!»

Genève, Arena Je 15 fév. (19 h) www.opus-one.ch (24 heures)

Créé: 13.02.2018, 06h50

Une spécialité venue d'Amérique du Sud

«Violetta», c’est la star absolue du genre. Une teen-novela née en 2012 en Argentine et retransmise durant 3 saisons sur Disney Channel. L’histoire d’une ado timide qui rêve de devenir chanteuse. Rien de bien original, mais avec un potentiel d’identification énorme. Tournée en espagnol, elle a été doublée en 15 langues, afin que les «Tinistas» (les fans de l’actrice) de plus de 140 pays puissent suivre les aventures de leur héroïne. Un rôle qui a propulsé Martina Stoessel au rang de superstar. La fiction est suivie par pas moins de 40 millions de personnes dans le monde.

La réplique de la chaîne Gulli s’appelle «Chica Vampiro» (née en Colombie en 2013). Les ingrédients sont les mêmes – essentiellement des amourettes d’ados et des chansons –, les canines en plus. Ce qui présente l’énorme avantage d’avoir une excuse toute trouvée pour éviter les bisous trop ardents: le risque de morsure! Comme «Violetta», «Chica Vampiro», emmenée par Greeicy Rendón, a tourné sur scène et est passée par Genève en 2016. Les produits dérivés, eux aussi, font carton plein. Vêtements, CDs, articles de papeterie, bijoux et accessoires, les fillettes adorent.

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