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«Coincoin» pulvérise l’engrais du rire grotesque et absurde

Fêtée sur la Piazza Grande à Locarno, la série zinzin de Bruno Dumont débarque sur Arte!

Invitée sur la Piazza Grande au Festival de Locarno, privée de sortie en salle pour tracasserie administrative, «Coincoin et les z’inhumains» (en 4 épisodes de 50 minutes) se mate enfin sur Arte (le jeudi à 20h55 et en replay). Pour mémoire, Bruno Dumont, réalisateur de ces délires foutraques, n’a découvert les vertus du rire qu’en 2014, avec «P’tit Quinquin». Avant de se piquer à cette enquête policière réjouissante d’extravagance, le Nordiste de Bailleul s’affichait surtout en artisan du cinéma indépendant, austère champion de festivals qui pesait de sa morale janséniste sur le septième art français. À la soixantaine, l’auguste sage a décidé s’être acquitté de son devoir social par la rigueur la plus dépouillée, de «Vie de Jésus» en «Humanité». Il a même terminé d’explorer le champ de la guerre et le sexe dans ses exigeantes batailles métaphysiques. Pour tout dire, Bruno Dumont se fend désormais la panse. Que du bonheur.

L’homme du Nord revendique l’héritage des peintres flamands, de Jérôme Bosch à Bruegel l’Ancien et Jan Steen. Dans cette suite du «P’tit Quinquin», la terre de l’absurdité humaine est pulvérisée de naturalisme grotesque et s’en trouve fertilisée de «clones clownesques». Les croix sacrées se plantent dans les champs de betteraves, le misérable suinte de concert avec le grandiose, les oiseaux crottent sur les églises. Jadis Quinquin, Coincoin a grandi mais reste ce chenapan bouseux toujours déconneur. Après avoir marivaudé derrière la grange, voilà que le mariole glisse dans une flaque de purin suspect, visqueux et noir. Déjà que les vaches du coin ont pu abriter des cadavres. Mais la moustache de l’inénarrable commissaire Roger Van der Weyden pointe vers une invasion de profanateurs. Pourtant personne n’a mangé de soupe aux choux. Touché par la grâce, l’auteur, tel le théoricien Henri Bergson, résume sa pensée: «La débilité corrosive m’a régénéré.» Miraculeux.

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