«Danser pour le plaisir est essentiel»

TélévisionLa danseuse étoile Florence Faure est l’une des trois jurés à évaluer les amateurs d’«Alors, on danse?». La Franco-Suisse raconte sa passion

Les trois membres du jury de l'émission

Les trois membres du jury de l'émission "Alors, on danse?": Costel Surbeck, Florence Faure et Stéphane Lambiel. Image: ANNE BICHSEL

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Entre le hip-hop et le tango, les Romands se lâchent. La nouvelle émission du samedi soir sur RTS Un, Alors, on danse? , met à l’honneur la richesse de la discipline: contemporain, rock, danse urbaine ou de salon. La palette est aussi variée que les participants, tous amateurs éclairés et Romands.

Le concept ressemble furieusement à celui de Danse avec les stars en France, les people en moins. Ici, la responsabilité d’évaluer les prestations et de sélectionner chaque entité dansante qui participera à la grande finale le 7 octobre a été confiée à trois professionnels de la région: le claquettiste vaudois Costel Surbeck, le patineur artistique valaisan Stéphane Lambiel et l’ancienne danseuse étoile franco-suisse Florence Faure, actuellement à la tête de l’école de danse Le Loft à Vevey. «Je n’aime pas beaucoup le terme de jugement, lâche spontanément cette dernière en sirotant une tasse de thé dans son studio de danse. Même en évaluant des danseurs professionnels, je parle plutôt d’appréciation. J’ai, bien sûr, un avis sur un spectacle que je peux aimer ou pas, mais avec des amateurs mon analyse relève davantage de l’indicible, d’une sorte de magie que je peux ou non ressentir. Je ne suis pas là pour les juger mais pour apporter un avis de professionnel afin qu’ils puissent progresser. Je pense que si l’on s’expose, on doit être prêt à recevoir des critiques constructives.» Si certaines de ses remarques n’ont pas toujours été appréciées du public, elle reconnaît volontiers que certains candidats l’ont touchée. «Je travaille depuis plusieurs années avec des enfants et certains, même sans aucune technique, savent improviser, dégagent de la grâce. C’est merveilleux, un vrai cadeau.»

«Je ne suis pas là pour juger mais pour apporter un avis de professionnel afin que les danseurs puissent progresser. Si l’on s’expose, on doit être prêt à recevoir des critiques constructives»

Florence Faure a travaillé avec les plus grands chorégraphes de sa génération, de Roland Petit à Maurice Béjart. Sur les grandes scènes de Paris à Moscou, ses partenaires s’appelaient Patrick Dupond et Mikhaïl Barychnikov. Mais c’est au bord du Léman, au début des années 1990, qu’elle posera finalement ses valises avec le chorégraphe et compagnon Serge Campardon. Elle endosse en 1999 le rôle de la déesse Palès, divinité du printemps lors de la Fête des Vignerons, dont la chorégraphie est confiée à son mari. «Je me suis construite à travers toutes ces expériences et ces diverses influences. Ces personnalités m’ont transmis leur exigence – que j’applique particulièrement à moi-même – mais aussi beaucoup d’humilité. J’apprends encore chaque jour.»

Comme elle, certains candidats de l’émission partagent l’amour de la danse en couple. «C’est magnifique de pouvoir vivre cette passion commune. Dans un cadre amateur, c’est une force. A mon niveau, c’est un grand bonheur mais aussi une grande difficulté, celle de tout mélanger. Avec Serge, on a toujours mis la barre très haut. Un défi supplémentaire. C’est pourquoi j’encourage mes élèves danseurs à cultiver différentes activités à côté de la danse. Il faut voyager, voir autre chose pour se nourrir.»

Comme dans le domaine de la cuisine, les multiples concours et télécrochets ont popularisé la danse. «L’engouement est là», confirme-t-elle. Elle observe que la discipline attire plus de garçons depuis quelques années. «S’ils arrivent à travers le break ou le contemporain, certains s’orientent ensuite vers le classique car ils se rendent compte que c’est là qu’ils vont consolider leur base.»

A l’origine du programme de formation préprofessionnelle danse-étude à Vevey, elle soutient une vision large de la discipline. «Danser pour le plaisir est essentiel. Certains amis de mon fils, par exemple, ont dansé pendant leur enfance et sont aujourd’hui architecte ou avocat. Ils gardent cette connaissance en eux, vont peut-être aux spectacles. C’est une histoire de transmission.»

D’ailleurs, le terme de sacrifice attaché à la discipline est à ses yeux une «vaste fumisterie». «Il y a quelque chose de négatif dans ce terme. La notion de souffrance de l’artiste n’est pas obligatoire. La danse est exigeante, oui mais c’est d’abord un vrai bonheur.»


«Alors, on danse?» sa 9 sept., RTS Un, (20 h 40)

(24 heures)

Créé: 07.09.2017, 19h57

Le jury

Costel Surbeck
Originaire de Lausanne, il est quasi né avec des claquettes qu’il pratique depuis ses 5 ans. A la fois danseur, chorégraphe et comédien, il a cumulé 16 titres de champion du monde de claquettes et participé à de nombreux spectacles. Il enseigne au sein de l’école Martin’s Tap dance à Lausanne.

Florence Faure
La directrice de l’école de danse Le Loft à Vevey a connu une carrière de danseuse étoile internationale. Elle a collaboré avec de grands noms comme Roland Petit et Maurice Béjart. En 1999, elle a incarné la déesse Palès à la Fête des Vignerons.

Stéphane Lambiel
Le patineur artistique valaisan, double champion du monde et médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Turin en 2006, a été neuf fois champion suisse. Il a aujourd’hui quitté la compétition et partage son expérience au sein de son centre de formation basé à Champéry.

Les triplées vaudoises Naomi, Jade et Nadia sont fusionnelles




L’enjeu de samedi soir: une place en finale! Sur scène, difficile de différencier Naomi, Jade et Nadia. Les triplées originaires de Lutry font partie des heureuses élues sélectionnées pour danser devant le jury dans l’émission enregistrée dans les conditions du direct il y a quelques mois. «On est très proches. On vit bien lorsqu’on est séparées mais on se manque beaucoup. Nous avons le même âge, 24 ans, et partageons les mêmes intérêts. C’est comme avoir ses meilleures copines toujours à la maison», explique Naomi Correa. Leur passion de la danse a renforcé leurs liens depuis leurs débuts à l’âge de 7 ans. Après quelques années de classique, les trois sœurs évoluent vers le moderne jazz, puis le hip-hop et enfin les danses urbaines où elles participent à plusieurs compétitions, notamment aux championnats suisse et mondial. «La danse en groupe est une chose en plus qui nous unit. On adore la scène, on rigole. Une heure d’entraînement nous procure énormément d’énergie positive. Seul le corps parle et on s’évade.»

C’est sur l’impulsion de leur maman, ancienne professeure de danse, qui est tombée par hasard sur l’annonce du casting de l’émission, que les jeunes femmes se sont inscrites. «Cela faisait environ quatre ans que nous ne dansions plus ensemble à cause de nos études et déplacements mais on s’est dit que ce serait un beau challenge à relever.» Naomi et Jade, toutes deux diplômées de l’Ecole hôtelière de Lausanne, travaillent dans des établissements de la région tandis que Nadia a choisi la biologie qu’elle étudie actuellement dans une université américaine. «On «skypera» samedi soir pour regarder l’émission ensemble.» Face au jury, dont certaines remarques «ont été un peu rudes» à leur goût, elles ont proposé une chorégraphie libre et une deuxième imposée par la production. «Comme nous avons exactement la même expérience, nos faiblesses sont similaires. C’est parfois un vrai défi. Par contre, on apprend les trois très vite et on coordonne souvent naturellement nos mouvements sans se concerter.»

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