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«Ce Louis XIV, vraiment un type spécial!»

George Blagden a remis la très royale perruque pour «Versailles», saisons 2 et 3. Audience avec l'acteur britannique.

Encore sous le charme de sa résidence à Paris, George Blagben s’essaierait presque à parler français. Pourtant, dans Versailles, la création originale événementielle de Canal +, le Londonien incarne Louis XIV dans la langue de Shakespeare. «J’imagine que cela peut troubler le public ici, un peu comme si un Parisien incarnait Winston Churchill!» Soupirs. «En plus, Louis, vraiment un type spécial, non?» De voir tant de costumiers et de décorateurs s’affairer pendant des mois à sa cour, l’a rassuré. «Sur ce plateau si précis, soigné, le doute sur notre légitimité n’était plus de mise. Et puis, se dandiner sur des brodequins à talons hauts, ça vous met en confiance.»

Confidence, l’acteur excelle à la pavane royale. «Je comprends mieux ma fiancée désormais, sa démarche modifiée par les chaussures, ça donne un je-ne-sais-quoi, un feeling supérieur, de l’altitude. Comme ces couches de costumes qui vous redressent et obligent à garder son aplomb.»

Depuis 2015, le voilà anobli six mois par an. George Blagden avoue ne pas en avoir mieux compris la famille royale britannique. Ni le peuple français. «Ici, les gens parlent avec sympathie de Louis XIV, parce qu’il a révolutionné l’art de vivre, ils célèbrent son énorme héritage artistique etc. Pourtant, nous sommes dans une république qui préfère la liberté enivrante du champagne au pouvoir tyrannique.»

Au-delà, la saison 2 de Versailles s’attache à nuancer le paysage de la magnificence du monarque. «Dans la première saison, nous montrions comment cette rock star d’époque était perçue cash, dans sa gloire à contrôler les gens. La suite le rend plus humain. C’est drôle d’ailleurs, car en ce moment, je tourne la saison 3. Et là, Louis se prend carrément pour l’instrument de Dieu sur terre… mais toujours imparfait. Le contraire eut été trop simple.»

A 27 ans, l’ancien élève du mentor Ian McKellen connaît ses classiques. Pour séduire, les palais d’or et de glace, les fêtes galantes et jardins dispendieux du Roi-Soleil ne peuvent se contenter d’éblouir, ils ouvrent des abymes d’ombres terrifiantes. Et de quelques grivoiseries libidineuses qui ont pu offusquer la presse britannique. «Ce projet n’a jamais baigné dans les histoires à l’eau de rose! Que les Anglais s’en soient choqués… rien de plus normal. Quand je me promène à Paris, je respire ces différences de culture. C’est très stimulant d’ailleurs, de sentir que nous produisons une série hors norme. Je le vois aux réactions si différentes d’un pays à l’autre. Les spectateurs américains par exemple: ils apprécient le ton d’Esprits criminels et adorent Fabien, le chef de la police.»

Hasard de sa carrière encore émergente, George Blagden s’est déjà illustré sous la toge d’un moine lettré durant trois saisons de Vikings . «La durée idéale d’une série pour un acteur, ça permet d’étudier le personnage en profondeur, sans y être scotché à vie. Imaginez que j’ai déjà été Louis XIV durant plus de vingt heures à l’écran!» Ce passionné de théâtre a aussi participé à l’aventure kitsch des Misérables adapté en comédie musicale hollywoodienne avec Russell Crowe et autres stars.

«Je m’efforce de jouer des intrigues contemporaines entre deux productions historiques. Mais j’aime revisiter le passé, il éclaire le monde moderne. Sous toutes sortes d’angles d’ailleurs… lors de mes balades dans le Marais, je me prends à imaginer des manants en habits d’époque, et le cinéma nous encourage à ces fantasmes.» D’une civilisation à l’autre, l’acteur note d’ailleurs que les stratégies humaines au bout des champs de bataille guerriers ou amoureux, se ressemblent.

Alors, à quelle époque préférerait-il vivre? «Ici et maintenant, définitivement. Déjà parce que j’adore pouvoir rentrer à la maison dès que j’en ai envie. Et puis, entre nous, j’aime mieux le rock que le menuet!»

Versailles Saison 1 DVD, dist. Studiocanal; saison 2, dès lundi 27 mars sur Canal +

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